La chronique de Jean-Marie Viala
20H40 - lundi 14 septembre 2020

Bref : la peur banalisée. Fatalisée. La chronique de Jean-Marie Viala

 

 

Là, je suis dans mon bureau, devant mon ordinateur, j’entends les sirènes revenir, le bruit des motos de police et de gendarmerie, des fourgons, des sifflets. Et je me dis, bon, on y revient.

Problème : je suis avocat. Cela veut dire que si l’un des « manifestants, en tous cas prétendu tel » me choisissait demain pour assurer sa défense, il faudrait, au nom de la démocratie, que je fasse mon métier, c’est-à-dire que je le défende. Alors, me direz-vous, pourquoi devrais-je agir ainsi au nom de la démocratie qu’ils (les manifestant violents) ne respectent pas.

Et voilà tout le problème de l’état de notre pays aujourd’hui. Nous réfléchissons, et agissons dans le cadre d’une société que ces gens-là ne respectent plus. S’ils l’ont respectée un jour, et en tous cas ne respectent pas.

Il est actuellement impossible de discuter réellement et intelligemment des raisons qui ont amené le pays dans cette situation. Trouver par ailleurs des responsables, ne mènera à rien, puisque les dits responsables, ne voudront d’une part, rien reconnaitre, et que d’autre part, le fait qu’ils soient responsables, signifie que le mal a déjà été fait.

Il faut donc s’interroger sur les solutions, les remèdes à trouver, et après, à appliquer.

Récemment je discutai avec un jeune adulte, qui avait tendance à des radicalisations sévères, sur tous ces gens (gilets jaunes violents, black blocs, syndicalistes violents, délinquants sans scrupules, et toutes les extrêmes, sans distinction) et lui affirmais, qu’il ne fallait jamais ressembler à ceux que l’on condamne.

Facile à dire. Et, une fois de plus, il me sera rétorqué : « voilà bien une parole d’avocat, peut-être même gauchisant ».

Oui, c’est une parole d’avocat. Gauchisant ? Je n’ai pas à me déterminer par rapport à une certitude, qui lorsqu’elle ne sera plus humainement acceptée (ne pas ressembler à ceux que l’on condamne) mènera à la dictature. Je laisse le soin de me mettre dans une case, aux imbéciles heureux du jour, qui ne se rendent pas compte de ce qui va leur arriver, comme à celles et ceux qui en profitent.

Je suis avocat, et mon devoir est de rester, dans le cadre de la loi de notre pays, le dernier rempart de la démocratie. Même si cette démocratie est actuellement foulée au pieds. Donc je défendrai, et continuerai de défendre toute personne qui me le demandera, quoi qu’il ait pu faire, car c’est seulement lui, que je défendrai, et pas l’acte qu’il ou elle aura commis. VOUS COMPRENEZ ?

Oui, il est vrai qu’une sorte d’idéologie dominante semble avoir conquis nos palais de justice. Dominante ? Si cela est le cas, je plains les magistrats qui seraient vecteurs de cette idéologie, disons le mot, puisqu’il est enfin employé, gauchiste. Laxisme pour certains, sévérité pour d’autres. Inacceptable. Et au service de quoi ? De qui ? Pas de la République en tous cas, et encore moins de la démocratie.

Les apprentis sorciers ont tous joué, à leur manière, avec le feu. Soit pour des raisons électoralistes à l’aide de raisons idéologiques mortifères curieusement suivies par certaines et certains, alors que ceux-là même, étaient en possibilité, et en poste, pour faire cesser l’infernal processus… Soit par crainte des « minorités » Et cela quel que soit le président. Ceux qui voulaient en profiter n’ont bien entendu rien fait, et ceux qui voulaient combattre ont très vite cessé le combat.

Or, qu’en est-il de ce combat ? Ce combat pour quoi ? Pour quoi faire ?

Il s’agit d’un combat pour la France, pour la société Française, et pour la Démocratie Française. Donc pour tous les citoyens français. Cessons d’avoir honte d’être Français et de le revendiquer.

J’ai eu l’occasion de rappeler dans un de mes essais, (La Justice m’a tuer…), que non, les magistrats n’ont pas le monopole de la vérité. Ni les avocats. Le seul monopole que nous devons avoir, et que nous devons respecter, c’est celui de la JUSTICE.

Un pays sans justice aimée par les concitoyens, et par conséquent respectée, est un pays en danger. C’est en cela que les avocats, désormais, et hélas, depuis trop longtemps un peu seuls, sont les vrais remparts de la Démocratie. ET CELA N’EST PAS FACILE.

La police, la gendarmerie, sont nos gardiens. Ce sont eux qui demain peut-être empêcheront que nous soyons agressés, voire assassinés. Et cela n’est pas valable que pour la protection des avocats, ou des magistrats, mais aussi, et surtout, pour la défense des citoyens français. Voire même étrangers, qui n’auront pas mis un genou à terre face aux idéologies mortifères.

Ainsi, à l’heure où la tentative, voire la décision, de déboulonner tout ce que nous sommes, en bon comme en mauvais selon les idées de chacun, je souhaiterais que de plus en plus de citoyens habitant en France, se décident à reboulonner et restatuer tout ce qui a fait, et même si parfois mal fait, ce que nous sommes, c’est-à-dire la France.

Il ne doit plus jamais y avoir sur tout notre territoire d’endroit où la France est morcelée, abusée, torturée, ridiculisée, et surtout NIEE. Et que les coupables, les responsables de cette horreur, que certains n’osent même plus qualifier par peur du risque (comme disait Pascal Praud courageusement sur Cnews) de se retrouver à Vladivostok.

Que ces coupables, et ces responsables, soient rassurés au moins sur un point, c’est que dans le cadre de la Justice qu’ils méprisent, du pays qu’ils haïssent, et pire encore, qu’ils veulent ignorer, les avocats seront là, s’ils sont enfin arrêtés, pour les défendre, dans le cadre de la loi qu’ils détestent, en prenant bien soin qu’elle soit respectée, et que la phrase que j’ai proposée à la réflexion de ce jeune ami, s’applique : ne jamais ressembler à ceux que l’on condamne.  

MAIS CONDAMNER SUR DE VRAIES PREUVES, ET PAS SUR DES INTIMES CONVICTIONS, ET SANS QU’AUCUNE IDEOLOGIE MORTIFERE N’INTERVIENNE, QU’ELLE SOIT EN FAVEUR, OU AU DETRIMENT DE L’ACCUSE.

Ainsi, il ne devra plus y avoir de frayeur à désigner les actes commis par leur nom.

Délit de sauvagerie. Délit de non-respect de l’autorité. Délit de vouloir remplacer la loi de la république par une loi religieuse. Tout cela finissant par la banalisation par une certaine politique, qui transforme le délit en incivilité, et qui finira par excuser le crime, selon celles et ceux qui les auront commis.

La loi, et la loi seule, permet la personnalisation des peines, en fonction de celle ou de celui qui a commis les faits répréhensibles. Aucune idéologie d’où qu’elle provienne ne peut la remplacer. Magistrats et Avocats doivent y veiller.

Amen.

Jean-Marie Viala

Avocat, écrivain

 

 

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