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15H21 - samedi 9 avril 2022
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Les NFT sont partout. Tribune d’Aksel Piran et Christophe Lyard

 

Cathexis by Xsullo – Pak

A la veille du Paris NFT Day et dans le cadre du Paris Blockchain Week Summit, Aksel Piran, dirigeant du club d’investisseurs CP3 Ventures et collectionneur de NFT depuis 2020, et Christophe Lyard, consultant évènementiel, fondateur  & web3 pour Opinion Internationale, décryptent les enjeux d’un marché en pleine explosion et d’un nouveau monde qui s’ouvre à nous.

Les NFT envahissent le monde : les recherches sur Google sur ce nouveau terme ont explosé, les grandes entreprises ont commencé à les frapper, la ville de Cannes a décidé de transformer son patrimoine en NFT, et même le Royaume-Uni a décidé d’éditer un NFT officiel à son effigie. Alors, quelle sera la prochaine étape ?

Dans le monde de la crypto économie, 2021 a été l’année du décollage du marché des jetons non fongibles ou NFT. Posséder un NFT dans son portefeuille de cryptomonnaie, c’est détenir une « preuve de propriété » d’un objet numérique – ou tangible – de toute nature. L’innovation dans le domaine de la propriété réside dans le fait que la blockchain est publique et permet de consulter l’historique intégral du jeton, de sa création à son état actuel, avec une provenance incontestable et une transparence totale.

Naturellement, les artistes ont été dès 2014 les premiers à s’intéresser aux possibilités offertes par cette technologie mais ce n’est qu’après la création d’un type de jeton non fongible particulier, l’ERC-721, sur la blockchain Ethereum et l’arrivée du covid-19 et des confinements généralisés dans le monde occidental que l’on a pu constater un véritable frémissement du marché vers mars 2020. Jusque-là, la collection la plus représentative du monde du NFT était indiscutablement les Cryptopunks, collection composée de 10000 avatars en pixel art, œuvre de Larva Labs de 2017 qui a inspiré et continue d’inspirer les artistes du monde entier.

Le décollage des prix a quant à lui commencé au mois de décembre 2020 lorsque Beeple, un artiste déjà mondialement célèbre dans la sous-culture geek avec ses ‘everydays’, des œuvres digitales réalisées au cours d’une seule journée et immédiatement postées sur les réseaux sociaux, a vendu une importante collection de NFT. Le choix de la plateforme Nifty Gateway a également joué un rôle dans le succès de ce drop et de la phase d’engouement qui a suivi car c’est une plateforme de NFT qui avait déjà la double particularité d’accepter les dollars comme option de paiement et de ne pas nécessiter d’avoir préalablement créé un portefeuille de crypto actifs. En effet, acheter des NFT supposait jusque-là de posséder des cryptomonnaies sur un portefeuille crypto, ce qui est quelque chose de complexe à comprendre et à mettre en place pour un profane.

Ainsi, ce drop a marqué l’ouverture de ce marché à un nouveau public, au-delà d’un cercle d’initiés d’environ 20000 collectionneurs au niveau mondial. Dans les semaines qui ont suivi, les milliers d’œuvres vendues moins de 1000 dollars en ‘open edition’ (édition illimitée pendant un court laps de temps) lors de ce drop ont atteint des sommets à plus de 100.000 dollars. 

En peu de temps, d’innombrables artistes digitaux, des plus célèbres jusqu’aux anonymes, et des investisseurs de tous bords ont déferlé sur ce marché, propulsant les prix de sommet en sommet au cours de 2020 avec des phases de mini-bulle suivies de crash retentissants. La recherche de valeur était frénétique. Fallait-il acheter les tout premiers NFT produits, ceux des artistes avec un grand nombre de followers sur Instagram, ceux promus par des influenceurs célèbres comme Gary Vaynerchuck ou Paris Hilton, ou ceux d’artistes tels que Murat Pak ayant énormément innové dans l’utilisation du token comme nouveau medium artistique ? Le débat fait toujours rage à coups de millions mais des tendances émergent désormais.

Aujourd’hui, nous sommes arrivés à un moment charnière avec la domination financière incontestable de Yuga Labs sur le marché avec sa collection des Bored Ape Yacht Club lancée en avril 2021. Cette collection de 10000 avatars de singes vendue initialement pour 0.08 Ethereum (environ 200 euros) vaut aujourd’hui 350.000 euros au « floor price », c’est à dire pour le moins cher d’entre eux. Yuga Labs est depuis sorti de son anonymat puis s’est constitué en société pour lever plus d’un demi-milliard de dollars auprès du plus important fonds de capital risque de la planète, Andreessen Horowitz.

Parallèlement, à l’annonce de leur levée de fonds, Yuga Labs a également acquis les droits commerciaux des Cryptopunks auprès de Larva Labs, bouclant ainsi la boucle et devenant un équivalent d’un GAFAM dans le domaine du NFT.

Cette étape marque clairement la fin de la phase initiale et chaotique de découverte du marché. On entre désormais dans une phase plus mature que nous analyserons dans les semaines qui viennent et notamment à l’occasion du NFT Day ce mardi 12 avril 2022 à Paris, dans le cadre de la Blockchain Week.

 

Aksel Piran

Dirigeant du club d’investisseurs CP3 Ventures et collectionneur de NFT depuis 2020.

Retrouvez Aksel sur son compte twitter https://twitter.com/akselgg via son Club www.cp3.vc

Christophe Lyard

Consultant évènementiel, fondateur de Futuria Production et Web3 pour Opinion Internationale

 

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