Edito
11H49 - mercredi 11 novembre 2020

Celles et ceux de 2020. L’édito de Michel Taube

 

En panthéonisant Maurice Genevoix, écrivain connu des enfants (l’auteur de ces lignes a été bercé par « Mon ami l’écureuil »), mais aussi « poilu de 14 » et auteur du célèbre « Ceux de 14 », Emmanuel Macron parachève la célébration du Centenaire de la Grande Guerre qu’avaient initiée ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande et dont le chef d’orchestre aura été jusqu’à ce jour Joseph Zimet, aujourd’hui préfet de la Haute-Marne. 

Bleuet de France à la boutonnière, en saluant la mémoire de « Ceux de 14 » par la célébration, dans le même 11 novembre, du Centenaire de l’inhumation du Soldat inconnu, dont la sépulture repose sous l’Arc de Triomphe et dont la flamme est désormais éternelle, et du désormais Grand Homme Maurice Genevoix, Emmanuel Macron va actualiser le propos de 14-18 dans notre époque tourmentée.

En effet, au Panthéon ce soir, Emmanuel Macron cherchera une fois de plus à rassembler les Français dans une communion républicaine historienne dont il se délecte depuis son élection à la Présidence de la République. On se souvient de sa longue itinérance mémorielle en novembre 2018 dans les territoires qui furent le théâtre de la première Guerre mondiale, de l’Alsace aux confins des Hauts-de-France, ponctuée par un 11 novembre 2018 solennel à l’Arc de Triomphe en présence d’une centaine de chefs d’Etats du monde entier. 

 

Ceux de 14 sont-ils celles et ceux de 2020 ?

Ces derniers mois, Emmanuel Macron a abusé du langage de guerre en parlant de la gestion de la crise du coronavirus. Qu’elle est déjà loin son allocution du 16 mars 2020, véritable déclaration de guerre de la France contre la pandémie.

Guerre aussi, civile en bonne partie, contre l’islam radical, dont le président a trop tardé à mesurer l’ampleur mais dont le discours des Mureaux le 2 octobre dernier ne tolère enfin aucun compromis.

Après « ceux de 14 », après « ceux de 39-45 » (il reste deux Compagnons de la Libération encore en vie et quelques centaines d’autres qui se sont battus pour la France libre dès 1940), qui sont ceux de 2020 ? Pardon, celles et ceux de 2020 car désormais les femmes sont autant, voire plus, en première ligne que les hommes…

Celles et ceux de 2020, ce sont nos premiers de cordée qui se battent jour et nuit contre le coronavirus : les médecins, les infirmiers, les pharmaciens, mais aussi les aides-soignants et tous les corps de métier qui font tourner le pays (des caissiers aux livreurs, des agents énergéticiens aux opérateurs de transport). Nous leur avons souvent rendu hommage, notamment le 14 juillet dernier.

Celles et ceux de 2020, ce sont aussi les combattants contre l’islam radical : les soldats morts pour la France dans les OPEX, les opérations extérieures où la France est engagée, notamment au Sahel (et auxquels Opinion Internationale rend hommage avec des initiatives qui renouvellent les modes de commémoration), – n’oublions pas les fonctionnaires et les civils français morts pour la même cause sur le sol national -, les musulmans laïcs engagés dans la modernité et fiers d’être Français, les élus et les citoyens qui ont décidé de ne plus céder une once d’accommodement avec des personnes qui considèrent que la charia est supérieure aux lois de la République.

 

Macron et ceux de 2020…

Ce soir au Panthéon, à l’adresse de celles et ceux de 2020, nous aurons droit, une fois de plus, à un beau et grand discours d’Emmanuel Macron.

Car Emmanuel Macron a une pensée performative et en politique, c’est suicidaire. En pensant que ses mots tiennent lieu d’action, il oublie que les mots ne sont que le début, tout juste l’étincelle, d’une action qui consiste surtout à diriger les hommes, à organiser l’intendance et à mettre en œuvre des plans d’action efficaces et audacieux. Sur ces terrains-là, la macronie et son chef au premier rang ont échoué : (absence de) réforme de l’Etat, réponses aux gilets jaunes, réforme des retraites, gestion de la première vague pandémique, lutte contre l’islamisme n’ont pas entraîné, et de loin, la « révolution » promise par le candidat Macron en 2017.

Nous sommes donc en guerre. Le problème, c’est qu’une guerre ne se joue jamais dans les mots seuls. Des discours martiaux ne tueront jamais un ennemi. Tout juste peuvent-ils galvaniser des troupes. Et de trop beaux discours non suivis d’effet, c’est encore plus dévastateur pour des troupes hier ragaillardies et qui finissent par se sentir abusées.  

En guerre, le champ de bataille, ce n’est pas la feuille blanche sur laquelle un président de la République, va coucher un grand discours, aussi investi fut-il des pouvoirs les plus étendus (Vème  République oblige) et de l’inspiration la plus métaphysique soit-elle.

Ceux de 14 l’ont connu à leurs dépens pendant les premières années de la première guerre mondiale avec des dirigeants politiques et militaires qui n’étaient pas à la hauteur.

Et pour tout dire, celles et ceux de 2020 sont plutôt, en effet, « ceux de 14 », et non « ceux de 18 » ! Bref nous ne sommes qu’au début de deux guerres mondiales et civiles, contre le Covid et les prochaines pandémies d’une part, contre l’islam radical d’autre part. De là à penser que ce sont d’autres chefs de guerre qui nous feront gagner ces deux sales guerres…

 

Michel Taube

 

 

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