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11H24 - vendredi 12 août 2016

Marine Jurbert : la femme de Rio

vendredi 12 août 2016 - 11H24

Née une année d’olympiade (1992), Marine Jurbert a sans le savoir noué une relation particulière avec les Jeux Olympiques. Une échéance que la championne d’Europe en synchronisé a préparé à Stuttgart avec l’équipe de France. Entretien avec une athlète qui veut aller plus loin, plus haut, plus fort.

Marine JURBERT - Championnat de France à Rouen (France) le 04 juin 2016 - Crédit photo : Emilie Giordano

Marine JURBERT – Championnat de France à Rouen (France) le 04 juin 2016 – Crédit photo : Emilie Giordano

Comment êtes-vous venue au trampoline ?

Je l’ai découvert à l’âge de 4 ans sur les plages pendant les vacances d’été. J’ai continué en club, à Sevran d’abord, puis à Mazamet avec l’entraîneur national Didier Gomez (2002), j’ai ensuite intégré le Pôle France de Rennes. Je suis actuellement licenciée à Levallois.

Où vous côtoyez un certain Lionel Pioline, triple champion du monde. Que vous apporte-t-il en tant que coach ?

Ses conseils et son expérience.

Mais la discipline a évolué depuis trente ans…

La dimension de la toile a été modifiée, ce qui nous permet d’aller beaucoup plus haut. C’est primordial car depuis 2011 la hauteur est une composante de la note. Avec la difficulté, voilà un autre aspect que je dois améliorer pour figurer parmi les meilleures mondiales.

Et votre point fort est ?

L’exécution technique, c’est-à-dire la qualité du mouvement réalisé.

Considérez-vous le trampoline comme un sport à risques ?

Il l’est, comme tous les sports acrobatiques. Mais on a ce qu’on appelle des « réchappes », qui nous offrent la possibilité de se rattraper sur le dos quand on est mal positionné.

Qu’appréciez-vous le plus dans votre discipline ?

Son dynamisme. Et cette sensation d’adrénaline et de liberté quand on est en l’air.

Concilie-t-on aisément sport de haut niveau et études quand on pratique un sport amateur ?

On essaie, malgré les deux entraînements par jour, cinq fois par semaine. J’ai passé le Bac en deux ans et mon BTS assistante de manager mais, compte tenu de la lourde préparation pour les JO, j’attendrai l’année prochaine pour entamer ma troisième année de licence en économie et gestion. Les Chinoises font huit heures par jour de trampoline, c’est leur métier ; ici c’est plus compliqué…

A quoi avez-vous pensé quand vous avez appris votre repêchage pour les JO de Rio ?

Contrairement à ce qui a été écrit, je n’ai pas été repêchée ! J’ai obtenu la dernière place possible qualificative pour les Jeux. Il y en avait seize et la France a terminé 16e. C’était l’objectif fixé car il y a quatre ans on l’avait raté d’une place.

C’est la première fois que la France sera représentée chez les femmes : est-ce une pression ou une motivation supplémentaire ?

C’est une motivation et une excitation. C’est l’aboutissement de nombreuses années de travail. Je suis aussi très fière d’avoir rompu le cycle. J’espère qu’on est sur une nouvelle lancée et que dans quatre ans il y a aura deux filles. On a rattrapé un peu notre retard, on a fait pas mal de résultats au niveau européen, mais au niveau mondial ça pêche encore…

Le trampoline a fêté ses 50 ans en 2015  : que faire pour développer encore plus sa pratique en dehors de l’aspect loisir ?

Il faudrait plus de détection, car il n’y a pas beaucoup de jeunes pour la relève et on n’a pas beaucoup de clubs en France, peu de gens connaissent et donc ne viennent pas. Médiatiquement, ce n’est pas un sport comme le judo où il y a eu des médailles olympiques, donc les personnes ne le voient pas.

Va jouer à la Barbie !

Aujourd’hui les filles ont donc leur place dans le mode du sport mais quelques jours avant l’ouverture des prochains JO à Rio de Janeiro, certaines réalités soulèvent encore des interrogations.