Edito
19H02 - lundi 21 novembre 2022

Des enfants à Matignon ? Commençons par rectifier la Convention internationale des droits de l’enfant. L’édito de Michel Taube

 

Source : gouvernement.fr

Elisabeth Borne a donc passé la journée de lundi à refaire le monde avec des enfants autour d’un Conseil des ministres des enfants. La cheffe du gouvernement a ainsi mis la prime jeunesse à l’honneur au lendemain de la Journée mondiale des droits de l’enfant, le 20 novembre marquant l’adoption de la Convention internationale du même nom en 1989.

Nous le disons souvent : la plupart des conventions internationales ont été rédigées et adoptées à une époque révolue, en un temps où des valeurs égalitaristes et angéliques pour un monde pacifique et pacifié gouvernaient des juristes en mal d’idéalisme universel.

Les enfants ont leur convention internationale et celle-ci est aujourd’huii quelque peu dépassée par l’époque dans laquelle nous vivons. Les enfants de 2022 ne sont plus ceux de 1989 !

Résultat, nous encensons tous les ans une convention internationale unilatéraliste, qui déploie une litanie de droits, tous plus légitimes les uns que les autres dans l’absolu, en évacuant les devoirs de l’enfant et le respect de l’autorité parentale qui doit concourir à leur éducation.

Certes, cette convention entend protéger tous les enfants contre toutes les violences, les discriminations, les injustices qui peuvent les frapper, ce en quoi elle est d’une grande utilité. Mais elle consacre aussi l’enfant roi et lui donne beaucoup de droits…. et aucun devoir.

79 fois le mot droits est employé dans cette convention. Le mot « devoirs » ? Une seule fois…. pour les devoirs de ses parents.

En France, en Occident, où les droits et les libertés individuels sont devenus les Tables de la loi, combien d’enfants sont sortis de cours ou d’expositions sur cette convention en disant à leurs parents : « maman, papa, j’ai tous les droits ! ».

Entendons-nous bien : il ne s’agit de retrancher aucun article de la Convention, mais d’en ajouter au moins un. Et il est majeur !

Il est profondément choquant que le préambule de la Convention, qui pourtant vise à la contextualiser, ne mentionne jamais les devoirs d’amour, de respect et d’obéissance des enfants à l’égard de leurs parents, comme condition même d’une société harmonieuse dans laquelle ils puissent s’épanouir. On pourrait y ajouter les devoirs de respect vis-à-vis des enseignants et de toutes celles et ceux qui concourent à l’éducation et à l’éveil au monde des enfants.

Serait-il choquant d’ajouter un article : « Les enfants doivent respect et obéissance à leurs parents et aux institutions comme l’école qui leur transmettent les connaissances et les valeurs qui leur permettront de s’épanouir ».

Certes, comme indiqué dans la Déclaration des droits de l’enfant, « l’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans le milieu familial, dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension ». Mais le respect des parents, l’autorité parentale qui, elle aussi, n’est jamais mentionnée dans la Convention des droits de l’enfant, conditionnent ce « climat » familial qui explose depuis quelques années !

Car le respect dû à la famille et à la société a littéralement volé en éclat dans cette génération d’enfants nés à partir des années 2000. Âgés de 10 à 18 ans, ces enfants donnent parfois l’impression de préférer leur tablette ou la bande du quartier à leurs parents.

Puisque la convention,  jamais en mal de multiculturalisme, insiste quelque part sur « l’importance des traditions et valeurs culturelles de chaque peuple dans la protection et le développement harmonieux de l’enfant », convenons que nos traditions sont celles d’un équilibre constant entre droits et devoirs.

Même pour nos êtres les plus chers !

 

Michel Taube

Directeur de la publication