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11H12 - mercredi 11 mai 2016

Quand l’application Périscope dérive vers l’incitation à la violence

mercredi 11 mai 2016 - 11H12

L’application Périscope, qui permet de diffuser en direct des vidéos et de les partager sur les réseaux sociaux, sert de plus en plus à filmer des scènes de violences, voire de viols. L’urgence est aujourd’hui de confronter les plateformes de diffusion à leurs responsabilités.

Crédit photo : Jim Makos, Flickr CC

Crédit photo : Jim Makos, Flickr CC

L’affaire de Bordeaux a fait le tour des médias pendant plusieurs jours : jeudi 22 avril, dans une rue animée de Bordeaux, connue pour ses boîtes de nuit et ses bars, deux adolescents ont roué de coup un jeune de vingt-quatre ans au point de l’envoyer à l’hôpital avec la mâchoire fracturée et de nombreux hématomes qui lui ont valu une interruption temporaire de travail de 21 jours. Scène banale ? Pas vraiment quand on apprend que les agresseurs l’ont diffusée en direct après avoir annoncé ce qu’il s’apprêtait à faire et attendu qu’une quarantaine d’internautes soient connectés pour y assister ! Choisie au hasard, la victime, sortant visiblement ivre d’un bar, n’a pas eu le temps de réagir : envoyé à terre, il reçoit une volée de coups de pied et de poing, tandis que ses agresseurs dans un grand éclat de rires revendiquent leur méfait. Très vite la vidéo est partagée par centaines sur les réseaux sociaux. Choqués, de nombreux internautes ont réagi allant jusqu’à menacer les agresseurs de représailles, de manière si crédible que ces derniers, très vite identifiés, ont hésité à rentrer chez eux. Interpellés, ils ont réalisé, un peu tard, la gravité et la bêtise de leur acte. L’un d’eux s’est même fendu d’une vidéo d’excuses, demandant pardon à sa victime, et sa mère en larmes a posté sur les réseaux sociaux un message dans lequel elle se disait « horrifiée » du geste de son rejeton. Ces agresseurs risquent jusqu’à trois ans de prison ferme.

Étendre la responsabilité pénale aux diffuseurs

Cette affaire révèle l’usage criminel de plus en plus courant de cette application, rachetée il y a peu par Twitter. De nombreux enregistrements d’agressions, de viols, de violences, sont signalés sans que cela interpelle les responsables de Périscope. Il serait bon de renforcer l’arsenal répressif contre les diffuseurs et d’imposer la responsabilité pénale effective en cas de manquement à leurs obligations de modération et de suppression des comptes délictueux ou incitant à la haine, à la violence, au meurtre.

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Omri Ezrati