Edito
06H50 - samedi 23 avril 2022

Après ses 2,18% dans la capitale, Anne Hidalgo ne devrait-elle pas démissionner de la Mairie de Paris ? L’édito de Michel Taube

 

Anne Hidalgo lors de l’inauguration de l’écoquartier @Stéphanie Petit

Evidemment rien ne l’y oblige. Sinon le bon sens et l’honnêteté. Si Anne Hidalgo a pris une telle claque à l’élection présidentielle, c’est aussi parce que les Français ont été prévenus par les Parisiens de l’enfer qu’une « majorité » idéologique et ultra gauchiste faisait vivre aux habitants et aux entreprises depuis les années Hidalgo. Prenez un seul exemple : les deux roues sont de plus en plus interdits dans Paris aux abords des gares ferroviaires. Des milliers de Français qui vivent en province et laissaient leur scooter ou leur moto « dormir » devant les gares, ont vu leurs stationnements interdits alors qu’ils ne gênaient personne. Que pensez-vous que ces milliers de citoyens ont conseillé à leurs proches le soir ou le week-end en rentrant de leur boulot à Paris ?

Paris n’a pas voté comme la France, évidemment. Emmanuel Macron y a totalisé 35,49 % des suffrages au premier tour de la présidentielle, devant Jean-Luc Mélenchon (29,93 %), lequel a fait le plein en banlieue (60,14 % à Bobigny) et récoltant la majorité en Île-de-France, confirmant le succès et les limites de son clientélisme grossier, mais dangereux, nourri par sa trahison à l’égard de la République et de ses valeurs, au premier chef la laïcité.

Pour le reste, seuls 5,39 % des votants parisiens ont choisi Marine Le Pen, et 6,63 % ont voté pour Valérie Pécresse, dans une ville longtemps dirigée par la droite et dont Jacques Chirac avait fait son tremplin vers l’Élysée. Si l’on ajoute que la candidate LR a récemment été brillamment réélue à la présidence de région, on ne voit pas comment le parti de Nicolas Sarkozy s’en relèvera.

En région, on imagine peut-être que la capitale est peuplée de bobos, mi-gauche caviar, mi écolos radicaux. Il faut dire que les Parisiens ont élu et même réélu en 2020 une Anne Hidalgo corsetée par lesdits écolos de type khmer verts au sein d’une majorité municipale qui se comporte comme si Paris était sa propriété privée.

Résultat : à Paris, Anne Hidalgo a obtenu 2,18 % ! Quant à Yannick Jadot, avec 7,67 % des suffrages, il est même devancé par Éric Zemmour (8,2 %). C’est une claque pour les pseudo-écolos de la capitale, et, pour Anne Hidalgo, une humiliation d’une telle ampleur qu’elle ne pourra rester sans conséquence sur la gestion municipale. Si la maire de Paris ne met pas immédiatement fin à sa politique de destruction du tissu économique urbain, si elle ne cesse d’imposer partout des pistes cyclables, du supprimer des voies de circulation automobile et des places de parking (même les deux roues à moteur sont aujourd’hui la cible de sa politique endiablée et ne trouvent plus où se garer), le tout sans aucun développement des transports en commun, si elle s’arc-boute sur un dogmatisme honni de tous, en particulier de ses propres électeurs, et ceux d’EELV, il faudra envisager toutes les voies légales pour la pousser vers la sortie ou au moins pour l’empêcher de nuire (recours administratifs en excès de pouvoir, mise sous tutelle de la ville surendettée par la folle politique de la majorité municipale… ?).

Anne Hidalgo et ses Khmers verts ont été désavoués en France, et dans la ville qu’ils dirigent et abîment. Mais s’ils sont éliminés de la course à l’Élysée, ils continuent à sévir et nuire au niveau municipal, et pas seulement à Paris. Si les règles démocratiques ne permettent pas de les destituer, ils n’ont pas la légitimité pour imposer à l’immense majorité des Parisiens, des Franciliens et des Français des changements aussi radicaux et souvent irréversibles. Paris, la Ville-monde, Ville-lumière, n’est plus qu’un grand village accaparé par des bobos parisiens en son centre et des ghettos communautaristes qui ont poussé dangereusement notamment dans les XIXème et XXème arrondissements de Paris.

Si Anne Hidalgo avait un peu de panache et d’honneur, elle démissionnerait de sa fonction de maire de Paris. Mais son caractère et sa gouvernance laissent craindre le contraire : l’enfermement idéologique et sectaire, et la fuite en avant. Gageons qu’elle ne se vengera pas sur les Parisiens de son cuisant échec national.

 

Michel Taube

 

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