Edito
10H06 - mardi 25 août 2020

Vivre avec le Covid ? La faute psychologique de rentrée du couple Macron – Castex. L’édito de Michel Taube

 

La France entière est dans l’expectative : comment va tourner la courbe pandémique de la Covid-19 ? Les hospitalisations et les décès vont-ils bondir d’ici deux à trois semaines alors qu’il est acquis que la contamination de la population va exploser ? Ou ce possible nouveau coronavirus est-il moins contagieux que le premier et fera-t-il l’effet d’une grosse grippe ?

La rentrée est vraiment décisive pour le pays : l’économie est au bord de la rupture dans des secteurs clé de la société (restauration, tourisme, culture…), le moral des Français est au plus mal, le climat est à la suspicion, à l’inquiétude.

Nous trouvions donc fort pertinent que la rentrée de l’exécutif fût marquée par l’annonce d’un plan de relance audacieux. Mieux, histoire de mobiliser les Français, nous espérions un grand discours, solennel, d’Emmanuel Macron sur le mode : « ce que veut dire ‘vivre avec la Covid’ : travailler, circuler et porter le masque en toutes circonstances tout en protégeant les plus faibles ». La rentrée du gouvernement aurait dû commencer par le plan de relance et cet appel solennel aux Français : remettons-nous au travail dans le strict respect des gestes-barrière.

Mais, patatrak, samedi matin, en rase campagne, la président de la République a décidé de reporter d’une semaine l’annonce du plan de relance gouvernemental. Résultat, nous vivrons la rentrée comme nous avons vécu l’été : avec l’éternel épisode des masques et surtout l’emprise de la crise sanitaire sur le débat public.

Que dira donc Jean Castex demain à Geoffroy Roux de Bézieux à l’université d’été du MEDEF ? Il donnera rendez-vous à la semaine prochaine pour les annonces des mesures de soutien aux entreprises ?

Donner le ton, sonner la mobilisation générale, mettre les Français au travail, ce sera pour une autre fois. A nouveau, le gouvernement est en mode suivi plus qu’anticipation. Les consésquences économiques, sociétales en seraient considérables si, depuis longtemps, les Français ne s’étaient pris en main comme ils l’ont fait en fabriquant des masques artisanaux au moment où l’Etat ne croyait pas dans la vertu préventive du masque.

Une occasion manquée, une de plus.

Reste que la société française doit impérativement réussir la rentrée, l’économie doit repartir, les enfants retourner à l’école car c’est le sort social de millions de Français qui, sans exagérer, va se jouer dans les deux-trois mois qui viennent.

 

Michel Taube

 

 

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