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14H09 - mardi 23 février 2016

Pourquoi donc le président du Bénin doit-il être adoubé par la France ?

mardi 23 février 2016 - 14H09

Le premier tour de l’élection présidentielle béninoise, initialement fixé au 28 février, se tiendra le 6 mars. La campagne officielle en a été lancée vendredi à 0h. Ainsi trente-trois candidats se sont-ils engagés dans une course au pouvoir qui durera deux semaines.

Sébastien Ajavon, président du Conseil du patronat béninois, poids lourd de l’agroalimentaire, et pas seulement au Bénin – il contrôle 65 % de la filière volaille en France –, est un des dix favoris.

Son cousin, Antoine Sekko, ancien cadre dirigeant au sein du groupe ancien consultant de la Banque mondiale et ancien conseil du gouvernement gabonais est actuellement son conseiller spécial au sein du Conseil national du patronat du Bénin.

Dans le cadre des élections présidentielles il est son mandataire en France.

Nous avons parlé avec lui de ce scrutin qui approche.

Entretien avec Antoine Sekko

Antoine Sekko - Crédit photo : Tous droits réservés

Antoine Sekko – Crédit photo : Tous droits réservés

 

Ils étaient au départ 48 candidats, ils sont 33 aujourd’hui, et c’est déjà beaucoup, est-ce un signe de santé de la démocratie ou au contraire de délitement de la classe politique ?

C’est simplement le signe que beaucoup rêvent de pouvoir. Ils veulent tous être Président. Mais les dés sont jetés et quel que soit leur nombre, sera élu Président le candidat que la France aura choisi d’adouber. Le Bénin ne peut pas survivre sans l’aide financière de la France. Et la France a tout intérêt à soutenir un candidat qui accepte son influence et protège ses intérêts géopolitiques en Afrique. Finalement, c’est elle qui décide.

Pour mémoire, il en fut ainsi, en 2001, pour l’élection du général Kerekou, et pour celle de Boni Yayi, en 2006 et en 2011. La Françafrique est toujours d’actualité.

Vous voulez dire que les élections sont truquées ?

Évidemment et très souvent. Les bourrages d’urnes sont monnaie courante. À l’issue des élections présidentielles de 2011, j’ai entendu le président de la Cour constitutionnelle du Bénin proclamer et valider des résultats de bureaux de vote où le nombre de votants dépassait celui des inscrits, et conclure : « ces résultats n’entachent en rien, la sincérité, la transparence et la crédibilité du scrutin ».

Il est même arrivé dans certains bureaux de vote qu’un seul votant détienne toutes les procurations.

Quel est l’intérêt dans ce cas de participer à la course ?

Participer justement. Un destin politique se construit peu à peu. À cinquante et un ans, Sébastien Ajavon a largement le temps de faire évoluer les choses dans son sens.

Qu’apporterait au Bénin Sébastien Ajavon, s’il était Président ?

Sebastien Ajavon - Crédit photo : Tous droits réservés

Sebastien Ajavon – Crédit photo : Tous droits réservés

C’est par l’indépendance économique que nous pourrons conquérir une réelle souveraineté. Or Sébastien Ajavon a une connaissance approfondie des modèles efficaces de gouvernance politique, économique et sociale, permettant de créer des emplois et des richesses. Car en tant que président du Patronat béninois (structure faitière des organisations professionnelles), il est en dialogue permanent avec le secteur public dont le président de la République est à la tête.

Il se présente à la tête d’une équipe de collaborateurs partageant ses valeurs et principes moraux, afin de concevoir, élaborer et mettre en œuvre des solutions basées sur les atouts endogènes et exogènes du Bénin.

Loyaliste et légaliste, il est un homme de consensus soucieux de défendre les intérêts du secteur privé face à un président de la République, qui se croit au-dessus de « Dieu » et qui n’accepte aucune contribution dont il n’est pas l’initiateur.

Il ferait à une échelle plus grande encore ce qu’il a réalisé en tant que citoyen et homme d’entreprise et établirait un nouveau mode de gouvernance économique, politique et sociale pour le mieux-être de la population. Ainsi, il ferait du Bénin un chantier où chaque citoyen serait rémunéré en fonction de son travail.

 

Propos recueillis par Catherine Fuhg

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