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11H59 - vendredi 4 décembre 2020

Alexandre Dumas, plus qu’un auteur, un homme, humain et humaniste

 

C’est un énorme raté de la presse française. Énorme de talent, de joie, de vie comme l’était Alexandre Dumas. Mort il y a cent cinquante ans, le 5 décembre 1870, les médias auraient pu rivaliser de dossiers spéciaux consacrés au grand, à l’immense, au dionysiaque auteur des Trois Mousquetaires, du Comte de Monte-Cristo et d’une œuvre monumentale dont pourtant les journaux de l’époque ont fait leurs choux gras. Opinion Internationale ne l’oublie pas !

 

Dossier en trois articles :

Alexandre Dumas, Dieppe, la mer, 1870. Chronique pour la nouvelle époque de Jean-Philippe de Garate

André Bellon : « Alexandre Dumas oublié ? Il était tant aimé des Français »

Alexandre Dumas, plus qu’un auteur, un homme, humain et humaniste

 

« Tout ce qui m’entoure est libre de me quitter […]. Voilà peut-être pourquoi on ne me quitte pas. »

Alexandre Dumas dans Le Comte de Monte-Cristo

 

Pour la plupart il est l’auteur de romans d’aventure, un genre réservé aux enfants pour ne pas dire, un genre mineur. Pourtant, il est bien plus que ça. Auteur engagé, romantique, aussi dans le sens idéaliste, il parle en réalité à toutes les générations. Depuis des générations. Et sa voix porte très loin au-delà des frontières.

Je pourrai le raconter en chiffres, du nombre de ses romans, à celui de leurs ventes, traductions, adaptations au cinéma… mais, je préfère l’illustrer par une petite anecdote qui m’a été rapportée.

C’est l’histoire d’une famille qui, ayant fui la France pour des raisons politiques, pendant une certaine guerre, se réfugia un jour à Prague. À leur arrivée, la femme, une tchécoslovaque, chargée de leur forger une nouvelle identité leur choisit le nom de « Dumas » en hommage à Alexandre, parce que, tout simplement, pour elle il était la France.

Mais revenons à l’écrivain.

J’ai rangé mes Dumas avec ma bibliothèque verte il y a bien longtemps. Pourtant, comme tous les Français sans doute, il fait partie de moi. De ma culture. Mon univers. Patrimoine national autant que familial. Il est comme ce vieux parent dont la photo sommeille dans une boîte à chaussures, mais qu’on retrouve chaque fois avec le même sourire. Ah, oui, tonton Machin, il en avait de bonnes !

Alexandre Dumas, le plus Français des auteurs français, avec ses Trois Mousquetaires qui étaient quatre, ses Comte de Monte-Cristo, Vicomte de Bragelonne, Vingt ans après, et tant d’autres, était petit-fils d’une esclave. Jusque aujourd’hui, peu le savent – et il n’y a aucun doute qu’il est une de ces exceptions qui confirment la règle dans l’histoire de l’intégration de son époque –, peut-être cela vaut-il mieux. Il risquerait d’être réduit par certains revanchistes et simplificateurs d’histoire, ce que lui n’était pas, à cette seule origine.

Or il était bien plus : un homme de conviction, républicain dans l’âme, qui aimait les femmes, la bonne chère, les belles lettres… la vie, quoi ! Lui qui avait commencé sa carrière d’auteur au théâtre était aussi poète, et philosophe : « On ne voit de beaux papillons que quand on est jeune, disait-il. Plus tard viennent les guêpes qui piquent, puis les chauves-souris, qui présagent la mort. »

Ayant perdu son père, un héros, général de la Révolution, à l’âge « où l’on ne sait pas ce que c’est que la mort et où l’on sait à peine ce qu’est un père », écrit-il dans son roman Catherine Blum, a offert à tous les enfants, les petits et les grands, des aventures à lire et raconter au bord du lit. Comme un père le ferait. Portées par un style vif, vigoureux, généreux, et tellement léger. Laissant ainsi sa marque sur la littérature, française et universelle.

 

Catherine Fuhg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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