L'avis des bêtes
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06H44 - jeudi 20 juin 2013

Acheter local, un choix éco-citoyen du quotidien

jeudi 20 juin 2013 - 06H44

Nos aliments n’ont jamais autant voyagé que durant ces vingt-cinq dernières années. L’uniformisation du commerce a engendré une augmentation générale et importante des kilomètres parcourus par nos produits pour arriver à nos assiettes – ce que l’on appelle le « kilométrage alimentaire ». Pour réduire les émissions de CO2 dues au transport et ainsi préserver la planète, certains prônent de manger local. Cependant, cela n’est pas forcément la solution. Selon une étude gouvernementale française publiée en mars dernier, les légumes des producteurs locaux ou ceux venant de l’étranger peuvent avoir le même impact carbone. Tout dépend du mode de transport utilisé, des méthodes de production, et du nombre de marchandises acheminées. Mais quels sont alors les véritables avantages d’acheter des produits locaux ?

Suzanne Bristow, dans son magasin Down to Earth.

Suzanne Bristow, dans son magasin Down to Earth.

Les premiers adeptes du « consommer local » sont les Véganes. Qu’ils soient végétariens ou végétaliens, ils sont portés par les mêmes convictions philosophiques : le droit et le respect des animaux et plus généralement de toute forme de vie. « Le véganisme est une philosophie et une façon de vivre qui cherche à exclure, autant qu’il est pratiquement possible, toutes les formes d’exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but », confirme Donald Watson, le créateur de la Vegan Society.

Si l’arrêt de la consommation de viandes peut paraitre excessif, de plus en plus de mouvements responsables et solidaires émergent tous les jours dans le domaine alimentaire. Nous assistons actuellement au développement et à la découverte de nouvelles alternatives, comme par exemple les circuits courts. Une AMAP – Association au maintien de l’agriculture paysanne -, un marché local, un magasin bio, une pharmacie alternative, ou encore une association solidaire, sont tous des initiatives locales qui s’inscrivent dans un développement durable et bénéfique.

 

Le local, la clef d’une vie saine ?

Bon pour le moral ? Oui ! Tous les jours de nouvelles rencontres se créent et perdurent entre les maillons de la chaine de distribution. Suzanne Bristow, fondatrice de Down to Earth, un magasin local et biologique de Coventry, au Royaume-Uni, explique très bien cet aspect : « Il y a un lien spécial entre les personnes qui viennent au magasin et moi-même ; je les connais et ils me connaissent. » Elle ajoute : « Les gens sont curieux et aiment savoir d’où vient la nourriture. Je leur explique que je vais directement chez l’agriculteur local ou bien il vient au magasin. C’est important et motivant que l’on se voit régulièrement. Si ce ne sont pas des produits locaux, je m’assure qu’ils soient issus du commerce équitable. Mes clients savent qu’ils peuvent avoir confiance. Dans ce magasin ils ne trouveront que de bons produits. » Le consommateur est mieux informé, parfois directement par le producteur, sur la provenance, la vie et le respect du produit.

 

Que ta nourriture soit ta médecine, et ta médecine, ta nourriture’ disait Hippocrate

Les denrées alimentaires que l’on trouve dans les magasins locaux sont le plus souvent des produits issus de l’agriculture biologique. Cette alternative de production permet de diminuer voire d’arrêter l’utilisation de pesticides, qui selon l’OMS provoquent un à trois millions de victimes d’intoxication aiguë, et plus de 355 000 morts chaque année au niveau mondial. Ce n’est pas tout ! Non seulement consommer local fortifie la non-utilisation d’OGM, la diminution du gaspillage alimentaire et hydrique, mais permet également de développer l’économie d’un pays en augmentant sa production intérieure. En bref, ce mode de commerce est aussi bon pour soi que pour les autres, la biodiversité et la planète.

Manger local, près de chez soi, contribue à l’ancrage d’une nouvelle attitude responsable de l’homme, conforme au respect de son environnement. Cette ancienne forme de consommation remise au goût du jour, est en réelle complémentarité avec la volonté croissante de préserver la planète et sa biodiversité. Il ne s’agit pas seulement d’un mieux pour soi, mais de l’intérêt éco-citoyen de tous.

 

Yann-Marie Coulombez, vice-présidente de l’aDDu, association de Développement Durable de l’UPI (Université Professionnelle Internationale René Cassin)

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