Monde
03H53 - vendredi 28 février 2020

Sois belle et ouvre la avec Sanna Marin, première ministre de Finlande

 

 

En Finlande, au pays des rennes et des lacs, une crise ministérielle suscitée par une brutale baisse de salaire de 700 fonctionnaires de la Poste qui a ému tout un pays, a conduit au pouvoir, le 8 décembre 2019, la plus jeune cheffe de gouvernement au monde.

À 34 ans, Sanna Marin devient Première Ministre d’un gouvernement de coalition dans lequel on trouve douze femmes sur dix-neuf ministres. Les cinq partis qui co-dirigent le pays sont dirigés par des femmes. Cette situation remarquable reflète dans ce pays nordique une tendance profonde à l’égalité entre les sexes et à la promotion des femmes dans les postes de responsabilité, considérée là-bas comme tout à fait naturelle.

La Finlande assurant ce semestre la présidence tournante de l’Union européenne, cette jeune dirigeante sociale-démocrate se trouve donc projetée sous les phares de l’actualité internationale à l’occasion de la défense du budget européen à Bruxelles et de l’accentuation des préoccupations écologiques et climatiques qui le caractérisent.

Son visage d’ange aux yeux clairs accompagne une personnalité forte et décidée, nommant les choses par leur nom sans langue de bois. Elle cache pas que c’est le dispositif de l’État-providence et du système éducatif solide et fondamentalement égalitaire qui caractérise la Finlande qui lui a permis d’accomplir un parcours exceptionnel : ses origines très modestes et non-conformistes (elle a été élevée par sa mère qui vivait avec sa compagne et un père qu’elle présente sur les réseaux sociaux comme alcoolique) pouvaient être vécues comme un handicap.

Très soutenue dans son milieu par sa mère et son compagnon qui ont pris le relai pour assurer l’éducation de leur fillette de deux ans, Sanna Marin ne met pas l’accent sur son sexe ou son âge mais sur le programme politique et écologique de son parti, le Parti social-démocrate, qu’elle considère comme un engagement pris face au peuple finlandais.

Mais la politique l’attend au tournant, car la question d’un retour au pays des familles proches de militants djihadistes détenus en Syrie attise les passions et renforce l’audience du parti nationaliste qui détient déjà plus de 30% d’audience dans un pays encore très rural. Parviendra-t-elle à faire passer ses valeurs et à convaincre les Finlandais de l’importance capitale des droits humains contre les passions d’extrême droite ? Il y faudra plus que du charme… Espérons que son intelligence trouvera les mots qu’il faut pour donner à son gouvernement une durée de vie supérieure à ceux qui l’ont précédé et une adhésion de cette jeunesse nordique progressiste et libérale qu’elle représente si bien.

 

Maïa Minnaert

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