Les routes de la Chine
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08H55 - mercredi 31 janvier 2018

Li Mingjun, Pt de la China Europe International Business School : « M. Macron est le bienvenu à la CEIBS »

mercredi 31 janvier 2018 - 08H55

Monsieur Li Mingjun, Président de la CEIBS nous a accordé un entretien le 10 janvier 2018 dans le cadre de l’inauguration du Club Shanghai initié par MM. Bo Xu et Patrice Cristofini (CEPS), en marge de la visite d’Emmanuel Macron, Président de la République française, en Chine.

OI : Comment expliquez-vous que votre École de commerce se soit hissée en si peu d’années dans les premiers rangs des Ecoles de commerce dans le monde ? Vous avez un peu suivi le rythme de développement accéléré que la Chine a connu ces vingt dernières années.

En effet, il aura fallu moins de 25 années pour que la CEIBS, China Europe International Business School, se hisse dans le classement des meilleures écoles de commerce mondiales. Assurément en haut du podium pour toute la zone Asie, notre école a été créée en 1994 suite à une décision commune initiée entre le gouvernement chinois et l’Union Européenne. C’est donc une école par nature très ouverte sur le monde en général et le monde des affaires en particulier.

Si notre principal campus est situé dans le quartier de Pudong à Shanghai, nous sommes implantés dans quelques-unes des principales villes chinoises (Shanghai, Pékin, Schenzhen) mais aussi en Europe (Zurich) et en Afrique (Accra). La CEIBS a diplômé plus de 20.000 étudiants et formé 130.000 cadres d’entreprises.

Dès sa création, nous avons voulu que cette école soit une référence en matière d’enseignement du management. Nous suivons en cela les éléments de notre devise “Conscientiousness, Innovation and Excellence”. Tous nos enseignements sont axés sur la volonté de former des managers responsables qui favorisent le développement économique de la Chine tout en étant capables de nouer des partenariats de toutes natures avec le reste du monde. C’est notre contribution à la globalisation des économies, mais une globalisation que nous voulons responsable. Notre école se veut aussi être une sorte de « think tank », c’est-à-dire une ressource pour penser et mener la transition économique de notre pays tout en établissant des ponts culturels et économiques entre la Chine et l’Europe.

 

OI : Parmi les personnalités françaises qui ont été à l’origine de cette école, figure Jean-Pierre Raffarin, qui y dispense aujourd’hui des cours. Quelle place occupe la France dans votre école ?

La France occupe une place toute particulière. D’abord, parce que nous avons déjà des accords de partenariats avec HEC et INSEAD mais également du fait que la France est un pays leader en Europe qui occupe une place très importante. Je m’applique à ce que nous développions encore plus d’échanges avec la France et que votre pays soit un partenaire privilégié à l’heure où la Chine se développe à un rythme très rapide.

 

OI : En Europe, domine encore l’image que la Chine est « l’atelier du monde ». Est-ce encore vrai ?

Comme je viens de le dire, la Chine change très vite. Certes, nous continuons encore à produire bon nombre de produits mais nous sommes désormais devenus une grande puissance technologique. C’est dans ce contexte de transformation en profondeur de notre économie que la Chine a besoin de grandes écoles qui forment nos jeunes et nos cadres en prévision du monde de demain.

 

OI : Le président de la République Emmanuel Macron s’est rendu en Chine début janvier pour une visite très politique. Il a annoncé qu’il reviendrait chaque année en Chine. Shanghai, qui est la capitale économique, recevra-t-elle le Président français ?

En janvier dernier, la CEIBS était présente à Pékin lors du volet «intelligence artificielle» de la visite présidentielle, et a inauguré la Chaire Charles de Gaulle consacrée au Leadership Global et le Club Shanghai, co-initié par Patrice Cristofini pour le CEPS.

Mais nous souhaitons renforcer nos liens avec la France. C’est pourquoi, nous invitons volontiers le Président Macron sur notre campus, tout comme l’a fait le président helvète, Johann N. Schneider-Ammann, lors de son dernier voyage dans notre pays en 2016.

 

Propos recueillis par Michel Taube. Avec Philippe Boyer.

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