Edito
20H23 - jeudi 18 juillet 2019

Finale Algérie – Sénégal : la France gagne la Coupe d’Afrique des nations à tous les coups ! L’édito de Michel Taube

 

La finale de la Coupe d’Afrique, qui aura lieu au Caire ce vendredi soir 19 juillet 2019 opposera les fennecs algériens aux lions de la Teranga. Bien que l’événement se déroule sur le continent africain, les deux équipes auront un fort accent tricolore, avec de nombreux joueurs possédant la double nationalité sénégalaise ou algérienne ET française.

Ce match, c’est donc aussi la victoire des Français binationaux.

Editorial d’Opinion Internationale, entretien vidéo avec Bilal Nedman, co-animateur avec Guillaume Asskari de Time Foot sur Beur FM, et les faits par Saliou Diouf. Bref une équipe franco-algéro-sénégalaise pour vous servir.

Avant même que la finale de la Coupe d’Afrique des nations n’ait rendu son verdict, la France peut se réjouir de « sa » victoire. Celle du football à la française, pourrait-on dire, du moins celle de ses entraîneurs et de ses formateurs, car plusieurs des finalistes évoluent dans des clubs français : les Algériens Oukidja (Metz), Tahrat (Lens), Atal (Nice), Bensebaini (Rennes), Abeid (Nantes), Delort (Montpellier) ; les Sénagalais Mendy (Reims), Ciss (Valenciennes), Sabaly (Bordeaux), Ndoye (Angers), Sarr ( Rennes), Niang (Rennes).

Victoire aussi de l’intégration par le football, car les 22 joueurs de la finale (ainsi que les remplaçants) sont souvent binationaux. Nés en France, ils parlent le français, et souvent que le français.

Soyons précis : côté Algérien, 14 joueurs possèdent la double nationalité. Le gardien de but Rais M’bolhi a la particularité d’avoir des origines congolaises par son père, et algériennes par sa mère. On parle donc de triple culture pour ce garçon. Autre particularité dans cette sélection, celle d’Andy Delort. Le joueur de Montpellier est devenu Algérien il y a seulement quelques mois, grâce à ses ascendances maternelles. Certains l’accusent même d’opportuniste. Force est de constater qu’à chaque fois qu’il a porté ls couleurs vert et blanc, il a mouillé le maillot avec motivation et honneur.

Côté Sénégalais, ils sont 8 binationaux (pour être précis 9, car Keita Baldé est sénégalo-espagnol). La plupart des joueurs sénégalais ont joué ou jouent encore en France.

Lors de ce match qui sera regardé dans le monde entier, une autre confrontation tout aussi singulière fera sensation. Elle se déroulera sur les bancs de touche, entre les deux sélectionneurs. Or tous deux ont grandi dans une même ville… française : Champigny-sur-Marne. L’Algérien Djamel Belmadi y est né, le 25 mars 1976, et a grandi dans le quartier du Bois-l’Abbé. Aliou Cissé, le Sénégalais, est arrivé dans cette commune du Val-de-Marne à l’âge de 9 ans, avec sa mère, dans un quartier plus au sud de la ville. Les deux hommes ne se sont pas vraiment côtoyés, mais se sont suivis à travers le prisme du football. 

La Coupe d’Afrique aura donc un vainqueur assuré, Champigny-sur-Marne !

 

Liesse ou violences ?

Vendredi soir, ce sera donc la fête soit à Alger soit à Dakar, mais assurément à Paris, à Marseille et dans de nombreuses villes de France.

Espérons que les scènes de liesse ne soient pas prétexte à violences et pillages, parfois à connotation identitaire mal placée, comme ce fut déjà le cas après la victoire de l’Algérie en quarts et demi-finales. De telles exactions ne ternissent pas seulement la fête. Elles nourrissent les amalgames, la xénophobie et le racisme. Opinion Internationale s’enorgueillit au passage d’avoir lancé un appel au calme.

L’enjeu est de taille. Parmi les nombreux acteurs économiques qui s’inquiètent, la CPME (Confédération des Petites et Moyennes Entreprises) Paris Ile-de-France, par la voie de son président Bernard Cohen-Hadad, rappelle que « les dégradations et les vols déjà commis en marge des rassemblements de supporters consécutifs aux victoires de l’équipe d’Algérie en quart de finale (jeudi 11 juillet) puis en demi-finale (dimanche 14 juillet) de la CAN, interviennent alors que les commerçants du secteur sont pour beaucoup toujours en grande difficulté depuis novembre et le mouvement des gilets jaunes. Cette situation crée une ambiance anxiogène et un manque à gagner en période de soldes. Elle risque aussi, par la répétition des sinistres, de mettre les entreprises touchées en difficultés de trésorerie et de garanties face à leurs banquiers et assureurs. »

Gageons donc que la fête l’emportera ce soir !

Les Sénégalais ou les Algériens de France (sportivement, il n’y aura qu’un vainqueur), et tous les Français pourront faire la fête ensemble. Les premiers se réjouiront que tant de leurs meilleurs joueurs aient été repérés et recrutés par des clubs français. Les seconds peuvent remercier le football africain d’avoir fait briller l’école française sur tout un continent.

Cette symbiose entre la France et le football africain est un clin d’œil et un pied de nez aux aigris et aux sceptiques, aux nationalistes et aux racistes. Certes, gagner le pari de l’intégration est plus difficile encore que gagner la coupe d’Afrique des nations ou même la Coupe du monde. On se souvient des désillusions de la France « black blanc beur » après la victoire de 1998.

Mais l’heure est à la fête, celle du sport, celle du football. C’est aussi celle de l’Afrique avec laquelle la France a une longue histoire commune, souvent difficile et tumultueuse, mais dont les plus belles pages n’ont sans doute pas encore été écrites.

Michel Taube

 

Le regard de Bilal Nedman, animateur de Time Foot sur Beur FM, sur la finale de la CAN

 

Les joueurs des deux équipes, et leur lieu de naissance. En gras, les double-nationaux.

Algérie :

1

G

Azzedine Doukha

(32 ans)

 

 

Chettia (Algérie)

 

16

G

Alexandre Oukidja

(30 ans)

 

 

Nevers

 

23

G

Raïs M’Bolhi

(33 ans)

 

 

Paris

 

2

D

Aïssa Mandi

 (27 ans)

 

 

Châlons-en-Champagne

 

3

D

Mehdi Tahrat

(29 ans)

 

 

Meudon

 

4

D

Djamel Benlamri

(29 ans)

 

 

Alger

 

5

D

Rafik Halliche

(32 ans)

 

 

Alger

 

6

D

Mohamed Farès

(23 ans)

 

 

Aubervilliers

 

18

D

Mehdi Zeffane

(27 ans)

 

 

Sainte-Foy-les-Lyon

 

20

D

Youcef Atal

(23 ans)

 

 

Mechtras

 

21

D

Ramy Bensebaini

(24 ans)

 

 

Constantine

 

7

M

Riyad Mahrez 

(28 ans)

 

 

Sarcelles

 

8

M

Youcef Belaïli

(27 ans)

 

 

Oran

 

10

M

Sofiane Feghouli

(29 ans)

 

 

Levallois-Perret

 

11

M

Yacine Brahimi

(29 ans)

 

 

Paris

 

12

M

Adam Ounas

(22 ans)

 

 

Chambray-lès-Tours

 

14

M

Hichem Boudaoui

(19 ans)

 

 

Bechar

 

17

M

Adlène Guedioura

(33 ans)

 

 

La-Roche-sur-Yon

 

19

M

Mehdi Abeid

(26 ans)

 

 

Montreuil

 

22

M

Ismaël Bennacer

(21 ans)

 

 

Arles

 

9

A

Baghdad Bounedjah

(27 ans)

 

 

Oran

 

13

A

Islam Slimani

(31 ans)

 

 

El Hammamet

 

15

A

Andy Delort

(27 ans)

 

 

Sète

 

 

 

Sénégal :

1

G

Abdoulaye Diallo

(27 ans)

 

 

Reims

 

16

G

Édouard Mendy

(27 ans)

 

 

Montivilliers

 

23

G

Alfred Gomis

(25 ans)

 

 

Ziguinchor

 

2

D

Kara Mbodj

(29 ans)

 

 

Mbour

 

3

D

Kalidou Koulibaly

(28 ans)

 

 

Saint-Dié-des-Vosges

 

6

D

Salif Sané

(28 ans)

 

 

Lormont

 

4

D

Saliou Ciss

(29 ans)

 

 

Dakar

 

12

D

Youssouf Sabaly

(26 ans)

 

 

Le Chesnay

 

4

D

Pape Abou Cissé

(23 ans)

 

 

Pikine

 

21

D

Lamine Gassama

(29 ans)

 

 

Marseille

 

22

D

Moussa Wagué

(20 ans)

 

 

Bignona

 

14

M

Mamadou Loum N’diaye

(22 ans)

 

 

Dakar

 

5

M

Idrissa Gana Gueye

(29 ans)

 

 

Dakar

 

8

M

Cheikhou Kouyate

(29 ans)

 

 

Dakar

 

11

M

Cheikh Ndoye

(33 ans)

 

 

Rufisque

 

13

M

Alfred N’Diaye

(29 ans)

 

 

Paris

 

17

M

Pape Alioune Ndiaye

(28 ans)

 

 

Dakar

 

7

A

Habib Diallo

(24 ans)

 

 

Thies

 

10

A

Sadio Mané 

(27 ans)

 

 

Sedhiou

 

18

A

Ismaïla Sarr

(21 ans)

 

 

Saint-Louis

 

9

A

Mbaye Niang

(24 ans)

 

 

Meulan-en-Yvelines

 

20

A

Keita Baldé

(24 ans)

 

 

Arbucies (Espagne)

 

19

A

Mbaye Diagne

(27 ans)

 

 

Dakar

 

 

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