Edito
08H08 - vendredi 19 avril 2019

« Il est venu le temps des… polémiques » de Notre-Dame de Paris : l’édito de Michel Taube

 

Dans un pays dont on nous répète qu’il va mal, tout est prétexte à polémique, même la générosité des riches donateurs, qui ne peut être perçue que comme suspecte ou intéressée, et qui fait dire qu’ils pourraient aisément vaincre la pauvreté en quelques chèques. Mais ils ne veulent pas, bien sûr ! Et puis il y a ceux, principalement de la mouvance islamo-gauchiste, qui manifestent fièrement leur indifférence au sort de Notre-Dame quand ils ne se réjouissent pas ouvertement de ses déboires. Cette dame n’est visiblement pas la leur. Un autre débat, qui lui mériterait sans doute une polémique, concerne les causes de l’incendie, qu’elles relèvent de la malveillance ou de l’accident. À peine a-t-ton le temps de l’évoquer que pointe déjà celle du défaut de matériel à la disposition des valeureux pompiers. Et déjà s’amorce la polémique de la reconstruction : à l’identique ou pas ?

Haro sur les (sales) riches et leurs dons intéressés

Partout dans le monde, on se serait réjoui que ceux qui en ont les moyens contribuent massivement à la reconstruction d’un édifice aussi iconique que Notre-Dame de Paris. Partout, sauf en France. Alors que le fondement du mouvement des gilets jaunes était légitime (le droit de vivre décemment de son travail), mal nous a pris de rendre visite aux réseaux sociaux des gilets jaunes, celle nouvelle multi-communauté de Facebook… C’est aujourd’hui la jalousie et la haine qui sont les sentiments dominants chez de nombreux rescapés de l’odyssée jaune et des courants politiques qui l’ont récupérée. À moins que ce ne soit devenu le sentiment de la majorité des Français ? A lire les commentaires réjouis des lecteurs, sur le site web du journal Le Parisien, au lendemain du saccage du Fouquets, on pouvait effectivement le penser. Il faut saigner ces sales riches. Après l’incendie de Notre-Dame de Paris, Nathalie Artaud, candidate Lutte Ouvrière aux présidentielles de 2017, éructait son ressentiment au micro de RTL : il faut « réquisitionner » l’argent des riches. En d’autres termes, s’approprier par la force leurs biens et leurs avoirs, car s’ils ont 100 ou 200 millions à mettre dans la réfection d’un édifice, ils ont de quoi venir à bout de la pauvreté. Certes, la croissance exponentielle des inégalités, en dépit de la redistribution que la France effectue avec une certaine efficacité, est un sujet grave. Mais ce que Dame Artaud propose n’est autre que la dictature stalinienne, la ruine et la misère pour tous, sauf pour elle et les autres membres du futur Soviet suprême à la française. Non seulement l’extraordinaire patrimoine de la France tomberait en ruine sans la manne de ces sales riches, mais il n’y aurait plus de classe moyenne et que des pauvres, hors le dictateur et sa clique.

Alors bien sûr, aux yeux des jaunes rouges, ces sales riches ne font montre d’aucune générosité. Ils utilisent l’incendie de Notre-Dame de Paris pour se faire de la pub, d’ailleurs gratuite puisque leurs dons sont défiscalisés. D’abord, ils ne le sont que partiellement, et pas du tout s’agissant des 200 millions donnés par Bernard Arnaud, qui a renoncé à toute déduction fiscale. Les pauvres aussi peuvent déduire leurs gestes de charité de leurs impôts, et plus que les entreprises, ils ne s’en privent pas et auraient bien tort de le faire. En 2018, les dons des anciens assujettis à l’ISF ont diminué de 22%. Sales riches ! Mais ne faudrait-il pas plutôt dire « absurde ISF » qui a créé une habitude d’optimisation fiscale dont les riches n’ont effectivement pas besoin mais dont ils aiment jouer ?

Même le journal Libération y est allé de son couplet : « Près d’un milliard d’euros de dons pour Notre-Dame, mais combien contre la pauvreté ? » titrait le quotidien préféré des bobos, comparant ce qui n’est pas comparable. Et la fondation Abbé Pierre d’ajouter qu’1 % des dons devrait aller aux démunis. Oui, il faut des mesures contre la pauvreté, et même l’éradiquer, comme l’écrivait Victor Hugo. Mais polémiquer sur la générosité des entreprises et des personnes, générosité qui serait uniquement sincère lorsqu’elle émane du petit peuple, ne rend service ni à Notre-Dame de Paris, ni aux pauvres, ni à la France. Ce sont ceux qui créent et alimentent cette polémique qui, au contraire, cherchent parfois à en tirer quelques bénéfices politiques ou médiatiques.

Bref, l’ostentation n’est pas une vertu française. Une fois de plus, on se rend compte qu’il ne fait pas bon être riche en France et que ce climat de haine des riches est bien plus puissant pour faire fuir celles et ceux qui réussissent que toutes les mesures fiscales incitatives que l’on pourra leur promettre.

 

La haine islamo-gauchiste

Sur Facebook, sur Twitter, sur de nombreuses chaînes de TV des pays du Golfe se multiplient les messages de musulmans dévoyés se réjouissant de l’incendie de Notre-Dame. Beaucoup y voient la vengeance d’Allah.

Ces propos ne concernent pas la majorité de nos compatriotes musulmans qui adhèrent à la république laïque et à la France, fille ainée de l’Église. Certaines grandes figures de la communauté musulmane prennent le contre-pied ce ces scandaleuses attitudes. Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris, appelle les musulmans de France à contribuer à la souscription nationale pour la reconstruction de Notre-Dame, qu’il désigne comme un « temple de Dieu » et « joyau du patrimoine national », avant d’ajouter « qu’elle représente pour les musulmans, le symbole de Marie, “Meriem”, mère de Jésus, mentionnée à trente-quatre reprises dans le Coran ». Anouar Kbibech, président du Rassemblement des musulmans de France ou Mohammed Moussaoui, président de l’Union des mosquées de France, ont également lancé des appels à la prière ou à la charité. Mais force est néanmoins de déplorer que l’expression spontanée des musulmans de France, du moins sur les réseaux sociaux, n’est pas au diapason de ces déclarations.

Doit-on rappeler aux abrutis que si Notre-Dame de Paris est la cathédrale des catholiques, elle est aussi celle des Juifs, comme en témoigne cette frise de la façade ouest, et de tous les croyants.

 

 

 

 

Elle un chef-d’œuvre de l’art gothique, un symbole de la France et de Paris, un joyau architectural du patrimoine de l’humanité. Au même titre que la grande mosquée Hassan II de Casablanca, au Maroc, ou la mosquée Nasir-Ol-Molk de Chiraz, en Iran. Notre Dame-de Paris appartient à tous, au-delà de sa dimension religieuse.

Il est particulièrement regrettable que des représentants de la gauche, a priori pas seulement extrême, marquent au mieux leur indifférence à l’égard du sort de Notre-Dame de Paris.

En mai 2018, le syndicat étudiant de gauche UNEF, historiquement laïc, avait délégué sa représentante affublée d’un voile entourant ostensiblement son visage, et non d’un simple foulard, comme on en porte par tradition dans de nombreux pays musulmans, pour se répandre à la télévision sur la réforme de l’université. Même le camarade Maximo Mélenchon s’en était offusqué ! Au lendemain de l’incendie de Notre-Dame, les twitt de deux membres du bureau national de l’UNEF, en particulier ceux de Hafsa Askar, ont corroboré les dérives islamo-gauchistes de ce syndicat si progressiste.

La présidente de l’Unef, Mélanie Luce, s’est désolidarisée des propos de Hafsa Askar tout en dénonçant le prétendu harcèlement dont elle serait l’objet. Le même argument fut utilisé par la direction de l’UNEF après l’émoi provoqué par l’épisode du voile en 2018. Pourtant, affirmer (notamment) que « les gens ne vont pas pleurer sur des bouts de bois – Wallah vs aimez trop l’identité française alors qu’on s’en balek objectivement – c’est votre identité de petits blancs » relève de l’abjecte et mérite une dénonciation unanime qu’il serait trop facile de qualifier de harcèlement. Honte, une nouvelle fois, à l’UNEF, et à cette gauche qui loin d’incarner le progrès, chante en cœur la haine de la France et de la laïcité (le nom de code de leur haine est « petits blancs ») avec un islam politique dont elle ne cesse de se rapprocher.

 

La gestion du chantier de réfection de Notre-Dame

Là, pour le coup, le timide débat sur les responsabilités de l’incendie mériterait de se transformer en polémique. Comment un tel désastre a-t-il pu se produire ? La question n’a pas vocation à alimenter un quelconque délire complotiste. Non, ce n’est pas Emmanuel Macron, aidé par Rothschild et le Mossad, qui a mis le feu à Notre-Dame. On nous assure par ailleurs que rien ne permet de penser que l’incendie serait volontaire, même si par principe, on ne saurait exclure qu’un esprit dérangé ou malade, comme l’est celui des pyromanes, puisse en être à l’origine. Pas davantage ne saurait-on exclure une intrusion aventureuse, sans aucune intention malveillante. Les chantiers attirent, les cathédrales fascinent. Celle de Notre-Dame peut-être plus que les autres, et l’idée de s’y introduire ou de visiter discrètement les parties en principe non accessibles au public en a effleuré plus d’un.

Puisqu’il n’y avait, nous dit-on, aucun ouvrier présent sur le chantier au moment où le feu s’est déclenché, la possibilité d’un mégot négligemment jeté par un intrus trop curieux ne peut être exclue. Pourtant, au micro de LCI, Benjamin Mouton, ancien architecte en chef de Notre-Dame de Paris, précise qu’enflammer du vieux chêne nécessite beaucoup de petit bois. Il rappelle en outre que l’installation électrique avait été refaite en 2010 et qu’elle répondait parfaitement aux normes, rendant d’autant plus improbable l’hypothèse du court-circuit. Il ajoute que des alarmes incendie étaient opérationnelles et qu’une surveillance était assurée jours et nuits par deux hommes.

D’autres commentateurs évoquent un « point chaud » qui le serait resté après le départ des ouvriers, au point de déclencher l’incendie. Mais personne ne voit ce que les juristes appellent un cas de force majeure et irrésistible qui exclurait toute responsabilité.

Il n’en demeure pas moins que nous avons été étonné par la jeunesse du patron de l’entreprise d’échafaudages qui donnait une deuxième peau à Notre-Dame.

Le défaut de formation ou de sensibilisation des ouvriers, les négligences dans la formation du personnel, le manque d’encadrement, l’inexpérience de l’entreprise responsable du chantier en cours au moment de l’incendie sont aussi évoqués et mériteraient un audit complet sur les failles de l’éco-système des personnes qui y travaillent, suivi de recommandations applicables à tous les monuments de France.

 

Les bombardiers d’eau de Donald Trump

Le président américain avait suggéré d’utiliser des avions de type Canadair pour lutter contre l’incendie du toit de la cathédrale. Comme un seul homme, ces propos, probablement motivés par le sincère souhait d’éteindre au plus vite les flammes, furent tournés en dérision par tous les experts ou déclarés comme tels. Effectivement, une telle initiative était impossible à mettre en œuvre et quand bien même l’aurait-elle été, il est vraisemblable que le toit de Notre-Dame n’y aurait pas résisté, provoquant des dégâts pires que ceux résultant de l’incendie. Néanmoins, on ne peut que s’étonner qu’il fallût des heures avant que les pompiers ne puissent disposer d’équipements leur permettant d’atteindre le toit de l’édifice. Eux-mêmes devaient se sentir bien frustrés, avec leurs petites lances qui semblaient insignifiantes face au déchaînement des flammes. Les experts ont aussi exclu l’intervention d’hélicoptères, comme si leur usage impliquait nécessairement de déverser en une seule fois la totalité de leur cargaison d’eau. Au-delà du cas de Notre-Dame, on est en droit de s’inquiéter des conséquences d’un incendie dans une tour d’habitation de grande hauteur, comme il y en a notamment à Paris. Le courage des sapeurs-pompiers doit être loué. Mais l’adéquation de leurs moyens aux exigences de la lutte contre le feu dans des édifices de plus de 50 mètres de haut interroge et inquiète. En tout cas, elle le devrait.

 

Rebâtir, oui, mais comment ?

Ces polémiques ne sont rien face à celle qui va occuper dans les prochains mois les architectes du monde entier. Franck Riester, ministre de la culture, et Emmanuel Macron auront fort à faire pour trancher entre la reconstruction d’une Notre-Dame à l’identique (le pourrait-on seulement, tant les mystères des constructeurs de cathédrales ont été savemment gardés ?) et un projet futuriste d’une Notre-Dame du XXIème siècle.

Et si l’on faisant appel à Jean Nouvel pour concevoir un toit futuriste pour notre vieille dame cramoisie ? Blasphème ! Ou peut-être que la Maire de Paris, Anne Hidalgo, préférerait y installer un toit plat pour y accueillir une piste cyclable ?

Trêve de plaisanterie, l’urgence est de rebâtir pour retisser le fil de l’histoire et de la modernité de la France et de sa cathédrale reine.

 

Michel Taube

 

Directeur de la publication

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