Paris Monde
10H11 - mercredi 9 septembre 2020

Jean-Philippe Dugoin-Clément, maire de Mennecy : pourquoi je suis candidat à la présidence de l’Association des Maires d’Ile de France

 

Monsieur Jean-Philippe Dugoin-Clément, vous êtes le Maire de Mennecy dans l’Essonne. Vous venez d’officialiser votre candidature à la présidence de l’Association des Maires d’Ile de France. Pourquoi cette candidature alors que vous êtes déjà dans l’exécutif de l’organisation présidée par Stéphane Beaudet, lui-même candidat ?

J’ai mûrement réfléchi et longuement consulté les Maires d’Ile-de-France. Si je m’engage aujourd’hui c’est parce que l’AMIF n’appartient à personne ou plutôt qu’elle appartient à tous les maires d’Ile-de-France. C’est en ce sens que je présente une candidature de rassemblement. Les nombreux parrains et marraines et demain l’ensemble des soutiens de toute sensibilité politique et de tous les territoires le démontrent.

Je suis convaincu que l’AMIF doit retrouver sa raison d’être : celle d’être un outil pleinement opérationnel au service des territoires, largement ouvert sur l’ensemble de l’Ile-de-France en complémentarité avec les unions départementales. Il faut revenir à l’essentiel !

C’est dans cet esprit que j’ai élaboré un projet construit autour de dix priorités que je m’apprête à présenter aux élus franciliens. Je veux aller à leur rencontre dans les départements, sur le terrain, pour mesurer pleinement leurs attentes et leur apporter des réponses concrètes.   

Si je me présente c’est pour être utile !

 

Une question d’actualité : quelles mesures concrètes proposez-vous pour lutter contre les violences commises contre les Maires ?

Il ne s’agit pas de réinventer une énième mesure mais tout simplement de faire appliquer la loi, de prononcer et d’exécuter les sanctions qui en découlent. La vraie faiblesse de notre système est celle de la réponse pénale, de son délai voire de son inexistence. S’y ajoutent des choix de réponse parfois incohérents qui fragilisent leur légitimité et donc leur acceptabilité.

Un an après le décès du maire de Signes, son assassin n’a toujours pas été jugé. Lorsqu’un maire âgé, comme cela a été le cas cet été, est agressé physiquement et qu’on a un classement sans suite, ce ne sont pas les dispositions législatives ou pénales qui sont en cause mais bien leur application.

J’attends donc que le Gouvernement et le Garde des Sceaux prennent leurs responsabilités, passent des mots aux actes et impulsent une véritable politique pénale, rigoureuse et ferme. L’Etat doit défendre tous ses citoyens et il doit avoir à l’esprit que certains d’entre eux deviennent aujourd’hui des cibles précisément parce qu’ils représentent la République : élus, policiers, gendarmes, pompiers, soignants et enseignants….

Il faut en finir avec la banalisation de cette violence !

Si demain, je suis élu à la Présidence de l’AMIF, l’une de mes dix priorités sera de soutenir de façon systématique les élus victimes d’agressions et de me faire le porte-voix de ces Maires trop souvent seuls pour agir et se défendre.

 

Vous êtes aussi vice-président de la Région Ile de France. Les élections départementales et régionales arrivent en 2021. Vous êtes à l’UDI et la droite est passablement éclatée dans la région parisienne. La guerre des droites aura-t-elle lieu et l’élection du président de l’AMIF a-t-elle des allures de déclaration de guerre ?

Par nature, le débat démocratique n’est pas une guerre. Ceux qui font cette comparaison ne doivent pas beaucoup aimer la démocratie !

 

Rassurez-vous, nous aimons la démocratie à Opinion Internationale.

Evidemment. Pour reprendre une citation d’un film bien connu : « Ce qui se passe à Végas, reste à Végas ». J’aurais tendance à dire que ce qui se passe à l’AMIF reste à l’AMIF. L’AMIF est un sujet, la Région et le département en sont d’autres. Contrairement à ce que vous dites sur l’éclatement de l’UDI et de la droite, je considère que nous sommes extrêmement unis en Ile-de-France. Nous avons aujourd’hui une majorité qui rassemble l’ensemble des familles politiques de la droite et du centre, unis derrière Valérie Pécresse. Dans nos exécutifs départementaux et régionaux nous avons globalement les même représentations et compositions politiques. Les résultats des élections municipales en Ile-de-France, contrairement à ce qui a été le cas en province, ont montré qu’il y avait un quasi statu quo et une très faible progression de la gauche. Cette progression n’a pas eu lieu du fait du bilan de la Présidente de Région, du bilan des présidents de département et des Maires sortants mais également du fait que la droite et le centre ont été unis dans la quasi-totalité des communes.   

 

Propos recueillis par Michel Taube

 

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