A votre santé
06H55 - vendredi 29 mai 2020

Déconfinement : « Parisiens : tous à Deauville-Trouville ou à Dieppe ! » L’édito de Michel Taube

 

Ce sera donc le 2 juin : la liberté et non plus les interdits.

Mais pourquoi attendre cinq jours pour déconfiner le pays alors que la France est déjà en zone verte (à l’exception de l’Ile-de-France, de Mayotte et de la Guyane) ? Il a fallu quatre heures pour ordonner la fermeture de tous les commerces. Le parallélisme des formes, dans le respect des gestes barrière, aurait voulu que l’exécutif « libère » immédiatement tous les Français…

La France n’est donc plus rouge. Mais elle n’est pas intégralement verte. Il faut traiter les Français en faisant montre de diplomatie, de psychologie, en particulier les douze millions de Franciliens, et parmi eux, les deux millions d’habitants de la capitale, une des villes les plus densément peuplées du monde. Privés des parcs et jardins, interdits de se ruer vers la côte normande malgré un été qui succéda directement à un hiver déjà printanier, ils étouffent dans leur béton.

L’Ile-de-France, la Guyane et Mayotte auront droit à la douceur acidulée de l’orange. Une orange toutefois encore assez amère, car les cafés et restaurants ne pourront servir qu’en terrasse, une restriction dont les conséquences varient beaucoup d’un établissement à l’autre. C’est pourquoi les restaurateurs, en particulier ceux dépourvus d’une terrasse permettant de recevoir un nombre significatif de convives, sollicitent le droit d’empiéter sur le domaine public, donc sur le trottoir. Les riverains apprécieront et seront invités à la table du patron…

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Santé publique France avait suggéré que Paris intra muros passe au vert, que le Val-d’Oise reste rouge et que le reste de l’Ile de France soit orange. Et pourquoi pas un découpage rue par rue, tant qu’on y est ?

Les parcs et jardins parisiens rouvriront, ce qui satisfera Anne Hidalgo, maire de Paris, qui le réclamait depuis plusieurs semaines. Quant on voit les foules concentrées sur les berges des canaux, sur les pelouses des Invalides ou même dans la rue, on se dit que cette fermeture était largement contreproductive. Il se murmure que la guéguerre que se livrent Emmanuel Macron et celle qu’il pourrait trouver sur sa route en 2022 n’était pas étrangère à cette fermeture.

Une chose est sûre, dès ce week-end finalement, les parcs seront noirs de monde car si l’on peut comprendre le besoin de respirer d’un peuple confiné quand il fait 25° et que le soleil brille, on déplore le manque de responsabilité, de discipline et de civisme des Français : masque assez rarement porté lorsqu’il n’est pas obligatoire, jeté dans le caniveau ou au fond de la Méditerranée, distanciation physique non respectée (lorsqu’elle peut l’être)… Déjà, plusieurs clusters se sont formés. En Corée, pays modèle pour le traitement de la pandémie, celle-ci repart au point que l’on redoute une nouvelle vague.

Si le déconfinement échoue (prochain point programmé au 22 juin), les conséquences sanitaires, économiques et sociales seront si dramatiques que toute chance de rebond et de relance en serait compromise pour longtemps. C’est pourquoi le retour à la liberté doit s’accompagner d’un respect strict de tous les gestes barrières, dont le port du masque. Il s’est enfin dessiné une quasi unanimité planétaire pour le considérer comme un des principaux gestes barrière face à ce virus respiratoire. Le rendre obligatoire dans l’espace public pouvait être espéré, quitte à ce qu’il soit en tout ou partie pris en charge pour les plus démunis. Une occasion manquée…

Nous n’avons plus le choix : il faut déconfiner largement, donner confiance aux Français, les inciter à dépenser les deniers euros épargnés malgré eux durant leur quasi assignation à résidence, doublée d’une fermeture de la plupart des commerces (mais pas les grandes surfaces, pour la plus grande joie des grands défenseurs du peuple, comme Michel Édouard Leclerc).

Outre les cafés et restaurants, qui recouvrent en zone verte une relative normalité (avec de nombreuses contraintes sécuritaires), une autre bonne nouvelle du jour est la suppression de la limite des 100 kilomètres pour se déplacer. Pour le tourisme, mais aussi pour toute l’activité économique, c’est essentiel. Cette règle était marquée du sceau de l’absurdité et de l’iniquité propre à tous les seuils, son seul mérite étant la simplicité.

Les commerçants et hôteliers sont enchantés, en particulier à Deauville – Trouville, à Dieppe aussi (le point maritime le plus proche de Paris), à deux heures de Paris en voiture comme en train.

Ah Deauville, son casino, sa plage, son Festival de cinéma américain (aura-t-il lieu cette année ?)… Ce lieu chéri des Parisiens, et pas seulement des plus aisés contrairement à ce que l’on pense, est une fourmilière chaque week-end, même hors période de vacances. Un véritable cluster en puissance ! C’est pourquoi le gouvernement prend un grand risque de ne pas imposer le masque, mais aussi de la prise de température à l’entrée des lieux accueillant du public, sans parler des tests moins nombreux qu’annoncés. En cas de reprise de l’épidémie, il risque fort de ne pas être en situation d’imposer un nouveau confinement mortel pour l’économie et insupportable pour ceux qui l’ont vécu deux mois durant.

L’échec est interdit. Pour la France, pour les Français, pour Emmanuel Macron et son gouvernement. Car déjà, les extrêmes, qui se nourrissent des malheurs des autres, affûtent leurs couteaux…

Rendez-vous mardi pour le début de la réussite !

Michel Taube

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