International
11H35 - mercredi 11 mars 2020

Libye, vers un accord de paix ? La chronique de Michel Scarbonchi

 

Le maréchal Khalifa Haftar, à peine arrivé à Paris, le 9 mars, s’est aussitôt entretenu avec le Président Emmanuel Macron. Il s’est aussitôt engagé à signer un accord de cessez-le-feu avec les milices de Tripoli, à condition que ces dernières le respectent !

Pourquoi cette visite en France quatorze mois après celle de 2019 ? Probablement pour préparer un accord véritable afin de mettre fin au conflit libyen.

Plusieurs indices le confirment. Tout d’abord, le fait que Fathi Bachagha, ministre de l’Intérieur et de la Défense de Tripoli, a été invité à Paris par le ministre de l’Intérieur français, Christophe Castaner. Sûrement pas pour parler sécurité urbaine ! Le misrati Bachagha est devenu, pendant le siège de Tripoli, l’homme fort de la capitale, reléguant aux oubliettes la marionnette-premier ministre de l’ONU, Fayez El Farraj. A ce titre, il est le seul à pouvoir traiter avec l’homme fort du pays, Haftar.

Emmanuel Macron est le seul dirigeant européen et occidental à avoir pris à bras le corps le dossier libyen et à bénéficier de la confiance du Maréchal Haftar et de l’estime de Misrata, pressant que le moment est propice pour un accord de paix avec une répartition, à l’un l’armée et la sécurité, à l’autre le contrôle des milices. Viendra ensuite la mise en place d’un vrai gouvernement d’union nationale chargé d’engager le processus constitutionnel et électoral.

L’autre indice est la future rencontre, prévue sous huit jours – si la crise du coronavirus ne bouscule pas les agendas, en Turquie, entre Recept Erdogan, le Président français et la Chancelière allemande. Certes, si le dossier des réfugiés sera au centre de la rencontre, la Syrie et la Libye y figurerons aussi.

D’autant plus que le maréchal Haftar, par l’entremise de son ministre des Affaires Étrangères, Abdulhadi Lahweej, a signé le 1er mars dernier, une alliance avec Bachar al-Assad afin de contrer « l’agression de la Turquie contre les deux pays ».

Cet « axe Benghazi-Damas » vient affaiblir un peu plus Erdogan, empêtré en Syrie, opposé aux Européens, isolé dans l’OTAN, bloqué en Libye et en difficulté politique et économique dans son pays.

Et si le duo franco-allemand, au nom de l’Europe, arrivait à convaincre le maître de la Turquie de signer un accord avec le maître de la Libye ? Cela aurait l’avantage de pacifier la Libye et la Méditerranée.

Les semaines qui viennent nous dirons si la paix, en Libye, est enfin là, après neuf années de combats et de souffrances. 

Michel Scarbonchi

Ancien député européen

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