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17H39 - mardi 9 juillet 2019

La colère de Trump, migrants en Italie, Hong-Kong, taxes sur l’aérien et le routier, l’actualité du 9 juillet en 4 photos

 

Un chien devant les barbelés d’un centre pour migrants à Mineo en Italie le 8 juillet 2019 – AFP / Andreas SOLARO

Italie : fermeture du plus grand centre d’accueil de migrants en Europe

L’ancien plus grand centre d’accueil de migrants en Europe, situé à Mineo, près de Catane (est de la Sicile), devait fermer mardi officiellement ses portes en présence de son plus grand détracteur, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini.

« Promesse tenue », s’était félicité l’homme fort du gouvernement italien une semaine auparavant lorsque les derniers hôtes avaient été transférés du centre d’accueil de migrants (Cara) de Mineo vers une autre méga-structure en Calabre.

Mineo avait connu un pic de fréquentation en juillet 2014 avec plus de 4.100 pensionnaires, avant de voir diminuer sa population petit à petit. A l’arrivée de Matteo Salvini au ministère de l’Intérieur, en juin 2018, ils étaient 2.500.

Plantés dans ce carré de désert sicilien sous 40 degrés, des militaires interdisent désormais l’accès des lieux et scrutent chaque voiture qui passe. Des chiens errants le ventre creux, longtemps nourris des restes du camp, leur tiennent compagnie.

Massimiliano Terrasi, un psychologue qui travaillait dans le centre depuis octobre 2011, se sent un peu dépossédé.

« Les attentes étaient très élevées à l’origine du centre et nous y avons grandi professionnellement. C’est une expérience que peu de personnes dans le monde ont pu faire », décrit-il.

« Bien géré, cela aurait pu être une richesse pour le territoire et la compréhension des populations », regrette-t-il, en laissant sortir sa « colère » face à tant d’années de travail brusquement stoppées, sans reconnaissance.

A l’origine, les migrants disposaient d’assistance, de conditions sanitaires normales. Mais lorsque leur nombre a dépassé les 3.000, les choses se sont gâtées.

 


 

La dirigeante de l’exécutif de Hong Kong, Carrie Lam, tient une conférence de presse, le 9 juillet 2019 au siège de son gouvernement – AFP / Anthony WALLACE

Hong Kong : l’exécutif annonce la « mort » du texte sur les extraditions, sans convaincre

La dirigeante de l’exécutif pro-Pékin de Hong Kong a annoncé mardi « la mort » d’un projet de loi largement décrié autorisant les extraditions vers la Chine mais ses assurances ont été rejetées aussitôt par les contestataires qui ont promis de nouvelles manifestations.

L’ancienne colonie britannique est plongée depuis des semaines dans une grave crise politique, avec des manifestations pacifiques monstres mais aussi des affrontements violents entre policiers et une minorité plus radicale.

La colère, partie du rejet du texte sur les extraditions désormais suspendu, s’est élargie à des exigences plus vastes de libertés démocratiques, les manifestants réclamant aussi l’arrêt de l’érosion des libertés du territoire semi-autonome.

Dans son discours le plus conciliant à ce jour, la cheffe de l’exécutif Carrie Lam a reconnu que ses tentatives pour faire adopter le texte avaient été un « échec total », réaffirmant que le gouvernement ne relancerait pas le processus parlementaire.

« Le projet de loi est mort », a-t-elle lancé lors d’un point de presse. Mais elle s’est refusée une nouvelle fois à parler de retrait pur et simple.

Les protestataires n’ont eu de cesse de réclamer que le texte soit retiré immédiatement de l’ordre du jour du Conseil législatif (LegCo, Parlement local) plutôt que d’attendre qu’il ne devienne caduc, à la fin de la prochaine session parlementaire dans un an.

« Carrie Lam dit que le +projet est mort+, un nouveau mensonge ridicule » car le « texte existe toujours au Parlement jusqu’à juillet prochain », a réagi sur Twitter Joshua Wong, visage de l’immense mouvement prodémocratie de l’automne 2014 fraîchement sorti de prison.

 


 

AFP/Archives / JOEL SAGET

Le gouvernement va alourdir les taxes sur le transport aérien et routier

Le gouvernement va mettre en place dès 2020 une écotaxe de 1,50 à 18 euros sur les vols au départ de la France et réduire l’avantage fiscal accordé aux transporteurs routiers sur le gazole, deux mesures annoncées à l’issue du Conseil de défense écologique mardi.

Pour le transport aérien, sera mise en place à partir de 2020 une écocontribution de 1,50 à 18 euros sur les billets d’avion pour tous les vols au départ de la France, sauf vers la Corse et l’Outre Mer et sauf les vols en correspondance, a annoncé le ministre des Transports Elisabeth Borne.

L’écotaxe, qui ne s’appliquera qu’aux vols au départ de France et non à ceux y arrivant, sera de 1,50 euros en classe éco pour les vols intérieurs et intra-européens, de 9 euros pour ces vols en classe affaire, de 3 euros pour les vols en classe éco hors UE et de 18 euros pour ces vols en classe affaire, a-t-elle précisé.

Cette mesure, qui sera intégrée au projet de loi de finances 2020, s’appliquera à toutes les compagnies aériennes, « car il n’est pas question que notre pavillon national s’en trouve désavantagé », a précisé la ministre.

Cette taxe devrait rapporter 180 millions d’euros à partir 2020, qui seront consacrés à des investissements pour des infrastructures de transports plus écologiques, notamment le ferroviaire, selon la ministre.

« Depuis des mois s’exprime un sentiment d’injustice chez nos concitoyens sur la fiscalité du transport aérien. La France s’est engagée sur la voie de la taxation du transport aérien mais il y a urgence », a expliqué la ministre. « Aussi nous avons décidé comme d’autre pays de mette en oeuvre un écocotribution progressive ».

Elle de concernera pas les vols vers la Corse ou l’Outre-mer, dépendant de ces liaisons aériennes au titre du désenclavement, a-t-elle ajouté.

 


 

Le président américain Donald Trump s’exprime lundi depuis la Maison Blanche – AFP / NICHOLAS KAMM

Trump ne décolère pas contre le « stupide » ambassadeur britannique

Piqué au vif, Donald Trump a poursuivi mardi ses attaques contre l’ambassadeur britannique à Washington, qualifié de « stupide » et d’imbécile prétentieux » dans une escalade verbale qui met à l’épreuve la relation spéciale entre les deux pays.

Le président américain avait initialement réagi avec retenue à la publication samedi dans la presse de câbles diplomatiques dans lesquels le diplomate, Kim Darroch, dressait le portrait peu flatteur d’un président erratique à la tête d’une Maison Blanche chaotique.

Mais le ton a changé. Et les tensions entre le milliardaire républicain et la Première ministre Theresa May, sur le départ, ne semblent pas sur le point de s’apaiser, au moment où le Royaume-Uni se prépare – dans la douleur – à l’après-Brexit.

« L’étrange ambassadeur que le Royaume-Uni a refilé aux Etats-Unis n’est pas une personne qui nous emballe, un type très stupide », a tweeté M. Trump, réitérant par ailleurs ses attaques contre la dirigeante britannique.

« J’ai dit à Theresa May comment conclure un accord mais elle a fait à sa façon ridicule -incapable d’y parvenir. Un désastre! ».

Lundi, il avait assuré que ses équipes n’auraient « plus de contact » avec le diplomate britannique en poste dans la capitale fédérale américaine depuis janvier 2016.

« Sir Kim Darroch a toujours le plein soutien de la Première ministre », avait immédiatement rétorqué Downing Street.

Mais l’équation est délicate. Si la publication de ces notes confidentielles a placé Mme May dans l’embarras, rappeler immédiatement l’ambassadeur à Londres serait interprété comme un signe de faiblesse face aux coups de menton du tempétueux président américain.