Edito
08H00 - mardi 25 avril 2023

Après les gilets jaunes, les têtes à casseroles ! L’édito de Michel Taube

 

Le député Renaissance Jean-Marc Zulesi de Salon-de-Provence coursé dans les rues de sa circonscription, un président et des ministres chahutés, des concerts de casseroles devant des centaines de mairies pour saluer le premier anniversaire du second quinquennat Macron, des manifestations sauvages non déclarées qui finissent en violences urbaines et agressions inadmissibles sur les forces de l’ordre, des coupures d’électricité et des occupations de raffinerie intempestives, manifestement la stratégie d’obstruction que les Insoumis avait imposée aux travaux de l’Assemblée Nationale sur les retraites, empêchant tout débat de fond, a trouvé ses relais dans la société.

Voici que désormais les ministres et les députés de la macronie se retrouvent à portée de baffe, distance critique que l’on croyait réservée aux maires. 

Le député-youtuber insoumis Antoine Léaument, des complotistes comme Florian Philippot et autres François Asselineau, rêvent même de destituer le chef de l’Etat, notamment par voie de pétition sur le site de l’Assemblée Nationale…

En tout cas, le chef de l’État a décidé de ne pas se laisser intimider. Au point que des poursuites pénales sont engagées contre trois manifestants qui, lors de sa visite la semaine dernière à Sélestat, lui ont fait un doigt d’honneur et l’ont injurié : ils seront jugés en septembre sur reconnaissance préalable de culpabilité par le tribunal de Colmar pour outrage sur personnes dépositaires de l’autorité publique. Les coupures d’électricité imposées au président dans la ville alsacienne donnent lieu également à des poursuites de l’Etat et d’Enedis.

La ministre de la culture, Rima Abdul-Malak, elle non plus ne s’est pas laissée faire et a pris le micro hier soir pour répondre aux accusations d’artistes protestataires pendant la cérémonie des Molière. Elle a ensuite été chahutée par nos têtes à casseroles ! Sans oublier Pap Ndiaye, ministre de l’Education Nationale, à Lyon puis à son retour à la gare de Lyon.

On le voit sur les réseaux sociaux, les agendas de déplacement de ministres donnent lieu à des appels à rassemblement de plus en plus organisés. Un peu comme une chasse à l’homme qui de jour en jour se structure. Pour Vendôme, le comité d’accueil, tenu à bonne distance par la gendarmerie et la police, risque d’être costaud.

Des intellocrates parisiens qui flirtent avec les complotistes, tels Alexis Poulain, vont même jusqu’à communiquer le lieu et l’horaire précis d’arrivée du chef de l’Etat. Audience garantie !

De belles empoignades, espérons que verbales, sont donc possibles aujourd’hui à Vendôme dans le Loir-et-Cher dans la toute jeune maison de santé pluridisciplinaire universitaire. Espérons que le bruit des casseroles ne nous empêchera pas d’entendre les solutions que le chef de l’État et le ministre de la santé François Braun comptent mettre en œuvre pour résoudre l’équation impossible des déserts médicaux. 

L’exaspération des soignants, regroupés dans de nombreux collectifs protestataires, l’humiliation infligée, après l’échec des négociations avec la CNAM, par l’augmentation d’à peine 1,50 euros de la consultation du médecin généraliste ou spécialiste risque de faire converger à Vendôme et surtout le 1er mai des blouses blanches avec des gilets jaunes et, donc, des têtes à casseroles.

Ces manifestants, souvent groupusculaires reconnaissons-le, mauvais joueurs devant la bataille perdue des retraites, ne représentent guère que la galaxie des Insoumis et des syndicats les plus radicalisés dont l’Intersyndicale dansera son chant du cygne le 1er mai. Ils finiront par lasser les Français !

Vétérans des ronds-points, syndicalistes radicaux, insoumis extrémisés ou infiltrés, porte-voix de cette colère française dont la majorité silencieuse vote Le Pen bien plus que Mélenchon ? 

Et si ces femmes et ces hommes – casseroles étaient les nouveaux gilets jaunes ?

 

Michel Taube

 

Directeur de la publication