Edito
12H01 - lundi 1 mars 2021

Quand la foule défie le virus… ou la gestion Macron. L’édito de Michel Taube

 

Une quarantaine de députés de tous bords (dont l’élu LR de Colmar, Jacques Cattin), emmenés par Richard Ramos, proposent de rouvrir les restaurants à midi dans une tribune dans le JDD. Mais à en juger au comportement des Français et à l’incapacité désormais chronique de l’État de faire respecter les règles qu’il édicte, nos amis amateurs, comme nous, de bonne chair, auraient tort de se contenter de cette demi-mesure. Tout peut rouvrir dès aujourd’hui, avions-nous écrit, arguments à l’appui, sauf évidemment s’il faut tout fermer, ou presque, dans les seules zones à flambée épidémiques d’un variant, parce qu’il serait inacceptable que les services de réanimation soient saturés et que l’on meure étouffé sur un brancard ou dans sa voiture.

A Paris hier, sur les berges de la Seine ou dans les parcs parisiens, on se serait cru dans le monde d’avant. La foule ! Après tout, pourquoi pas ? L’entassement dans les transports est encore pire, bien pire. Mais si on s’en inquiète, la réponse est invariable : « aucune étude n’a prouvé que… ». Oui, pourquoi ne pas sortir se promener quand il fait beau ? Si une chose a bien été prouvée, en particulier en Espagne, c’est qu’on peut se retrouver dans les lieux clos, en l’occurrence une salle de concert, même sans grande distanciation physique, sans pour autant contracter le Covid-19. Mais à une condition : LE PORT DU MASQUE ! Or, par ce doux et ensoleillé dernier dimanche de février, les porteurs du masque se faisaient rares, alors qu’il est notre meilleur bouclier, en particulier lorsque la distanciation physique est impossible.

Il faut dire que les campagnes en faveur des gestes barrières sont devenus sporadiques et d’une naïveté symptomatique de l’échec de la communication gouvernementale, en particulier à l’égard des jeunes, depuis le début de la crise.

L’être humain fonctionne à la carotte et au bâton depuis l’aube de l’humanité. Souvent, le bâton n’a de légitimité et d’efficacité que si la carotte est disponible, ou que sa perspective est réalité. La carotte, c’est le vaccin, gage d’un retour à la vie normale (et s’il le faut, avec un passeport sanitaire !). Mais quand on compare les chiffres de l’Union européenne à ceux des États-Unis, et ceux de la France (pas une seule dose de vaccin n’y a été produite à ce jour !) à ceux des autres pays européens, on ne peut que douter que nous soyons la sixième puissance économique du monde.

On ne saurait toutefois soutenir que ces promeneurs non masqués du dimanche ensoleillé ignorent, après une année de pandémie, qu’il faut porter le masque, même en extérieur. Il faut cesser, au nom des libertés (celle de tomber malade, de rendre les autres malades, de démolir l’économie et le vivre-ensemble ?), de faire montre de tolérance et même de soumission devant certains comportements, alors que l’on verrouille sans discernement les restaurateurs, les professionnels du spectacle, de la culture, du sport…

Une forte présence policière serait dissuasive, ou plutôt persuasive, s’agissant de porter le masque. Il faudrait d’ailleurs cesser d’en exempter les joggers, du moins en zone de forte promiscuité. Même Anne Hidalgo (où sont d’ailleurs passés ses policiers municipaux ?) avait naguère admis leur forte propension à diffuser le coronavirus. Et s’il faut dresser des PV en masse, alors faisons-le. Les bonnes âmes (comme celles qui veulent désarmer la police) ne veulent comprendre que l’on montre le bâton pour ne pas avoir à s’en servir. La dissuasion est une des clés de la prévention, l’autre étant la pédagogie. L’avoir oublié explique la faillite de notre justice pénale et la déliquescence de l’État de droit.

Ce qui s’est produit ce week-end à Paris et dans de nombreuses villes de France devrait au moins conduire le gouvernement à faire droit à la demande des restaurateurs d’ouvrir à midi, mais là aussi, sous réserve du strict respect d’un protocole sanitaire (à l’image de celui plus ou moins appliqué dans la restauration collective).

Le président de la République n’avait-il pas dit qu’il fallait vivre avec le virus ? Il semblait commencer, en refusant le confinement général, à avoir le courage (ou la peur de la révolte ?) de résister aux mandarins hospitaliers qui réclament à cors et à cri un confinement radical ? Le couvre-feu apparaît comme un commencement de souplesse, mais il reste une mesure brutale et aveugle, bien que pas respectée partout, comme d’habitude. Comme le confinement, il est une mesure de facilité, alors qu’il faut faire du sur mesure, de la dentelle, non seulement sur le plan territorial (la promesse originaire de Jean Castex), établissement par établissement. Tout rouvrir, ce n’est pas forcément tous les établissements, mais tous les secteurs d’activité dans les zones et territoires où la courbe épidémique baisse. Les autres pourraient rester sous perfusion d’argent public jusqu’à l’immunité collective promise par le vaccin.

Mais, ne soyons pas trop impatients, Emmanuel Macron nous l’a promis : tous les adultes auront été vaccinés d’ici la fin de l’été 2021 !

 

Michel Taube

 

Invitation au prochain  Webinaire Ensemble Prévention
Covid* :

 


Covid : pour un  Matignon de la Santé publique et de la prévention mercredi 17 mars 2021 à 19h30

 


*Partenaires de la campagne “Ensemble Prévention Covid” : FNI (Fédération Nationale des Infirmiers), U2P (Union des Entreprises de Proximité), SML (Syndicat des médecins libéraux), FNO (Fédération Nationale des Orthophonistes), CSMF (Confédération des Syndicats Médicaux Français), FFMKR (Fédération française des Masseurs-Kinésithérapeutes Rééducateurs), France Active – FNEAPL (Fédération Nationale des Entreprises des Activités Physiques de Loisirs), FSPF (Fédération des Syndicats Pharmaceutiques Français), IDP (Institut de Droit Pratique), SNIIL (Syndicat National des Infirmières et Infirmiers Libéraux), SNVEL (Syndicat National des Vétérinaires d’Exercice Libéral), UMIH, (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie), UNAPL (Union Nationale des Professions Libérales), Opinion Internationale.

Directeur de la publication