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15H11 - jeudi 23 février 2012

La forte répression contre les manifestants sénégalais inquiète la France

jeudi 23 février 2012 - 15H11

Apparemment, la montée de la violence au Sénégal préoccupe les autorités françaises. Le Quai d’Orsay, par la voie de son porte-parole, l’a fait savoir lundi 20 février 2012, lors d’une conférence presse tenue dans les locaux du ministère français des Affaires étrangères. Il a également demandé la libération des manifestants arrêtés. D’ailleurs sur son site internet, la France appelle ses ressortissants « à une vigilance accrue » lors des manifestations et le jour de l’élection présidentielle.

Dakar, Sénagal. © serignediagne@gmail.com

La France demande aux autorités sénégalaises de libérer les manifestants arrêtés. C’est l’annonce faite par le porte-parole du Quai d’Orsay lors d’une conférence de presse tenu hier. Faisant allusion aux manifestations interdites par le ministre de l’intérieur du Sénégal, les autorités françaises ont rappelé leur attachement à « la liberté d’expression et de manifestation ».

 

Liberté d’expression : un droit universel !

« La France rappelle son attachement à la liberté d’expression et de manifestation et appelle à la libération de toutes les personnes arrêtées lors des révoltes de ces derniers jours », a fait savoir le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Par la même occasion, il a exprimé « sa vive inquiétude » quant à la situation politique sénégalaise, marquée depuis plusieurs jours par la violence, suite à la validation de la candidature du président Wade (contestée par l’opposition et une partie de l’opinion sénégalaise).

C’est ainsi que « la France exprime sa vive inquiétude en raison de la montée des tensions de ces derniers jours au Sénégal (et) déplore la mort d’un manifestant au cours de ce week-end », souligne le Quai d’Orsay.

Cette énième déclaration du porte-parole du ministère des Affaires étrangères français fait suite à la monté en puissance des violences, au Sénégal, depuis vendredi 17 février 2012. Des violences qui montent en puissance et ont entraîné 5 morts, plusieurs blessés et de nombreuses arrestations.

La mosquée qui abrite le mausolée de El hadji Malick Sy a été bombardée de gaz lacrymogène. La révolte de la population ne s’est pas fait attendre : plusieurs établissements publics, dont la mairie de Tivaoune ( le chef lieu de la confrérie tidiane incarnée par El hadji Malick Sy) ont été saccagés.

 

Toujours aussi détermés à demander le retrait de Wade

A 5 jours des élections, la tension reste vive et la population sénégalaise réclame toujours le retrait de la candidature du président sortant Wade, considérée comme illégale. A partir de mercredi 22 jusqu’au 24 février, d’autres manifestations sont prévues.

D’ailleurs la France demandent aux Français résidents ou de passage au Sénégal « une vigilance accrue » durant cette période électorale.

« Entré dans une période pré-électorale agitée, le Sénégal et notamment sa capitale, peut être sujet à des manifestations plus ou moins maîtrisées. Ce climat incertain doit inciter les Français résidents, ou de passage, à une vigilance accrue et à s’informer sur l’évolution de la situation en ville avant tout déplacement, tout particulièrement la nuit. Il convient de s’écarter de tout rassemblement, qui peut être source de risques non négligeables et de vols avec violence », lit-on sur le site internet du Quai d’Orsay.

 

Les consignes du Quai d’Orsay

Les autorités françaises invitent leurs compatriotes à « s’informer en consultant le site internet de l’ambassade de France à la rubrique Actualités/Sécurité : http://www.ambafrance-sn.org/Actualites,1317»
Le Quai d’Orsay a lancé un « avertissement » signalant que le jour du premier tour de l’élection présidentielle, les ressortissants sénégalais et étrangers « ne seront pas autorisés à se déplacer entre les régions du Sénégal ». Alors il convient « donc aux Français de passage de prendre leurs dispositions pour éviter tout voyage interrégional le dimanche 26 février 2012 », indique le site internet.
Il en est de même pour ceux qui veulent quitter le Sénégal le jour du vote. Les Français seront obligés de demander une autorisation de sortie du territoire. « Pour des raisons impératives de départ vers la France, ce même jour en provenance d’une région autre que celle de Dakar. Une demande d’autorisation devra être adressée à Monsieur le Directeur général de la police nationale – Ministère de l’Intérieur – DGPN – 2e étage – Place Washington – DAKAR. Il est vivement conseillé de solliciter cette autorisation dans des délais raisonnables », avertissent encore les services du ministère français des Affaires étrangères.

Moustapha Barry