Edito
10H21 - lundi 1 juin 2020

Etats-Unis années 1960 – années 2020 : la tête dans les Étoiles, les pieds dans le goudron. L’édito de Michel Taube

 

Elon Musk : ce visionnaire américain, qui a les moyens de ses ambitions, s’associe à la NASA et permet à l’Amérique de recouvrer son indépendance en matière de vol habité. Sur LCI, le commentateur est émerveillé par le design des combinaisons spatiales et de la capsule : « on dirait 2001, l’Odyssée de l’espace ». Loin dans les étoiles, Stanley Kubrick, un autre visionnaire génial, aurait apprécié la référence à son film sorti en 1968, époque où les vraies combinaisons spatiales pesaient autant que leur porteur et où les capsules spatiales ressemblaient au poste de commandement d’un U-Boot allemand de la Seconde Guerre mondiale.

Pour l’heure, « America is back », et ça va déménager : la Lune, Mars, vers l’infini et au-delà, avec du style et de l’argent privé. Le fric, c’est à nouveau chic, lorsqu’il s’agit de faire rêver et de conquérir (pacifiquement) le cosmos, même en très proche banlieue de la Terre.

George Floyd : afro-américain (un black, quoi !) de Minneapolis, victime d’une nième bavure policière, d’une police largement blanche, à dominante WASP (White Anglo-Saxon Protestant), cœur de la population des États-Unis avant que les Latinos et les Afros commencèrent à grignoter leur énorme part de marché démographique. Une bavure, vraiment ? Une bavure est un dérapage, un accident, une anormalité. Il faut la dénoncer, la sanctionner, mais en France, elle ne saurait devenir prétexte à émeutes urbaines et accusations de racisme à l’égard d’une police elle-même métissée. Aux États-Unis, les choses ne sont pas tout à fait ainsi. Tabasser un Black, cela semble faire partie du job dans l’esprit de nombreux policiers américains car le racisme anti-Noirs règne dans la police américaine (on se souvient du combat de Mumia Abu Jamal, longtemps condamné à mort aux Etats-Unis et qui a vu sa peine de mort commuée en prison à vie).

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Face à ce racisme, les Afro-Américains ont décidé, partout dans les grandes villes américaines, jusqu’aux grilles de la Maison-Blanche, de dire NON.

Certes, l’honnêteté intellectuelle, qui n’est pas toujours la première qualité des mouvements prétendument antiracistes, oblige à rappeler que les statistiques montrent incontestablement qu’il y plus de délinquance chez les Afro-Américains, mais cette réalité a des causes économiques et sociales que l’Amérique n’a jamais vraiment voulu traiter. S’y ajoute le fait que les armes à feu sont si généralisées que les policiers américains ont la gâchette plus facile que leurs homologues français.

On se croirait revenus aux années 60… Ces années furent marquées aux États-Unis par l’exaltante conquête spatiale, dont le point d’orgue fut le premier pas de l’homme sur la Lune, le 21 juillet 1969. Elles furent aussi celles des émeutes raciales. L’année 1967 en connut 159, en particulier en été, l’année du « Summer of love » dans le swinging London où l’on chantait All you need is Love. En juillet de la même année, Detroit, une des villes les plus déprimantes des États-Unis, décrocha le pompon avec 43 morts, des centaines de blessés, des milliers d’arrestations, principalement de Noirs. L’année suivante, Chicago s’enflamma après l’assassinat de Martin Luther King, le 4 avril. Les émeutes s’étendirent ensuite à plus d’une centaine de villes.

Les années 80 connurent aussi leur lot d’émeutes raciales, de violences policières, mais ce qui se passe depuis quelques jours à Minneapolis et dans une moindre mesure dans d’autres villes américaines comme New York, Philadelphie, Los Angeles, Atlanta, Miami, Chicago, ou Washington (devant la Maison blanche d’un Donald Trump qui met de l’huile sur le feu et défie les manifestants), sonne comme un voyage dans le temps, celui des 60’s, entre les étoiles et le goudron (celui qu’on utilisait au Far-West et dans les Lucky Luke pour régler leur compte aux hors-la-loi), entre le rêve et le cauchemar, entre le merveilleux et le répugnant.

Donald Trump, déjà empêtré dans le magma du Covid-19, récupère autant que faire se peut le succès de la nouvelle fusée Born in the USA. Il clive plus que jamais, mais pas nécessairement entre Noirs et Blancs, lesquels sont nombreux à prendre part aux manifestations contre la violence policière qui elle, a bien des connotations ethniques, même s’il faut là aussi se garder de généraliser.

Donald Trump a dénoncé à plusieurs reprises la « mort tragique » de George Floyd, mais dans un tweet, il prône, comme naguère Richard Nixon, le triomphe de la loi et de l’ordre (law and order), et veut inscrire la mouvance « antifa » (antifasciste), pourtant non structurée, sur sa liste américaine des organisations terroristes.  Qui sème le vent (de la haine) récolte la tempête, même si les saccages urbains aveugles sont aussi lâches que ceux perpétrés par les émeutiers des banlieues françaises, sous prétexte de racisme policier, et que les extrêmes, ici comme là-bas, soufflent sur les braises. Le malaise est réel et profond. L’Amérique est malade, car une démocratie doit l’être pour se choisir pareil représentant.

Ajoutons que le Covid-19 a dû aggraver la fracture ethnique (proportionnellement plus de morts chez les Afro-Américains) et sociale, dans un pays où n’existe pas le chômage partiel. Il règne outre-Atlantique une atmosphère de guerre civile (un peu comme en France au sommet de la vague des Gilets jaunes, en attendant peut-être le tsunami post Covid). Une atmosphère de haine, aussi, comme si quelque chose de malsain gangrénait la société.

Enfin, on doit aussi souligner que Barak Obama, la star (à 200.000 dollars la conférence de 15 minutes) de l’intelligentsia européenne, le chouchou de la gauche bobo française, porte sa part de responsabilité dans ce fiasco états-unien. Qu’a donc fait pour les Noirs le premier président métisse des États-Unis, et qu’a-t-il fait pour tous les Américains pour qu’ils puissent lui avoir choisi un pareil successeur ? De la com’ avant tout !

 

Michel Taube

 

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