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11H54 - jeudi 2 juin 2016

Leçon 4 : Détenir arbitrairement les opposants

jeudi 2 juin 2016 - 11H54

Alors que la communauté internationale demande l’ouverture d’un dialogue susceptible de ramener la paix et la quiétude dans l’espace politique congolais, le régime de Denis l’Inamovible se distingue par une application dictatoriale du droit positif. La détention arbitraire d’opposants dans ses geôles est la marque de fabrique de la Nouvelle République du Congo.

 

Crédit photo : Siyasanga Mbambani/GCIS.

Crédit photo : Siyasanga Mbambani/GCIS, Flickr CC

Entre les personnalités politiques détenues arbitrairement et celles assignées à résidence, le régime de Denis le dictateur poursuit son entreprise de démolition du monde politique congolais.

La liste des personnalités incarcérées s’allonge et toute opposition publique, voire suspicion d’opposition, au régime aboutit à la détention.

Parmi les assignés à résidence, figurent le général Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, et ce depuis le 3 avril. Même si leur embastillement les prive de tout approvisionnement en vivres et médicaments, ces deux chefs de file de l’opposition congolaise refusent de reconnaître en Denis l’Usurpateur leur chef d’État. Qu’il commence donc par libérer les membres des équipes de campagne de ces deux candidats, injustement emprisonnés depuis le scrutin présidentiel du 20 mars.

Également arrêtés, deux membres de la Commission technique électorale, qui devaient comptabiliser les votes dans les bureaux de vote, sont à ce jour portés disparus.

Kim Sung Denis peut bien procéder, rien n’entamera la soif de démocratie du peuple congolais. Comme le dit le journaliste Jean-Baptiste Placca, « les peuples africains n’ont jamais été aussi bien informés, jamais été autant au fait des réalités du monde. Il ne sert donc à rien de les traiter comme des demeurés. »

 

Une justice de parodie

 

La justice congolaise est à l’image de son célèbre procureur Oko Ngakala, c’est-à-dire nerveuse et expéditive. Chaque apparition du tonitruant magistrat fait le buzz sur les réseaux sociaux tant sa conception de la justice tient de la comédie humaine, chère à Balzac. Adepte de la procédure de flagrance en direct sur Télécongo, il s’emploie avec zèle à l’avènement de la Nouvelle République de Denis le Monarque.

Le cas du détenu politique Paulin Makaya est symptomatique de cette justice de parodie qui emprisonne sans instruction judiciaire. Après plus de cinq mois passés en détention préventive, sa demande de libération n’a pas été entendue à cause de la défection des juges du Tribunal de grande instance de Brazzaville. Ce déni de justice se justifie par le caractère politique de l’affaire Paulin Makaya, un leader de l’opposition dont Denis le Petit craint le pouvoir de mobilisation.

De son coté, Thierry Moungalla, un des sécurocrates du régime a fait la démonstration de son sens aigu du droit dans une chasse à l’homme digne du far-west pour trouver le pasteur Ntumi. En affirmant sur RFI que le révérend devait « apporter les preuves de sa non-implication dans des actes qui ont été commis par des ex-miliciens qui sont sous ses ordres », le ministre de la Communication dictatoriale a inversé la charge de la preuve et révèle son interprétation toute particulière du droit.

Inutile donc de procéder à une enquête, la présomption d’innocence étant une légende, le pasteur est recherché « dead or alive » depuis le 4 mai.

Le Congo est entré de plain-pied dans la Nouvelle République chère à Denis l’Inamovible, décrite comme « un monument de vision » par le cavalier solitaire Jean-Louis Borloo.

 

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