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15H13 - lundi 28 septembre 2015

« Notre parti, c’est l’entreprise » : les entreprises d’Ile-de-France interpellent les candidats aux régionales

lundi 28 septembre 2015 - 15H13

Fait inédit : c’est un front commun des organisations représentatives des patrons d’Ile-de-France qui auditionnera les candidats aux élections régionales de décembre mardi 29 septembre. Le MEDEF Ile-de-France, la CCI Paris Ile de France et la CGPME Paris Ile-de-France ne s’étaient jamais exprimés ensemble pour espérer être entendus des politiques franciliens.

Les patrons s’adressent donc aux politiques : avec des propositions réunies dans un document, « Réflexions programmatiques pour les élections régionales 2015 », lequel a l’allure d’un Manifeste tant le désarroi des patrons est grand face au traitement que leur réservent les politiques franciliens.

« Faisons respirer l’Ile-de-France » : le ton est donné. Il ne s’agit pas là d’un Appel à la réussite de la COP21 qu’accueillera la Région capitale en décembre (d’autant que les métiers de l’économie verte sont étrangement délaissés dans les propositions de ce document), mais d’un appel à la fois audacieux des patrons : laissez respirer les entreprises, tel est le mot d’ordre du MEDEF Ile-de-France, de la CCI Paris Ile de France et de la CGPME Paris Ile-de-France.

Que répondront les candidats aux élections régionales aux patrons, tant les entreprises, reconnues pourtant comme le poumon de l’économie et les principaux créateurs d’emplois, sont mal traitées par l’institution régionale. La preuve, parmi d’autres faits : dans le STIF (le puissant organisme qui gère les transports franciliens), un seul siège est dédié aux entreprises parmi 30 membres du Bureau exécutif. Alors que les entreprises financent plus de 50% du budget du syndicat ! Cherchez l’erreur…

L’Ile-de-France est à un tournant stratégique : 100 milliards d’euros doivent être investis dans les 15 prochaines années pour faire décoller la Région capitale, dont le développement économique est moindre que celui des Pays de la Loire et de Midi-Pyrénées. Ces 100 milliards doivent notamment permettre d’accélérer la finalisation du Grand Paris Express, d’accueillir des événements mondiaux comme les JO 2024 et l’Exposition universelle 2025, de renforcer les capacités d’accueil des congrès d’affaires. « Jamais on n’a autant investi depuis la création du métro parisien », confie Pierre-Antoine Gailly, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris Ile de France.

Les entreprises demandent à être associées à ces choix stratégiques. Et un peu plus écoutées ! Les conditions dans lesquelles le Grand Paris doit voir le jour sont à désespérer en terme de cohérence stratégique par rapport au Conseil régional et à la Ville de Paris. Agnès LO JACOMO, présidente du MEDEF Ile-de-France, est claire sur ce dossier sensible : « Le Grand Paris est une nécessité. Nous avons une métropole, Paris qui a une taille provinciale à l’échelle mondiale. Nous avons réellement besoin d’une métropole digne de ce nom. En Chine, onze métropoles ont plus de dix millions d’habitants et en France nous n’en avons aucune. Mais il est hors de question que le Grand Paris génère des coûts supplémentaires. Nous savons très bien qui paiera dans ce cas : les entreprises. On ne sait plus très bien aujourd’hui à quoi va servir ce Grand Paris, notamment vis-à-vis de la Région Ile-de-France. »

François Asselin, président de la CGPME, conclut : « l’économie francilienne est d’une grande diversité, avec, on l’oublie trop souvent, son économie agricole, ses métiers d’avenir (Internet, télécom…). Aux politiques d’en prendre la mesure et de nous accompagner, au lieu de nous freiner, dans la dynamisation de ses atouts. »

 

Directeur de la publication