Edito
09H52 - mardi 19 novembre 2019

Casseurs, amusez-vous, la justice vous exauce ! L’édito de Michel Taube

 

AFP / Philippe LOPEZ

 

Lisez l’édito et (re)vivez ci-dessous les passages BFMTV et LCI de Michel Taube sur les violences commises pendant le premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes.

 

Les gilets jaunes ont eu leur légitimité et leurs vertus. Celle d’avoir créée du lien social sur les ronds-points entre des personnes qui ne se connaissaient pas par exemple. SOS Social, SOS Amitié ! Celle d’avoir fait tomber Jupiter de sa verticalité et ainsi d’avoir accéléré la formation du Président de la République.

Plus prosaïquement, les gilets jaunes de novembre-décembre 2018 ont contraint Emmanuel Macron à signer quelques chèques sans provisions aux classes moyennes. Novembre 2019, on fête l’anniversaire du mouvement, notamment dans les rues de Paris. Certes, la situation sociale n’est pas folichonne, en France comme ailleurs. Mais justement, si l’on compare avec ailleurs, on s’en sort plutôt pas mal, malgré un chômage endémique, un hôpital en crise, une université paupérisée pour avoir voulu accueillir tout le monde, une écologie dont le développement est entravé par un dogmatisme gauchisant qui refuse qu’elle devienne un business…

Les élections européennes ont démontré l’absence totale de crédibilité politique des gilets jaunes. Alors pourquoi sont-ils revenus ? Ces irréductibles (10% des manifestants de novembre – décembre 2018 restent mobilisés) n’auront ni la démission de Macron, ni le RIC. Ils sont des activistes d’extrême gauche, qui entraînent dans leur sillon une horde de casseurs qui sont des nuisibles sans aucune légitimité qu’il faut traiter comme tel. Ils véhiculent la haine.

Ce sont des gilets jaunes qui ont déclaré la manifestation du 16 novembre place d’Italie. Ils sont moralement voire juridiquement responsables des exactions qui y ont été commises. Ces « organisateurs » devraient être poursuivis, ne serait-ce que parce qu’ils n’ont pas organisé de service d’ordre.

Mais les gilets jaunes sont aussi responsables des dégradations, exactions et violences commises à Paris ce 16 novembre, car ils sont leur caution, leur prétexte et leur soutien. Ils en sont les complices. Peu importe qu’on les appelle ultra jaunes, black ou red blocks. Ce sont des salopards qui jettent des projectiles sur les pompiers, qui incendient des véhicules, s’en prennent à un modeste kiosk à journaux, brisent des vitrines, bafouent la stèle du maréchal Juin, tentent de blesser, de tuer, avec des pavés lancés à la face des forces de l’ordre… Ce sont des ordures qui nuisent aux commerçants (des sales riches à leurs yeux), à la population, à Paris, à la France.

Dans la nasse (toute relative) que les autorités avaient formée place d’Italie le 16 novembre, c’était être complice que de se mêler à ces individus violents.

La bienpensance a beau jeu de crier à la violence policière et au « gazage » des manifestants prétendument pacifiques, comme si le gaz lacrymogène avait la précision du laser. Certes il y a eu des bavures policières depuis novembre 2018 mais comment aurait-il pu en être autrement face à une telle débauche de violence ?

Il faut le rappeler : manifester casqué est interdit, lancer des projectiles est interdit, casser le mobilier urbain est interdit, détruire et voler les biens privés est interdit (ces crétins qui s’en prennent aux banques devraient d’ailleurs être interdits de crédit), empêcher les pompiers d’éteindre un feu est interdit, casser du flic est interdit (tenter de le blesser gravement ou de le tuer est même un crime, passible des Assises).

 

Que fait la justice ?

Et pourtant… Pourtant, ces auteurs de délits voire de crimes ne risquent quasiment rien. Une petite minorité de ces délinquants feront quelques heures de garde à vue avant d’être relâchés. Ceux qui seront présentés à un juge seront tout au plus condamnés à une peine qu’ils n’effectueront pas. Si les gilets jaunes sont le cocon qui protège les casseurs, il faudra bien s’interroger sur la responsabilité d’une justice qui cultive l’impunité, au grand dam des policiers. Sans doute certains juges manient sans réserve l’excuse sociale et ethnique (rappelons que Évelyne Sire-Marin, membre et ancienne présidente du Syndicat de la magistrature, avait signé l’appel à la manifestation islamogauchiste du 10 novembre), mais c’est l’institution judiciaire plus que les magistrats qui est responsable de cette fragilisation de l’Etat de droit.

Il n’y a pas de place en prison, celle-ci favorise la récidive, et la meilleure réponse doit être sociale. Telles sont les excuses ou explications que l’on ne cesse d’entendre. La justice a perdu ce qui doit être sa première mission, avant même la punition et la réinsertion : la prévention, la dissuasion. Les casseurs (et pas seulement eux) n’en ont pas peur. Les casseurs n’ont aucune revendication sociale. Ils veulent mettre à bas le capitalisme, mais aussi la république et la démocratie. Ils n’ont aucune alternative à proposer. D’ailleurs, ils ne proposent rien.

Demain, comme après chaque scène de casse, les pouvoirs publics nous raconteront que tout ceci est inadmissible et que la réponse que l’Etat apportera à ces exactions sera de la plus grande fermeté. La loi du 23 mars 2019 réformant la justice favorisera la prison à domicile avec bracelet électronique. Pourquoi pas, après tout ? Encore faut-il que les juges cessent d’invoquer le risque que le délinquant perde son emploi pour le dispenser de peine ou l’aménager pour lui permettre de travailler. Au contraire, la crainte de perdre son travail peut être dissuasive. Une garde à vue ou une assignation à résidence est un abandon de poste, passible de licenciement.

Que retiendront les Français du premier anniversaire du mouvement des gilets jaunes ? Plus la violence et la casse des biens publics et privés que des revendications sociales souvent légitimes.

Ceci dit, comme le souligne Jacky Isabello, observateur attentif de la politique française et communiquant de son état chez Coriolink, « une petite musique s’est installée qui légitime et surtout institutionnalise le recours à la violence : l’audience et l’attention accordées aux black blocks en témoignent. La contre démocratie brillamment théorisée par Pierre Rosanvallon, celle qui s’est construite au fil de l’histoire en tant que pouvoir impératif de contrôle et de résistance à nos dirigeants, a enfanté une nouvelle espèce hybride, les Jaunes-blocs. Ceux-ci relègueront les revendications des corps intermédiaires syndicaux attendus le 5 décembre prochain dans les rues de France au rang d’interlocuteurs « très » raisonnables. Cette nouvelle articulation des colères du peuple mêlant violence du samedi et défilés pacifiques le reste de la semaine met une nouvelle forme de pression sur un gouvernement et un Président de la République déjà préoccupés par de multiples algarades ».

Et cette violence ruine la sérénité du débat public et nourrit en creux (et de plus en plus en voix) les votes protestataires et populistes.

Seule la fermeté effective, combinée à une réponse économique et sociale à cette colère française, permettra à la France de sortir de cet étau dans lequel, depuis un an, nous enferment les gilets jaunes et bientôt les gilets rouges.

Les Français, s’ils saluent les raisons de la colère des gilets jaunes, ont bien raison de désapprouver largement les méthodes qu’ils emploient. Elles sont la cause du suicide français dans lequel ces irréductibles radicalisés voudraient nous entraîner.

 

 

Michel Taube

Directeur de la publication

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