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18H06 - mercredi 7 août 2019

Cachemire, Missiles coréens, Trump et les fusillades, Syrie, l’actualité du 7 août en 4 photos

 

Le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi (D) participe à une conférence de presse, le 7 avril 2019 à Multan, dans le centre du Pakistan – AFP/Archives / SS MIRZA

Cachemire : le Pakistan expulse l’ambassadeur indien, suspend le commerce bilatéral

Le Pakistan a annoncé mercredi qu’il expulsait l’ambassadeur indien à Islamabad et suspendait le commerce bilatéral avec l’Inde, deux jours après la révocation par New Delhi de l’autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire qu’elle contrôle et que le Pakistan revendique.

« Nous allons rappeler notre ambassadeur à Delhi et renvoyer le leur », a affirmé le ministre des Affaires étrangères Shah Mehmood Qureshi à la télévision pakistanaise ARY news. Le gouvernement a également annoncé dans un communiqué qu’il abaissait le niveau des relations diplomatiques avec l’Inde et suspendait le commerce bilatéral. Ces décisions ont été annoncées après une nouvelle réunion du comité de sécurité nationale, à laquelle ont participé les principaux ministres et généraux pakistanais.

Le gouvernement indien a annoncé lundi la révocation de l’autonomie constitutionnelle du Cachemire, une décision explosive qui vise à placer sous une tutelle plus directe de New Delhi cette région rebelle revendiquée par le Pakistan. L’Etat du Jammu-et-Cachemire (Nord) bénéficiait jusqu’alors d’un statut spécial garanti par la Constitution indienne. Il permettait à cette région de légiférer sur tous les sujets à l’exception de la défense, des Affaires étrangères et des communications.

Le Pakistan, qui revendique le Jammu-et-Cachemire depuis la partition avec l’Inde en 1947, au terme de la colonisation britannique, avait qualifié lundi cette décision d’illégale. Le Premier pakistanais Imran Khan avait annoncé mardi qu’il porterait la question devant les instances internationales.

La décision pourrait exacerber la rébellion sanglante au Cachemire indien, qui a coûté la vie à plus de 70.000 personnes, principalement des civils, depuis 1989. En prévision de possibles troubles, les autorités indiennes avaient déployé ces dix derniers jours plus de 80.000 paramilitaires supplémentaires dans cette zone déjà hautement militarisée.

La région himalayenne est sous une chape de plomb depuis dimanche soir et totalement coupée du monde, tous les moyens de communication étant bloqués.

 


 

Photo fournie le 7 août 2019 par l’agence nord-coréenne Kcna montrant un tir de missile nord-coréen depuis un lieu non précisé – KCNA VIA KNS/AFP / KCNA VIA KNS

Tirs de missiles nord-coréens : un « avertissement » à Washington et à Séoul

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a déclaré que les derniers tirs de missiles de la Corée du Nord étaient un « avertissement » adressé à Washington et Séoul en raison de leurs manoeuvres militaires conjointes, a rapporté mercredi l’agence officielle KCNA.

Ce dernier lancement de missiles a eu lieu mardi après que les forces américaines et sud-coréennes ont commencé la veille des manoeuvres conjointes visant à tester la capacité de Séoul à avoir un contrôle opérationnel en temps de guerre.

Pyongyang avait prévenu que le lancement de ces manoeuvres compromettrait la reprise annoncée des négociations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sur l’arsenal nucléaire de Pyongyang.

La Corée du Nord a toujours réprouvé les manoeuvres conjointes régulières qu’elle considère comme une préparation pour une éventuelle invasion de son territoire.

Mais jusqu’à présent elle s’était abstenue d’effectuer des essais de missiles pendant que ces exercices américano-sud-coréens étaient en cours.

 


 

Donald Trump embarque dans l’avion présidentiel Air Force One avec son épouse Melania, le 7 août 2019 près de Washington – AFP / SAUL LOEB

Très critiqué, Trump se rend sur les lieux de deux fusillades meurtrières

Donald Trump s’est envolé mercredi matin pour Dayton, dans l’Ohio, avant de se rendre à El Paso, au Texas, deux villes endeuillées par les fusillades du week-end où le président peut s’attendre à recevoir un accueil mitigé, voire froid.

L’avion présidentiel Air Force One a quitté peu après 09H30 (13H30 GMT) le tarmac de la base aérienne Andrews, près de Washington, en direction de l’Ohio, dans le nord du pays.

Avant de quitter la Maison Blanche, M. Trump a réaffirmé que les récentes tueries n’avaient « rien à voir avec lui » et que ceux qui l’accusaient d’attiser la haine raciale aux Etats-Unis cherchaient à « tirer un profit politique » de leurs critiques.

Depuis que deux jeunes tireurs ont, à moins de 13 heures d’intervalle, fait 22 victimes dans le Texas puis neuf dans l’Ohio, la partition du milliardaire républicain est difficile à jouer.

On attend du dirigeant en lui qu’il apaise les tensions et réconforte une nation traumatisée par ces énièmes tragédies. Mais l’ancien homme d’affaires conservateur, qui s’est fait élire en traitant les Mexicains de « violeurs » et évoque régulièrement une « invasion » des Etats-Unis par les migrants d’Amérique centrale, est pointé du doigt.

Notamment parce que le terme d' »invasion », utilisé par l’extrême droite à travers le monde, a été repris par le jeune auteur de la tuerie d’El Paso dans un manifeste mis en ligne avant son passage à l’acte, fatal à au moins sept ressortissants mexicains.

 


 

AFP/Archives / DELIL SOULEIMAN

Turquie et Etats-Unis vont créer un « centre d’opérations conjointes » pour le nord de la Syrie

La Turquie et les Etats-Unis ont décidé de mettre en place un « centre d’opérations conjointes » face aux tensions entre forces kurdes et turques dans le nord de la Syrie, a annoncé mercredi Ankara.

L’annonce intervient après trois jours d’intenses discussions avec les Etats-Unis, qui cherchaient à éviter une nouvelle opération militaire turque dans le nord de la Syrie.

Les deux parties se sont entendues pour « prendre sans délai les premières mesures destinées à lever les inquiétudes de la Turquie », et « dans ce cadre de créer rapidement en Turquie un centre d’opérations conjointes pour coordonner et gérer la mise en place de la zone de sécurité avec les Etats-Unis ».

Ces derniers jours, Ankara et Washington ont discuté de la création d’une « zone de sécurité » séparant la frontière turque de certaines positions des Unités de protection du peuple (YPG), la principale milice kurde en Syrie, mais achoppaient sur plusieurs points, notamment la profondeur de cette zone.

Selon le ministère turc de la Défense, le but ultime de la Turquie est de créer un « couloir de paix » qui « garantit que nos frères syriens puissent revenir dans leur pays ».

La Turquie accueille le plus grand nombre de réfugiés syriens au monde: plus de 3,6 millions sont sur son territoire.

Un peu plus tôt, le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, avait qualifié de « positives » les discussions avec les Etats-Unis, a rapporté l’agence étatique Anadolu.

La Turquie a averti à plusieurs reprises qu’elle préparait une offensive contre les YPG.

Cette milice est considérée par Ankara comme le prolongement du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), en conflit depuis 1984 avec l’armée turque et considéré par Ankara comme une « organisation terroriste ».

Mais les YPG sont l’épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition kurdo-arabe que les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux, comme la France, ont appuyée et armée contre les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

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