Afriques demain
09H29 - jeudi 1 octobre 2020

Ibrahima Sakho : « face à la crise politique en République de Guinée, le peuple est avide de changement »

 

La Constitution de 2010 qui certes n’a pas été soumise à l’approbation du vote du peuple de Guinée mais néanmoins elle a été approuvée unanimement par l’ensemble de tous les acteurs politiques, la société civile, les syndicats et les militaires.

Cette Constitution adoptée en 2010, stipule en son article 27 que le Président de la République a droit à un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois et interdit explicitement toute possibilité de troisième mandat « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ou non ».

En d’autres termes plus clairs, le Président actuel Alpha Condé, 82 ans et après dix ans passés au pouvoir ne peut sur le plan légal se représenter pour un troisième mandat et ne peut non plus prétendre à un nouveau mandat suite à la promulgation de la nouvelle Constitution du 22 mars 2020 car la non rétroactivité des lois qui est fondamentale dans toute application de nouvelles normes ne le lui permet pas.

Dans la mesure ou le Président de la République Alpha Condé pour briguer un troisième mandat foulerait du pied la Constitution de 2010 sur laquelle il a prêté lui-même serment deux fois de suite, cela serait un recul démocratique et aura des conséquences graves sur la stabilité et la paix dans notre pays.

Par ailleurs et au regard de la corruption généralisée, de l’injustice, de l’insécurité galopante et de la misère sociale à la fois indescriptible et insupportable que vivent les guinéens durant les dix dernières années de mandature du Président actuel Alpha Condé, 82 ans même si ce dernier se targue d’un bilan positif discutable dans le domaine de la construction des barrages hydroélectriques, de la révision du code minier et de la réforme de l’armée; il serait moralement difficile d’accepter que celui-ci et tous ceux qui l’ont accompagné jusqu’ici puissent s’éterniser au pouvoir alors quand bien même qu’ils ont montré et démontré leurs limites et leurs incapacités à gérer de façon saine les affaires de l’Etat pour donner au peuple de Guinée le strict nécessaire pour qu’il mène une vie décente : électricité, routes, eau potable, hôpitaux, écoles, sécurité etc.

 

Le bilan des années Alpha Condé : le sentiment d’un immense gâchis 

En Guinée, les exemples sont nombreux de grands projets qui n’ont jamais abouti et qui sont à l’arrêt ayant englouti des sommes faramineuses pour des résultats très maigres :

–        Que ce soit le Barrage hydroélectrique de Kaleta (240 MW), avec un investissement de plus de 446,2 millions d’euros.

Résultat : Aucune ville en Guinée n’a d’électricité 24/24 et 7J/7, des délestages intempestifs  empoisonne le quotidien des habitants dans la capitale Conakry.

–        Sur 48981 km de réseaux routiers, seuls 5% des réseaux routiers ont été bitumés et en grande partie entre 1958-1984 sous la première République et durant les dix dernières années de gouvernance du Président Alpha Condé, il n’a été réalisé que 250 km de réseaux routiers ( source : Agence Ecofin, du 24/07/2020) malgré des millions d’euros investis et aussitôt « évaporés ».

–        En dix ans de gouvernance de Alpha Condé, aucun nouvel hôpital n’a été construit dans aucune des 33 préfectures du pays et seule une réhabilitation d’une aile (10%°) de l’hôpital de Donka (Capitale Conakry) avec plusieurs millions d’euros investis, des infrastructures vétustes et datant de l’ère coloniale.

–        Plusieurs projets sociaux dotés de plusieurs millions d’euros pour lutter contre la pauvreté ou aider les collectivités à se développer ont été mis en place depuis novembre 2019 comme ANIES (Agence nationale d’inclusion économique et sociale), ou encore ANAFIC (Agence nationale de financement des collectivités Locales) etc. Des sommes énormes décaissées mais jusqu’à ce jour qui n’ont jamais bénéficié aux destinataires finaux : La population guinéenne.

Pour sortir de cette crise politique et offrir aux Guinéens un avenir, il est indispensable que tous les acteurs politiques, société civile et syndicats privilégient la voie d’une concertation sincère autour d’accords sur un certain nombre de points qui jusqu’ici nous divisent et nous empêchent d’aller vers la stabilité, la croissance et la démocratie de notre pays la Guinée :

1/ Renoncement par le Président actuel Alpha Condé de toute idée de troisième mandat,

2 / Annulation du referendum constitutionnel et du scrutin législatif du 22 mars 2020,

3/ Non poursuite des auteurs de tous les crimes de sang et de délits financiers commis durant les dix dernières années,

4/ Accorder à l’actuel Président de la République et à tous ses collaborateurs un statut et une protection juridique afin d’éviter tout règlement de compte politique,

5 / Mettre en place un gouvernement de transition politique qui sera composé en parité, de femmes et d’hommes (Mouvance, opposition, diaspora, société civile, syndicat) dont la probité morale aurait été prouvée et qui n’auront jamais appartenu à un quelconque gouvernement des dix dernières années, qui  auront pour missions d’une part de reformer la Cour constitutionnelle, la Cour suprême et la Commission électorale nationale indépendante et ceci afin d’organiser les élections législatives et présidentielles futures, transparentes, crédibles et acceptées de tous et d’autre part traiter les affaires courantes de l’Etat. La durée de ce gouvernement de transition ne doit aucunement dépasser les 12 mois et ceci afin d’éviter que cela ne devienne un coup d’état politique déguisé en transition politique et que ces derniers s’éternisent au pouvoir, ce qui créerait à court terme des nouvelles crises politiques récurrentes dans notre pays la Guinée.

 

Dr Ibrahima Sakho

président du parti Changement, Progrès, Unité pour la Guinée (CPUG)  

 

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