Edito
09H32 - vendredi 21 août 2020

Qui peut battre Trump ? Biden ou la Covid-19 ? L’édito de Michel Taube

 

Enfin, Joe Biden est investi par le parti Démocrate pour tenter de ravir la présidence des Etats-Unis à Donald Trump. Son discours d’investiture, devant un mur numérique de partisans, lui a permis de passer cette étape décisive sans anicroches ni faux-pas. Les effusions moralisatrices et les attaques en règle contre Trump ont rythmé la semaine.

Pendant les quatre jours de la Convention démocrate, le nom de TRUMP n’a jamais été prononcé par les ténors du parti. Trump, lui, ne se prive pas de nommer les choses et les personnes telles qu’il les ressent. Et c’est toute la différence.

Pendant que Biden refuse d’aller sur le terrain pour cause de Covid-19, Trump sillonne l’Amérique : hier, le président sortant était dans la ville natale de Joe Biden. Tous les pieds de nez, tous les défis, toutes les attaques sont permises dans le camp de Trump. Pendant que Biden refuse de nommer Trump, Trump insulte Biden en l’appelant, entre autres sobriquets, « Joe l’endormi ».

Au moment où se terminait la convention démocrate, et alors que l’épisode d’intronisation républicaine de Trump commence la semaine prochaine et pourrait décupler l’enthousiasme de ses partisans, deux sondages montraient que l’écart entre les deux concurrents s’est fortement réduit.

Rien n’est gagné à deux mois d’une échéance électorale qui scellera le destin de l’Amérique et peut-être du monde pour quatre ans supplémentaires. Mais la question est posée : Biden peut-il battre Trump ? La bête de scène, l’animal politique sans foi ni loi qu’est le milliardaire new-yorkais risque de bouffer l’agneau Biden, notamment dans les trois débats télévisés qui se succèderont entre les deux hommes.

Pire, si l’hôte de la Maison blanche arrive à centrer les débats de la présidentielle sur l’économie et sur les questions identitaires, le match risque d’être très serré et l’Amérique une fois de plus fortement divisée. Car jusqu’au 1er avril 2020, le bilan économique de Trump était plutôt enviable. Et les guérillas urbaines suscitées par le réveil de la communauté noire pourraient se retourner contre les partisans de l’Amérique de la diversité. De surcroît, les jeunes et les minorités risquent de moins voter que leurs aînés et les Américains « de souche », plus enclins à voter républicain.

Mais l’essentiel est ailleurs : plus que Biden, c’est la Covid-19 qui pourrait abattre Trump. Si la courbe pandémique et surtout celle des morts continuent de grimper fortement jusqu’au 3 novembre, Donald Trump aura du mal à surmonter ce tsunami tragique.

Trump a deux adversaires à abattre. Un de trop ?

 

Michel Taube

 

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