Afriques demain
16H58 - vendredi 5 novembre 2021

Et si l’Afrique se relevait par son économie ? Passons à l’action avec la ZLECA ! 

 

Au-delà des conséquences de la pandémie et des situations plus que scabreuses dans certains pays, notamment au Sahel ou en Guinée, un plan stratégique économique pour le rebond de l’Afrique va devoir s’imposer. Comme le dit Carlos Lopès, « l’Afrique doit se retrousser les manches et passer à l’action » !

 

La toujours Secrétaire Générale de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), Vera Songwé, qui a succédé à Carlos Lopès, s’emploie, comme lui, à tenter d’accélérer l’industrialisation et l’intégration de l’Afrique, et cela en toute étroite collaboration avec l’Union Africaine (UA).

 

De son côté, l’UA a articulé ses grandes ambitions par la communication de son « Agenda 2063 », certes ambitieux, avec des échéances assez lointaines, mais on peut lui reconnaître l’énergie déployée, concrètement, à faire vivre, très vite, cette « Zone de Libre Echange du Continent Africain » ( ZLECA) en mettant en œuvre, déjà, les premiers accords intra africains : baisse ou nullité des taxation entre pays, facilitation douanières, etc.

 

Les signatures de nombreux pays ont été déposées très vite, presque à la surprise générale, même si certaines tracasseries administratives ont pu, ou peuvent encore, ralentir la mise en œuvre : la ZLECA fonctionne et doit fonctionner. A ce jour, 39 pays africains ont ratifié le traité instaurant la ZLECA.

Cependant, l’Afrique est consciente, dit-on, que les partenariats extérieurs n’iront pas, forcément, dans le sens attendu, de solidarités, de pactes gagnants- gagnants, en raison, entre autres, du Covid ou des risques d’insécurité, voire d’instabilité politique. Ces partenaires classiques peuvent voir cette création de zone d’un œil un peu inquiet, craignant d’être désavantagés, dans ce qui est, bien sûr, un marché pour eux, un marché du monde.

C’est là où l’Afrique doit compter sur elle-même, et notamment, au-delà de la pandémie encore active, en donnant priorité aux objectifs de développement durable, et cela pour le maximum de pays signataires, comme le soutient le Président de la RDC, Félix Tshisekedi, président depuis le début 2021 de l’Union Africaine.

Transformer ce marché potentiel de 1.2 Milliards de personnes, dont certaines sont dans des pays enclavés, provoquant ainsi une fragmentation économique, aggravée aussi par les « fractures » régionales n’est pas une mince affaire.

 La ZLECA peut être l’occasion de rééquilibrer les économies Africaines entre elles, sans étouffer pour autant les initiatives de chaque Etat. L’Union Africaine est là, justement, pour arbitrer ces évolutions de production, d’industrialisation, de relance des zones Agricoles et parvenir ainsi aux échanges internationaux, et même demain, intercontinentaux, comme le laisse espérer, l’économiste Abdoulaye Wally Faye.

Chacun sait que tous les pays ne sont pas égaux dans leur chance de parvenir à ces croissances unifiées, et la prise de conscience de la nécessité de produire sur place, de ne pas exporter les matières premières brutes, avant transformation, tout cela doit être le bréviaire des dirigeants politiques actuels ou disons plutôt futurs.

L’assouplissement administratif qui se fera jour au fil du temps ne pourra que faciliter ces échanges entre pays du continent, et notamment par le privilège du « secteur privé ».

Bien entendu, pas de développement économique, y compris sur ce terrain, sans un progrès social et même sociologique, qui ne s’atteindra que par le « pari de l’amélioration de l’Education », dans le sens le plus large du terme : en faveur des jeunes enfants, en faveur des femmes, en faveur aussi des formations techniques. Ce n’est que justice, comme l’a souvent dit l’ancien Ministre et Diplomate Sénégalais Cheikh Tidiane Gadio , défenseur du «  panafricanisme ».

Alors , oui, le Panafricanisme peut sauver l’Afrique, peut renforcer sa position commerciale sur le marché mondial, et bien entendu la place de l’Afrique dans les échanges européens après avoir favorisé cette interdépendance Africaine, détachée de la dépendance extérieure mais qui nécessitera aussi ces réformes de gouvernance des pays.  L’œil moins conciliant de l’Union Africaine, et aussi celui plus engagé des Communautés économiques Régionales, devront porter plus d’attention aux crises locales. Cela n’est en rien contradictoire avec une relation assainie Union Africaine / Union Européenne. DE même, il s’agit de retrouver des relations claires avec les Etats-Unis, renouant des liens en démontrant des politiques intérieurs stables et démocratiques.

Il reste, ne nous y trompons pas, encore à convaincre pour que les derniers pays restants se décident à intégrer cette Zone de Libre Echange : encore 16 irréductibles, après le dernier signataire de ce mois-ci, la Tanzanie.

Le Coordonnateur Africain pour la politique Commerciale (ATPC) de la Commission CEA, David Luke, croit, comme Véra Songwé, en la ZLECA, « seule voie du continent vers le développement durable » et vers tant d’autres progrès.

 

Alain Dupouy

Chroniqueur Opinion Internationale

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