Territoires en France
08H54 - mercredi 23 juin 2021

Duel Pécresse – Bayou. Mais de quelle (Ile-de -) France veut-on ? L’édito de Michel Taube

 

Qui se souvient que Julien Bayou (et Karima Delli) furent des leaders du collectif Jeudi noir qui occupa à la fin des années 2000 des immeubles et des logements et opposèrent surtout le droit de propriété au droit au logement. Un avant-goût des desseins de Julien Bayou à la tête de la Région Île-de-France s’il venait à être élu dimanche. Hypothèse à prendre en compte sérieusement au vu des réserves de voix à gauche et de la fusion des listes entre écolos, socialistes et Insoumis (tiens, Geneviève Garrido se retrouve candidate en Seine-et-Marne… C’est pour la vie de château qu’offre ce beau département?).

En Île-de-France, Julien Bayou a immédiatement été adoubé par la Maire de Paris Anne Hidalgo (PS), à qui son allié écolo-gaucho mène pourtant la vie dure au Conseil municipal de Paris, au point qu’elle est parfois obligée de compter sur l’opposition de droite pour faire adopter certaines résolutions. La Maire de Paris n’avait pas hésité un instant avant de lâcher sa candidate Audrey Pulvar, dont l’incompétence est apparue aussi flagrante que ses tendances indigénistes.

La mystification de l’Union de la gauche se vérifie au niveau national. Le parti socialiste, dont les sortants ont, comme ceux de LR, largement bénéficié de l’abstention record, n’hésite pas à appeler à l’union de la gauche. Au choix derrière sa bannière ou derrière celle des autres composantes de la gauche : le groupusculaire PC, l’islamogauchiste France Insoumise et les Verts, plus rouges que verts, qui surfent sur la vague du dérèglement climatique. Leurs nouveaux élus municipaux méritent d’ailleurs tout autant le qualificatif d’islamogauchiste que le parti de Mélenchon, quand ils ne le devancent pas sur ce terrain. 

Il faut se féliciter qu’EELV ait joué la carte du front républicain, appelant sa liste à se retirer en Provence-Alpes-Côte d’Azur au bénéfice du candidat de droite classique Renaud Muselier, afin d’éviter l’élection du candidat d’extrême droite Thierry Mariani, lui-même transfuge de LR. 

Mais ce geste républicain (que le candidat EELV en région PACA, Jean-Laurent Félizia a eu bien du mal à accepter) ne peut dissimuler l’hypocrisie de cette union de la gauche rafistolée pour la circonstance. Julien Bayou et ses acolytes ne peuvent crier à la haute trahison républicaine chaque fois qu’un membre de la droite classique envisage un rapprochement avec le parti extrémiste de Marine Le Pen, et en même temps cautionner des attitudes tout aussi extrémistes. Un exemple parmi d’autres : celui des Verts de Strasbourg qui draguaient les électeurs musulmans en exhibant le portrait d’une candidate voilée, et une fois élus, ont préféré allouer une juteuse subvention à une association turque manifestement islamiste et antisémite, plutôt que de voter une résolution condamnant l’antisémitisme (sous la pression, la mairie EELV de Strasbourg s’y contraignit finalement). 

On ne peut se prétendre républicain et s’aligner trop systématiquement sur les positions indigénistes de LFI, un parti clairement d’extrême gauche, dont la cible électorale est tout aussi clairement définie : les Français issus de l’immigration arabo-musulmane. D’ailleurs, les dernières sorties complotistes de Jean-Luc Mélenchon sont particulièrement nauséabondes, et n’ont rien à envier aux dérapages de l’extrême droite. Qui se ressemble s’assemble, et sur le plan des idées, notamment la haine du « système », ils feraient fort bon ménage, comme le souhaite d’ailleurs la majorité des électeurs de Mélenchon disposés à voter Le Pen au second tour des présidentielles.

Le parti socialiste, social-démocrate, comme le qualifiait François Hollande, est bien mort, malgré les sursauts lors d’élections qui avantagent les sortants. Il glisse, comme les travaillistes anglais sous l’ère de Jeremy Corbyn, ou les Woke qui noyautent le parti démocrate américain, vers une radicalisation dans laquelle il espère trouver son salut ou sa bouée de sauvetage. 

Les Verts et leurs alliés LFI tentent d’ailleurs de faire du parti socialiste ce que François Mitterrand fit du PCF après son accession au pouvoir en 1981 : le réduire à une simple force d’appui, soumise et sans grande influence. Or une gauche démocratique ne devrait jamais s’allier avec l’extrême gauche, qui n’est pas moins dangereuse et antirépublicaine que l’extrême droite. Leurs complaisances avec l’islam radical, les accommodements déraisonnables, les complicités sont coupables.

Quant à l’anticapitalisme forcené et primaire de Julien Bayou et consorts de Jeudi noir, il n’y a pas que les promoteurs immobiliers qui doivent trembler cette semaine en Île-de-France.

Les verts, dont les maires et à Paris les adjoints de la Maire, se sont illustrés par leur dogmatisme absurde, sont tout aussi peu crédibles sur le terrain de l’environnement : si leurs homologues allemands peuvent accéder au pouvoir cet automne, c’est au prix d’une vision réaliste et pragmatique de l’écologie, là ou les verts français en sont encore au mythe de la décroissance et à la prétention de dicter les rêves de nos enfants. Ce sont en réalité des autocrates qui n’hésitent pas imposer leurs idées extrémistes sous couvert d’écologie. Nous sommes tous écolos, à un stade ou un autre, car notre avenir sur cette planète en dépend. Nous sommes tous de vrais écolos, contrairement aux pseudo écolos d’EELV.

Après avoir brillamment conduit la liste EELV aux élections européennes de 2019 (13,48 % de suffrages), Yannick Jadot avait laissé espérer une écologie politique raisonnable, compatible avec la croissance économique et la préservation des valeurs de la République, en particulier la laïcité. Mais depuis, le courant dogmatique d’extrême gauche, incarné par quelques maires comme Éric Piolle à Grenoble et aussi Julien Bayou, a pris les rênes de la maison verte, qui mérite plus que jamais son qualificatif de vert pastèque (vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur). Une scandaleuse confiscation de l’écologie par l’extrême gauche, à laquelle la gauche traditionnelle apporte sa caution.

L’union de la gauche donc, ou l’union des gauches? Mais lesquelles? Les gauches irréconciliables, avait dit l’ancien Premier ministre Manuel Vals. Pour quelques miettes de pouvoir, les partis n’hésitent pas feindre une hypocrite réconciliation, qui ne résisterait pas à l’exercice du pouvoir, qu’il soit local ou national. Quant aux électeurs qui ont le cœur à gauche, il est temps qu’ils réalisent que l’extrême gauche est l’ennemi de nos valeurs, et un péril économique qui ferait dégringoler la France au niveau économique et de son rayonnement international.

En Île-de-France, faire barrage aux extrêmes, c’est empêcher que Julien Bayou et les verts-rouges ne s’emparent de la région. Un challenge pour Valérie Pécresse, qui comme Xavier Bertrand dans les Hauts de France dimanche dernier, jouera dimanche prochain son avenir politique. 

 

 

Michel Taube

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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