L'avis des bêtes
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10H00 - mercredi 22 mai 2013

Comment se nourrir en 2050 – Partie 2 : Manger mieux, manger différemment ?

mercredi 22 mai 2013 - 10H00

Sans aller jusqu’au végétarisme, diminuer sa consommation de viande améliore la santé des humains, celle de la planète et le bien-être des animaux d’élevage. Trois excellentes raisons de se pencher sur des régimes alimentaires un peu différents…

 

Les insectes s'inscrivent dans les régimes alimentaires traditionnels d'au moins deux milliards de personnes.

Les insectes s’inscrivent dans les régimes alimentaires traditionnels d’au moins deux milliards de personnes.

Tous les jeudis depuis quatre ans, les restaurants de la ville de Gand (deuxième ville la plus peuplée de Belgique) servent des repas végétariens. Bienvenue dans la capitale du « flexitarisme » ! Les « flexitariens » se passent de viande au moins une fois par semaine, et cette pratique alimentaire séduit  : Sao Paulo, Rio de Janeiro, Brême, San Francisco suivent aussi le mouvement.

 

Se passer de bœuf…

 

En 2009, le chanteur Paul McCartney avait mené une campagne pour introduire un jour sans viande dans les cantines du Parlement européen. « Un jour sans viande serait une mesure efficace à court terme pour protéger la planète » avait-il déclaré. Son appel avait été relayé par Rajendra Pachauri, Prix Nobel de la Paix 2007 et président du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique. Les parlementaires européens n’ont pas suivi la démarche prônée par l’ex-Beatles, mais il est indéniable qu’elle présente des nombreux avantages.

Meilleure pour la planète, et pour la santé : « dans les pays développés, la consommation excessive de protéines animales engendre des problèmes de santé publique » peut-on lire dans un rapport d’Olivier de Schutter, Rapporteur Spécial des Nations Unies pour le Droit à l’Alimentation. The Lancet, très sérieuse revue médicale britannique, publiait dès 2007 un article démontrant qu’un régime moins riche en viande entrainait une diminution des risques de cancer colorectal, de cancer du sein, de maladie cardiaque et d’obésité.

 

ou manger des insectes ?

 

Mais, se passer de viande ne signifie pas forcément se passer de protéines animales ! La FAO a publié le 13 mai dernier un rapport prônant l’entomophagie – c’est-à-dire la consommation d’insectes – pour lutter contre la faim dans le monde : « les insectes constituent une source majeure et facilement accessible d’aliments nutritifs et riches en protéines issus des forêts ». Riches en calcium, en fer, en zinc, et bien sûr en protéines, ces petites bêtes sont sous-exploitées dans l’alimentation.

Les animaux d’élevage pourraient en profiter avant nous. Le prix de l‘innovation pour l’Afrique vient de récompenser un élevage de mouches en Afrique du Sud. Les mouches se délectent des déchets et rebuts des élevages et des abattoirs et pondent en très grande quantité. Après éclosion des œufs, les larves sont récoltées et broyées, avant d’être transformées en farines qui seront distribuées aux animaux d’élevage, en lieu et place des farines de poisson.

Consommer des insectes paraît encore impensable pour la plupart des occidentaux, cependant il est temps de repenser complètement notre système alimentaire. Végétarisme, fléxitarisme, consommation locale, élevages respectueux du bien-être animal : les solutions existent pour une alimentation plus responsable. Consommer mieux, c’est nécessaire !

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