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10H44 - jeudi 9 octobre 2014

Emprisonnée pour avoir assisté à un match de volley, Ghoncheh Ghavami entame une grève de la faim

jeudi 9 octobre 2014 - 10H44

Le 30 juin, Ghoncheh Ghavami, une jeune Irano-Britannique, a été arrêtée à Téhéran pour avoir assisté à un match de volleyball. Emprisonnée depuis 100 jours, elle a entamé le 1er octobre une grève de la faim.   

Ghoncheh Ghavami

Ghoncheh Ghavami

La Fédération iranienne de volleyball soutient que l’environnement sportif n’est pas « apte » à la présence des femmes et le chef de la police nationale Moghaddam a annoncé que ce n’était pas dans « l’intérêt public » de permettre aux hommes et aux femmes d’assister ensemble à de tels évènements. Les autorités iraniennes ont arrêté Ghavami sans communiquer les charges retenues contre elle et l’ont transférée à la prison d’Evin. Elle a passé quarante et un jours de détention en cellule d’isolement avec peu de contact avec sa famille. La mère de Ghavami a confié aux médias locaux que le dossier de sa fille devait être revu par le Tribunal Révolutionnaire qui ne traite que des cas concernant la sécurité nationale.

L’arrestation de Ghavami a suscité une protestation à grande échelle dans les médias internationaux qui s’intensifie avec le prolongement de sa détention. La famille de Ghoncheh Ghavami s’élève contre la détention de leur fille qu’ils considèrent comme inappropriée et exagérée. Le frère et la mère de Ghoncheh soutiennent et encouragent cette  campagne internationale qui demande sa libération.  La polémique s’est même étendue aux réseaux sociaux, une page a été crée sur Facebook intitulée « Free Ghoncheh Ghavami » pour offrir un lieu de discussion sur le sujet et pour que ses amis puissent publier les nouvelles la concernant.

La lutte pour les droits des femmes concernant les événements sportifs s’étend pourtant au-delà de l’arrestation de Ghoncheh Ghavami. L’interdiction des femmes d’assister aux événements sportifs date de la Révolution de 1979. La mixité dans les stades était en contradiction avec des croyances islamiques. En 2005 déjà, les femmes iraniennes ont mené une campagne pour revendiquer leur droit d’accéder aux stades de football et ont réussi à assister à deux matchs.

En 2006, le groupe de femmes nommé « Rousari Sefid-ha » revendiquait la permission aux femmes d’accéder sans restriction aux stades. La même année, sortait le film « Offside » de Jafar Panahi dédié au mouvement féministe en Iran. Il y était question d’une femme qui se déguise en homme pour pouvoir assister à un match de foot.

L’été dernier, pendant un match de volleyball féminin opposant l’équipe iranienne à celle du Brésil, , les autorités ont exigé des journalistes femmes qu’elles quittent le stade et leur ont annoncé  qu’il leur serait interdit d’assister aux prochains matchs. Pourtant, non seulement la Fédération iranienne de volleyball autorise l’accès des journalistes féminines aux stades, mais, pendant le match Iran-Brésil, les Brésiliennes ont pu entrer dans le stade en montrant leurs passeports étrangers tandis qu’on refusait l’accès aux femmes iraniennes.

Cette situation inédite a suscité une discussion au Parlement portant sur l’abolition des discriminations indésirables, notamment dans le contexte des stades. Shahindokht Molaverdi, vice-présidente de la République islamique d’Iran pour les femmes et les affaires familiales, s’oppose à l’interdiction des femmes dans les stades et a demandé un rapport .

Alors que la polémique  prend de l’ampleur, pour l’heure, le Guide Suprême et la police maintiennent l’interdiction faite aux femmes d’entrer dans les stades.

Des groupes d’activistes iraniens ont signé des pétitions adressées à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), à la Fédération Internationale de Volleyball et au Comité International Olympique critiquant la discrimination sexuelle dans le sport. Ces pressions domestiques et internationales influenceraient-elles les décisions du Parlement iranien et la détention de Ghoncheh Ghavami ?

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