L'avis des bêtes
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10H35 - mardi 21 mai 2013

Comment se nourrir en 2050 – Partie 1: La viande n’est pas un aliment ordinaire

mardi 21 mai 2013 - 10H35

3% des français se déclarent végétariens, ce chiffre est similaire aux Etats-Unis. Ils sont 6% au Royaume-Uni, 9% en Suisse et en Allemagne. De plus en plus de personnes choisissent ce régime, pourtant socialement pénalisant, surtout dans notre pays où la gastronomie est religion d’Etat. Découvrez quels sont leurs arguments.

 

Refuser la souffrance animale et donc la viande, motivation principale pour les végétariens.

Refuser la souffrance animale et donc la viande, motivation principale pour les végétariens.

Transformé en saucisse ou en nuggets, plus rien ne rappelle au consommateur qu’un animal a vécu pour le nourrir. La distance entre l’animal de ferme et le citadin n’a jamais été aussi grande et cette déconnexion n’arrange rien au sort des animaux de production, oubliés dans les élevages en batterie. La majorité des végétariens se détournent de la viande dans un souci de respect du bien-être animal.

 

Refus de l’industrialisation de l’élevage

« Le végétarisme est une forme de boycott, motivé par le questionnement du bien-fondé moral de notre alimentation » déclare Peter Singer, philosophe et végétarien de renom, dans son livre La libération animale. Il dénonce l’incohérence de ceux qui s’apitoient sur le sort des animaux tout en dégustant un morceau de viande rouge. Ceux-là, estime-t-il, oublient que « l’élevage intensif est le résultat de l’application de la technologie à l’idée que les animaux sont des moyens pour nos fins ». Or, les animaux d’élevage sont autre chose qu’un morceau de viande sur pattes, destinés uniquement à nous nourrir. Ce sont des êtres sensibles, capables de souffrir. Et, « si un être souffre, il ne peut y avoir de justification morale pour ne pas prendre en compte cette souffrance » conclut Singer.

Puisqu’il est indéniable que les procédés de l’élevage industriel s’accompagnent de souffrances intenses pour le bétail, les végétariens refusent de soutenir ce système violent et cessent de manger de la viande. « Devenir végétarien est un geste hautement pratique et efficace pour contribuer à mettre fin à la souffrance que l’on inflige aux animaux non humains ».

 

Non, les végétariens ne sont pas tous malades

 

Le végétarisme de Singer est pragmatique et pratique. Il incite à « changer son alimentation à un rythme mesuré et confortable ». Chaque pas vers une moindre consommation de produits carnés est louable. Et bien que beaucoup de « carnivores » pensent le contraire,  le végétarisme n’est pas dangereux pour la santé – la grande majorité des nutritionnistes le confirme. Le végétarisme serait même indiqué pour vivre vieux ! « Une étude portant sur les centenaires vivants en Hongrie a trouvé qu’ils étaient largement végétariens » raconte Singer. Et les exemples de végétariens en pleine forme physique et intellectuelle sont légion : Edwin Moses (double champion olympique du 400 mètres haies en 1976 et 1984), Bode Miller (skieur américain), Léonard de Vinci, Tolstoï, Ghandi etc. Aucune crainte à avoir si ce régime vous tente !

 

En replaçant l’animal – vivant  – au cœur de sa pensée, le végétarisme nous rappelle que la viande n’est pas un aliment ordinaire. Le système intensif, aux méthodes dévastatrices pour les animaux comme pour la planète, prospérera tant qu’il y aura des gens prêts à en acheter les produits. Comme toujours, ce sont nos actions de consommateurs qui pèsent dans la balance.

 

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