Afriques (2)
14H49 - jeudi 9 février 2012

Présidentielles sénégalaises en France :
14 candidats convoitent 35 000 électeurs

 

Sur les 204 000 électeurs sénégalais éparpillés dans le monde, 35 000 voteront en France le 26 février 2012. Même si le chiffre semble dérisoire par rapport au corps électoral, cet électorat est très convoité car il est le symbole du rôle socio-économique de la diaspora.

 

Ce sont 5 103 297 Sénégalais (soit 41,92 % de la population) et près de 20 000 militaires qui vont voter aux prochaines élections présidentielles.

 

Tout est question de stratégie… et de moyens

Le candidat Idrissa Seck, ancien Premier ministre de 2002 à 2004, a rejoint l'opposition. Il était arrivé en 2e position aux élections de 2007. DR

Le candidat Idrissa Seck, ancien Premier ministre de 2002 à 2004, a rejoint l'opposition. Il était arrivé en 2e position aux élections de 2007. DR

3 à 4 partis politiques se disputeront l’électorat des résidents français : 2 transfuges du parti au pouvoir, Macky Sall et Idrissa Seck ; puis Moustapha Niasse, le candidat de Benno Siggil Sénégal (S’unir pour redresser le Sénégal) et Abdoulaye Wade.

Ce dernier semble être favori, grâce aux moyens de l’Etat dont il dispose. En effet, les capacités financières seront primordiales dans ce scrutin car, la plupart des électeurs habitant loin des centres de vote, le  candidat qui aura les moyens de les transporter détiendra beaucoup plus de chance de remporter l’élection en France.

Hormis le président Wade, candidat de l’Alliance pour la République, Macky Sall est en embuscade. Car, si le vote ethnique se précise chez les Sénégalais de France, il n’est pas exclu que ce candidat en bénéficie. D’autant plus qu’il y existe une forte et solidaire communauté Peul qui peut faire la différence.

 

 

 

Les petits partis restent en embuscade

Abdoulaye Wade compare le mouvement d'opposition suscité par sa candidature à une simple "brise", alors que la France et les États-Unis ont exprimé leur souhait de voir le président faire place à la nouvelle génération. DR

Abdoulaye Wade compare le mouvement d'opposition suscité par sa candidature à une simple "brise", alors que la France et les États-Unis ont exprimé leur souhait de voir le président faire place à la nouvelle génération. DR

Parmi les challengers, Moustapha Niasse n’est pas, non plus, à oublier. Il a de nombreux sympathisants au sein de la communauté sénégalaise, d’une part grâce à son passé de ministre des Affaires étrangères, mais aussi à cause de sa grande expérience. N’oublions pas qu’en 2007, il est arrivé deuxième derrière Wade.

Idrissa, candidat de Rewmi (le Pays) peut difficilement faire un bon score. Cet ancien ministre avait profité de sa victimisation quand la justice sénégalaise l’avait envoyé en prison en 2006.

Mais son retour au sein du Parti démocratique sénégalais du président Wade, après sa libération, n’a pas été apprécié de la population. Cet état de fait a entraîné une désaffection d’une bonne partie de l’opinion. Alors qu’à la veille de l’élection présidentielle de 2007, il suscitait un grand espoir pour le peuple sénégalais, sa démission du parti présidentiel n’a rien changé à sa cote de popularité.

 

Tout reste donc à jouer

Lors de l’élection de cette année,  ce sont les binationaux qui feront la différence entre ces différents candidats, comme cela s’est produit lors du vote massif de 2007.

Cependant, cet électorat est déstabilisé par l’influence de la politique française actuelle. Il n’est donc pas forcément certain qu’ils voteront cette fois-ci pour Wade, non pas du fait de la contestation de sa candidature par une large partie de l’opinion sénégalaise, mais à cause de son âge trop avancé. De plus, le fonctionnement monarchique dont on soupçonne le chef sortant de l’État sénégalais s’il était réélu, ne jouera pas en sa faveur.

Moustapha Barry

Le fil Burundi du 28 mai au 19 juin 2015

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