Edito
11H34 - mercredi 19 mai 2021

Les renaissants. L’édito de Michel Taube

 

Opinion Internationale publie le portrait de trois renaissants, Eléonore, Philippe et Julien, trois exemples parmi des milliers de premiers de cordée qui ont été contraints, une troisième fois, de tirer le rideau pendant de trop longues semaines. Et quelques Renaissants revus par les croqueurs d’Actu’Folies en guise de dessert.

Bon, la renaissance, ce sera vraiment lorsque l’immunité collective aura été atteinte, lorsque la planète entière aura accès à des traitements ou des vaccins contre le Covid et ses variants, lorsque toutes les activités humaines auront repris leur cours normal.

Mais ce 19 mai en France en a déjà quelques arômes ! Les renaissants nous ouvrent leurs bras !

Les renaissants, ce sont ces femmes et ces hommes qui ont été les seuls et donc injustes victimes de ce troisième confinement trop sélectif pour être compréhensible et acceptable :  beaucoup de commerces et de services au public, les restaurants, les services communs dans les hôtels, évidemment les musées, les cinémas et tous les lieux de culture.

Nous en avons déjà parlé dans Opinion Internationale : la division de la société entre activités essentielles et non essentielles restera comme l’une des décisions les plus contestables des pouvoirs publics dans la gestion de la crise du Covid. Parler d’activités essentielles était en soi l’expression d’une étrange philosophie de la vie et de la société. Une méconnaissance surtout de la nature humaine !

Mais les fermetures à répétition ont eu aussi des conséquences terribles que l’on découvrira au fil des semaines. Malgré toutes les aides publiques dont on a voulu nous faire croire qu’elles compenseraient les méfaits occasionnés par des fermetures à chaque fois brutales et sans préavis, la facture, s’il fallait la présenter, serait salée…

« Ne prenez que nos jeunes apprentis : ils n’ont pu se former dans nos établissements fermés, beaucoup ont perdu la main, le rythme, leur savoir-faire voire se détourneront du métier », nous confie Jean-Daniel Mondin, PDG du groupe Guinot Mary Cohr. Et d’ajouter : « on ne ferme pas impunément au mois de mars. Vous connaissez un train qui s’arrête brutalement ? A-t-on tenu compte de l’inertie inhérente à toute activité ? Casser en mars, deux années de suite, l’élan économique et sociétal d’une entreprise, c’est comme priver un arbre des rayons du soleil au printemps, c’est briser pour plusieurs années le ressort de la vie et du développement. Pour ne prendre qu’un exemple, comment voulez-vous que les services marketing restent inventifs s’ils n’ont plus le contact avec la clientèle, leur véritable source d’inspiration ? »

Et puis, parmi les activités non essentielles, certaines se sont senties déconsidérées comme encore moins essentielles que d’autres. C’est cette fameuse histoire du code NAF. Comment les coiffeurs ont-ils pu rester ouverts, alors que les esthéticiennes, qui reçoivent nettement moins de monde que les premiers, sont restés fermées depuis mars pour les uns et avril pour les autres ? 85000 coiffeurs ont pu vivre. 12000 instituts de beauté sont restés suspendus à un fil…

Justement, prenons une activité qui a les apparences de la futilité : la beauté ! Ah la beauté : pas du tout essentielle, me direz-vous. Eh bien, non, la beauté, c’est le bien-être. Nous nous sommes promenés sur les réseaux sociaux et avons trouvé de nombreux témoignages de clientes de cabinets d’esthéticiennes qui disaient leur tristesse de ne pouvoir bénéficier d’un soin de confort, d’hygiène ou de visage. Et qui depuis quelques jours disent leur impatience à retrouver leur salon préféré dès aujourd’hui ! L’une d’entre elle a rebaptisé son salon préféré « DELIVRANCE ».

Alors Mesdames, et Messieurs, les renaissants vous ouvrent leurs bras, saisissez-les !

 

Michel Taube

 

 

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