Afriques demain
15H21 - samedi 21 novembre 2020

Burkina Faso : l’exception. La chronique de Michel Scarbonchi

 

Après des élections présidentielles contestées, en Guinée et en Côte d’Ivoire, un coup d’Etat militaire au Mali et une élection incertaine au Niger, en décembre prochain, (qui dépendra du sort réservé, in fine, au leader de l’opposition, Hama Amadou), s’est donc tenue dimanche 22 novembre, celle du » pays des hommes debout », le Burkina-Faso. Lequel semble une exception !

Plus petit et plus pauvre territoire du Sahel, il a mieux résisté que ses voisins à la déstabilisation du terrorisme islamiste et au Covid19.

Pourquoi et comment ?

Quand, en 2015, Roch Kaboré devient Président de la République, peu d’experts pariaient sur sa réussite pour succéder au charismatique Blaise Compaoré qui régna de 1987 à 2014 sur le « petit poucet » sahélien.

Néanmoins, malgré les crises, nombreuses et fortes—terrorisme, économie, déplacement de population, covid19—il réussit à stabiliser le pays, à le sécuriser et à le développer.

Probablement grâce à ses trois qualités de gouvernance que lui attribue son ami, Abdoulaye Bio-Thane, Ministre du Plan et du Développement du Bénin « courage, pragmatisme et détermination qui sont la marque d’un véritable homme d’Etat ».

Ayant surmonté le choc des attentats et attaques des islamistes (prés de 2500 victimes en 2019) en menant un programme anti-radicalisation de formation et d’emploi des jeunes afin d’assécher les recrutements djihadistes ; surmonté le choc du Covid19 en confinant les populations devenant ainsi l’un des meilleurs élèves de l’OMS dans la lutte contre la pandémie ; surmonté le sous-développement par une politique de réformes pertinente (50% du pays a l’électricité et un véritable réseau routier) ; surmonté les divisions ethniques et politiques en se posant en fervent réconciliateur.

Pour toutes ces raisons, Roch Kaboré devrait être réélu dans une élection présidentielle et législative qui s’est déroulée dans de bonnes conditions, ce qui, en Afrique, hélas, est rarissime et où pour la première fois, la diaspora va voter.

Gageons qu’il pourrait être élu dès le premier tour sans réelles contestations et sans drames.

Ce qui serait un soulagement pour le Sahel ; mais aussi pour la France qui dans sa lutte contre le terrorisme dans cette partie de l’Afrique ne peut réussir sans le soutien de chefs d’Etat bénéficiant de l’approbation d’une large majorité de leurs peuples.

 

Michel Scarbonchi

Consultant international, ancien député européen

 

 

 

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