La chronique de Bernard Rodenstein
10H37 - vendredi 3 juillet 2020

En meutes, avec des chefs ! Chronique épidermique de Bernard Rodenstein

 

D’ici la fin de cette semaine, environ 36.000 fauteuils plus ou moins capitonnés vont accueillir en France les postérieurs de chefs et de cheffes élus maires en leur commune. Je ne parle pas des centaines de milliers de strapontins réservés aux adjoints et aux conseillers de tous grades. Le système ultra libéral qui travaille d’arrache-pied depuis des lustres à la fragmentation généralisée du corps social pour faire de nous des individus manipulables à leur guise, se heurte ici à un rempart multi séculaire.

Nous « aimons « nos maires ! Nos chefs de tribus. Il y a de notre part à tous un attachement quasi viscéral à notre ville ou à notre village et nous en sommes fiers lorsque celui ou celle qui « dirige » est digne de notre confiance. Ce qui n’est pas toujours le cas ! Ce qui se manifeste en cette occasion c’est que nous appartenons à une meute.

Et toute meute a besoin d’un chef. Les êtres humains ont beau être « dressés » pour mettre fin à leurs instincts grégaires et pour mieux obéir à des injonctions plus sournoises venues des puissances financières occultes, ils conservent dans leur cerveau reptilien des appétences pour la meute ou la tribu. Les individus isolés sont d’une extrême vulnérabilité. Mieux vaut appartenir à un groupe et s’y sentir reconnu et protégé.

Reste à choisir le ou la chef ! Quelqu’un me disait récemment que la sagesse voudrait que les groupes se choisissent leur chef en fonction du nombre de ses cicatrices ! Plus il y a de cicatrices, traces d’échecs et de souffrances, plus il y a de chances pour que ce soit un dirigeant aguerri et perspicace, humain et sensible. Je trouve que c’est très juste. Il faut avoir eu à connaître les drames de la vie, ceux des blessures physiques et morales en tous genres, pour comprendre les autres et pour les servir sans orgueil, sans vanité et sans peur. Rien ne vaut, pour forger l’âme d’un chef, d’être descendu aux enfers de l’existence et d’en être remonté aussi souvent que descendu. La compassion se substitue aux jugements et à la grosse tête !

Je tremble quelque peu en observant les visages lisses et passe partout de nombreux nouveaux et anciens élus qui deviennent chefs par la volonté d’un petit nombre et qui n’ont encore roulé leur bosse nulle part.

Il y aura heureusement de nouvelles élections dans six ans. Je dis ça, mais je ne dis rien ! Pour ma cité à moi, je ne me plains pas.

La vie est belle !

 

Bernard Rodenstein

Pasteur retraité, Fondateur d’Espoir (association humanitaire dans le champ de l’insertion sociale et professionnelle) à Colmar (68), Ancien conseiller municipal de la Ville de Colmar

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