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11H38 - vendredi 14 octobre 2011

17 octobre, Journée mondiale du refus de la misère, « donner c’est agir » avec ATD Quart Monde et Amnesty International

vendredi 14 octobre 2011 - 11H38

Depuis 1992, la Journée du 17 octobre pour le refus de la misère, initiée par le père Père Joseph Wresinski et le Mouvement ATD Quart Monde en 1987, est devenue une Journée mondiale reconnue par les Nations unies. Malheureusement, cette Journée est chaque année d’une actualité plus criante. Le chiffre est connu : en France, 8,2 Millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté soit avec moins de 957 euros par mois pour une personne seule.  La grande pauvreté touche une part croissante de la population.

L’échec scolaire au coeur de la grande pauvreté


La crise économique n’est pas seule à expliquer cette lame de fond. Des raisons plus structurelles sont en cause. C’est pourquoi cette année le mouvement  ATD Quart Monde a souhaité insister sur le scandale de la corrélation entre l’échec scolaire et l’origine sociale des enfants. « L’école amplifie les différences sociales », constate Véronique Davienne, directrice générale adjointe d’ATD Quart Monde. Parmi les 150.000 jeunes qui, chaque année en France, sortent de l’école sans diplôme, les jeunes d’origine sociale modeste représentent chaque année une part plus importante.

« Nous avons mené des recherches et des actions dans des zones précises, créé une plateforme réunissant syndicats d’enseignants, organisations de parents d’élèves et courants pédagogiques, fait remonter les expériences d’enseignants qui, par ailleurs, sont engagés avec ATD Quart Monde et quelle n’a pas été notre suprise de constater que les parents d’enfants touchés par la pauvreté et les enseignants ont peur les uns des autres et se méconnaissent », constate Véronique Davienne.

Des solutions existent pourtant : créer des espaces de dialogue, travailler en équipe, créer un climat de respect réciproque, ne pas toujours négativiser en se contentant de « convoquer » les parents quand des problèmes graves surviennent. Il manque des moyens, certes, mais  c’est une reconnaissance de l’égale dignité et des capacités de chacun qui fait le plus défaut quand un enfant est d’origine pauvre.

 

La discrimination sociale n’existe pas selon le droit français

Plus profondément encore, on constate une sorte de déni de la pauvreté de la part des élites. Par exemple, les candidats  à la présidence de la République feront-ils vraiment de la lutte contre la grande pauvreté  une priorité de leur programme ? Le même mouvement ATD s’est cru bon de publier début octobre une Lettre ouverte aux partis politiques qui sera prochainement suivie de propositions concrètes.

Le droit français lui-même nie toute discrimination d’origine sociale. Ainsi la HALDE, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations, absorbée aujourd’hui dans le Défenseur des Droits, ne recense pas l’origine sociale parmi les 17 formes de discrimination reconnues mais appelle les pouvoirs publics à changer cette donne.

Avec Amnesty International et ATD Quart Monde, le droit international pour protéger les plus faibles


La France n’a pas ratifié des textes internationaux qui permettraient à des personnes victimes de violation de leurs droits économiques et sociaux de faire valoir leurs droits devant la justice. Ainsi le protocole n°12 de la Convention européenne des droits de l’homme tarde à être signé et ratifié par la France. L’Espagne et la Finlande l’ont fait parmi les 18 Etats qui l’ont ratifié.

Les choses pourraient bouger : ATD Quart Monde a obtenu en 2008 du comité européen des droits sociaux, en application de la Charte sociale européenne, une recommandation à la France de rétablir dans leurs droits des familles de gens du voyage qui avaient été expulsées d’un terrain dans le Val-d’Oise sans solution ni respect. Dans la même affaire, « nous attendons une décision de la Cour européenne des droits de l’homme de Strasbourg qui, si elle nous suit, condamnera la France à verser des dommages et intérêts à ces familles victimes de discrimination sociale. Ce serait une première », a souligné Véronique Davienne.

Dans le même mouvement, Amnesty International lance lundi 17 octobre une campagne, www.faiteslesigner.fr, en direction de Nicolas Sarkozy, à la fois comme président de la République et président en exercice du G20 pour que la France et d’autres pays ratifient le Protocole additionnel au Pacte international des droits économiques et sociaux de l’ONU.

Selon Yves Prigent, en charge des questions économiques à Amnesty, « ce protocole permettra à des justiciables de disposer enfin de voies de recours judiciaires au niveau international si leur droit au logement, à la santé, à un environnement sain ont été bafoués par leur Etat. Ce sera un marqueur supplémentaire de l’impérieuse nécessité pour les Etats de protéger les plus faibles dans leurs droits économiques et sociaux. On oublie trop que la pauvreté interagit avec les violations des droits de l’homme dans une spirale infernale », souligne Yves Prigent.

Signe des temps, l’organisation, qui fête ses 50 ans, a connu une mutation profonde ces dix dernières années, en élargissant son combat des libertés civiles et politiques aux droits économiques et sociaux. Amnesty s’est ainsi lancée dans une campagne mondiale pour les droits économiques et sociaux, sans précédent dans l’histoire du mouvement, centrée sur les bidonvilles, la mortalité maternelle, la responsabilité des acteurs économiques (notamment les multinationales) et l’effectivité de ces droits.

Que sont des droits s’ils ne sont pas effectifs et si les victimes de discrimination n’ont aucun moyen juridique de contraindre l’Etat à prendre ses responsabilités ?

Que faire ? Signer avec Amnesty, donner avec ATD en attendant que le prochain président de la République n’entraîne des changements plus profonds…

Autre signe des temps, pour la première fois dans son histoire, le Mouvement ATD Quart Monde lance un appel public aux dons. Le 17 octobre, plus que jamais, « donner, c’est agir ».

Michel TAUBE

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