La Citoyenne / The female citizen
France /
10H15 - jeudi 7 mars 2013

Jacqueline Franjou : « Education et égalité salariale sont nos deux priorités d’action »

jeudi 7 mars 2013 - 10H15

 

 

Jacqueline Franjou est depuis 2010 Directrice Générale du Women’s Forum. Cette femme issue du monde de l’entreprise nous présente son organisation qui promeut la vision et la voix des femmes à travers le monde et insiste sur ce qui doit à son sens guider les actions à mener aujourd’hui : l’éducation et l’égalité salariale.

 

Jacqueline Franjou, Vice-présidente du Women's Forum

 

Vous avez une longue expérience du monde des affaires (Veolia, SNCM, Air France…). Quel regard portez-vous sur la place des femmes dans ce milieu-là ?

La situation des femmes dans l’entreprise a beaucoup évolué mais pas encore suffisamment. Un long chemin reste encore  à parcourir. Si les femmes commencent à avoir une visibilité intéressante dans les Conseils d’administration, celles-ci représentent aujourd’hui plus de 23%, il faut que cela se traduise ensuite à tous les niveaux de l’entreprise.

En France, si l’on regarde de près le nombre de femmes qui occupent une fonction importante dans les domaines politiques, économiques ou sociaux, elles sont encore très peu nombreuses. S’il y a la parité aujourd’hui au sein du gouvernement, on ne compte encore que 26,6% de femmes à l’Assemblée ; 13,8% de femmes maires dont seulement 6 à la tête des 38 communes de plus de 100 000 habitants.. Ceci dit en 2014, j’espère qu’une femme sera élue Maire de Paris.

En revanche, à l’étranger, dans les pays émergents, les choses évoluent très vite : Dilma Rousseff est à la tête du Brésil depuis deux ans, Maria das Gracas Foster a pris la direction du géant pétrolier brésilien Petrobras et de plus en plus de femmes occupent des postes à haute responsabilité dans certains pays d’Afrique. Au Myanmar, on constate une ouverture du pays depuis la libération d’Aung San Suu Kyii. Quelle est la vision des femmes, leur rôle et leur place face aux enjeux liés à la transition que connaît le Myanmar aujourd’hui ? Le fait que des femmes, un peu partout dans le monde, accèdent à des postes importants fait bouger les lignes.

Mais pour moi, les deux sujets sur lesquels il faut concentrer nos actions, ce sont l’éducation, levier du développement économique et la clé pour faire reculer la violence dont les femmes pâtissent trop souvent, ainsi que l’égalité salariale dans l’entrepris.

 

Comment travaille le Women’s Forum pour promouvoir les talents féminins d’aujourd’hui et de demain ?

Tout d’abord, l’organisation du Women’s Forum est assurée par une équipe paritaire de salariés. En 2013, nous aurons trois rendez-vous : une deuxième édition à Sao Paulo au Brésil en juin, à Deauville (France) en octobre et, nouveauté, à Rangoon au Myanmar en décembre pour une édition avec la participation exceptionnelle d’ Aung San Suu Kyii.

Le Women’s Forum s’engage aux côtés des femmes à travers une série d’initiatives pérennes telles que le « Women in media », qui a pour but d’amplifier la représentation des femmes dans les médias, le « Women for Education », qui vise à accélérer l’émancipation économique des femmes à travers l’éducation et la formation professionnelle, le « Women in Engineering »,  qui promeut les femmes et l’innovation dans le secteur de l’ingénierie, ainsi que  « les Rising Talents » qui a pour but, d’identifier et d’accompagner les jeunes femmes remarquables, talents d’aujourd’hui et de demain.

L’avancement des femmes dans l’entrepreneuriat féminin est notre cœur de cible mais nous essayons de rayonner sur l’ensemble de la société en déployant l’expérience et l’expertise des femmes de toutes générations et de tous continents.

 

A titre personnel, qu’est ce qui vous a donné envie de vous engager en faveur de l’émancipation des femmes ?

Je crois sincèrement que les femmes font bouger la société, elles sont de véritables actrices du changement. Quand je vois, à moins de 40 ans, Leila Velez, née dans une favela de Rio, aujourd’hui CEO et co-fondatrice d’une entreprise brésilienne de plus de 1,600 salaries, Beleza Natural, je trouve que c’est une histoire exceptionnelle.

Ou bien encore, Khnit Thit Oo, une jeune Birmane de 34 ans, co-fondatrice de l’ONG « Forever » qui promeut la formation professionnelle et le développement de l’entreprenariat. Cette ONG a reçu le prix des Droits de l’Homme de la République française en 2010. Des histoires et des trajectoires exceptionnelles de femmes, il y en a des milliers dans le monde auxquelles le Women’s Forum donne une grande visibilité.

 

Considérez-vous qu’il y ait une manière d’exercer le pouvoir propre aux femmes ?

Non, je ne fais pas de différence. Qu’elles soient nommées ministres, élues à des hautes fonctions politiques ou à la tête d’une entreprise, il n’y a pas de différence sur la gestion du pouvoir. Ce n’est pas parce qu’il s’agit d’une femme qu’elle sera nécessairement plus compétente. Il faut faire attention à ce que la femme ne soit pas une vitrine. Notre combat, comme je l’ai fait en mettant en place une équipe paritaire pour animer le Women’s Forum, c’est l’égalité.

 

 

Propos recueillis par Elie Levaï

 

AGENDA WOMEN’S FORUM :

Women’s Forum Brazil 2013 – 17 & 18 Juin 2013 – Sao Paulo, Brazil

Women’s Forum Global Meeting 2013 – 9eme Edition – 16 17 18 Octobre 2013 – Deauville, France

Women’s Forum Myanmar – 6 & 7 Décembre 2013 – Rangoon, Myanmar

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