A votre santé
13H36 - lundi 27 juillet 2020

Covid-19 ? Mais laissez-nous le droit de mourir et de tuer ! L’édito de Michel Taube

 

 

Ça recommence. Les indicateurs virologiques virent progressivement au rouge en Europe, les clusters se multiplient en France, la concentration de Covid-19 augmente, certes légèrement, dans les eaux usées à Paris…

Avec une coupable nonchalance, notre cher président nous avait dit le 14 juillet qu’on pourrait peut-être rendre le port du masque obligatoire en août (heureusement qu’il n’a pas empêché son gouvernement d’avancer cette obligation). À la télévision, à la radio où les auditeurs peuvent s’exprimer, et bien sûr sur les réseaux sociaux, on entend à nouveau certains Gaulois, parfois bardés d’un jaune gilet, nous dire que non, le masque, ils ne le porteront pas et qu’il y en a marre d’attenter à nos libertés.

Pour les conforter dans leur criminel égoïsme, on trouve encore quelques médecins qui considèrent qu’il faudrait faire preuve de plus de discernement dans l’obligation de porter le masque. Dans la rue ? Inutile, affirment certains, puisque la distanciation physique d’un mètre peut être respectée. Ces propos sont irresponsables dans la bouche de scientifiques. Rappelons que sur le site du ministère de la Santé, on pouvait lire en janvier 2019 (certes avant que l’épidémie touche la France) que des gouttelettes peuvent se disperser sur 6 mètres en cas de toux ou d’éternuement et que la distance de sécurité devrait être plus importante encore quand on croise des joggers.

On peut comprendre qu’on ne porte pas de masque à 2 heures du matin dans une rue déserte, ou seul en rase campagne. Mais ceux qui soutiennent que ce sésame n’aurait d’intérêt que dans des lieux aussi fréquentés que le mont Saint-Michel ou la butte Montmartre ne se promènent manifestement pas dans les centres-villes en journée. La distanciation physique est un leurre, et une personne contaminée qui éternue ou tousse dans une rue très fréquentée peut en contaminer plusieurs autres.

Dès le début de l’épidémie, nous nous demandions, dans les colonnes d’Opinion Internationale, comment certains médecins peuvent affirmer que protéger ses voies respiratoires, même avec un foulard, était inutile face un virus qui se transmet par lesdites voies. N’ont-ils pas quelques morts sur la conscience ?

Nous le répétons et le martèlerons : le port du masque, et la distribution massive des masques les plus protecteurs, est un impératif de santé publique, la meilleure façon de commencer à protéger soi-même et autrui contre cette sale bête qui circule partout dans le monde. Se laver les mains (à l’eau chaude, ce qui n’a jamais été souligné par les pouvoirs publics), protéger nos aînés, apprendre à se discipliner est une urgence sanitaire aussi importante que de préparer les hôpitaux à encaisser la deuxième vague.

Patrick Pelloux, le célèbre urgentiste, prône le port du masque partout en extérieur, dès que l’on sort de chez soi. Et s’il avait raison en termes de prévention ? Ne serait-ce pas la mesure anti-confinement universelle ? La seule simple à mettre en œuvre et à sanctionner pour les récalcitrants ?

Aux frontières et dans les aéroports de nombreux pays, on impose une quarantaine aux passagers symptomatiques démunis d’un certificat de test PCR récent. À Roissy, Jean Castex, en déplacement très médiatisé à l’aéroport de Roissy, a annoncé le 24 juillet que des mesures analogues seraient mises en place d’ici le 1er août pour les passagers ayant leur résidence en France en provenance de 16 pays à risques (les voyages touristiques étant par ailleurs suspendus). Ailleurs, on prend la température avant l’entrée dans les magasins, restaurants et autres lieux clos.

Ici, on commence à peine à comprendre que l’avis rendu le 29 avril par le Haut Conseil de la santé publique, réfutant l’utilité de prise de température, était une erreur, une de plus, au débit des conseillers médicaux du Prince. En Allemagne, les coordonnées de chaque client d’un restaurant et le numéro de sa table sont relevés pour remonter la chaîne d’une éventuelle contamination.

En Corée du Sud ou en Israël, le traçage par une application de type StopCovid est obligatoire. Ici, l’idée d’imposer aux Gaulois pareille contrainte provoque l’indignation d’avocats et de défenseurs des droits de l’homme, de moralisateurs drapés dans l’éthique, criant à l’intolérable atteinte aux libertés fondamentales. Se mettre (virtuellement) à nu sur Google et Facebook, ça ne les dérange pas. Permettre de retrouver une personne infectée et prévenir son entourage pour sauver des vies, c’est de la dictature hitléro-stalinnienne ! Résultat, l’appli Stop-Covid ne marche pas en France. Son chef d’orchestre, Cédric O, a été récompensé en remerciement de son échec cuisant en étant renouvelé hier soir comme Secrétaire d’Etat au numérique. C’est à n’y rien comprendre des intentions du chef de l’Etat !

Ailleurs, le non-respect du port du masque ou d’autres obligations sanitaires est sévèrement sanctionné. Ici on assassine un chauffeur de bus qui refuse l’entrée à un réfractaire, on baisse les yeux lorsqu’une bande de « jeunes des quartiers » entre dans le métro sans masque, sans jamais être inquiétée par la police ou les agents de la RATP.

Au fait, combien d’amendes de 135 euros ont-elles été dressées dans les métros et les rames franciliennes, lyonnaises, marseillaises et ailleurs en France depuis le 20 juillet ?

Le 14 juillet, le ton du chef de l’État rappelait furieusement celui de son ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, alors que se profilait la première vague du coronavirus : tout va bien, on maîtrise tout ! « Nous serons prêts » en cas de seconde vague, avait scandé le chef de l’Etat. S’agissant de la discipline et du respect des lois, nous avons un Premier ministre qui tape du poing sur la table, et qui fustige des lois et décrets qui ne sont pas appliqués sur le terrain, l’intendance ne suivant pas. Et après, que se passent-ils ?

On a parfois l’impression que beaucoup de Français, inconscients ou hostiles au système dans lequel ils vivent, pensent en eux-mêmes : « laissez-nous le droit de mourir et de tuer ! »

Aujourd’hui, que représente le sacrifice de porter un masque, même en extérieur, si cela peut permettre d’éviter un nouveau désastre sanitaire suivi d’un effondrement économique. Ce geste barrière, si longtemps nié par le gouvernement, doit bien évidemment être complété par un nettoyage ou une désinfection des mains (à l’eau chaude, c’est mieux), aussi souvent que possible, notamment avant de mettre le masque et avant de l’enlever.

#JamaisSansMonMasque, donc, même en été !

 

Michel Taube

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