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11H33 - lundi 30 mai 2016

Du sport de haut niveau au handicap

lundi 30 mai 2016 - 11H33

Si certains aiment regarder le sport dans leur fauteuil, d’autres feraient tout pour quitter le leur qu’ils n’ont pas choisi. Pour Max Brito, Sandra Laoura et Kevin Anin, trois anciens sportifs de haut niveau, devenus tétraplégique et paraplégiques, la vie s’est chargée de leur dicter sa dure loi.

Crédit photo : Pierre-Yves Beaudoin, Wikimedia Commons

Crédit photo : Pierre-Yves Beaudoin, Wikimedia Commons

Pour l’ex-joueur de rugby et pour l’ancienne skieuse de bosses, le drame s’est déroulé en juin 1995 et en janvier 2007, sur le lieu même de leurs exploits. Quant au jeune footballeur, lui était endormi à l’arrière d’une voiture en juin 2013 dont le conducteur (condamné en mars dernier à 18 mois de prison ferme) a perdu le contrôle.

Aujourd’hui, celui que le milieu du ballon rond considérait comme dépressif vit sereinement au Havre, où il est né il y a bientôt (le 5 juillet) trente ans, notamment grâce au soutien de sa mère et sa sœur. Dans un entretien accordé à L’Équipe en octobre 2015, il déclarait même : « Si j’avais aujourd’hui mes jambes, si je jouais encore au foot, peut-être serais-je devenu fou ! Il y a du bon dans ce que je vis. »

Une affirmation qui ne cache cependant pas une réalité cruelle : la difficulté d’accepter le handicap. De l’accident à l’opération, en passant par la rééducation, la voie s’apparente plus à une double peine qu’à un chemin pavé de bonnes intentions.

Et que dire quand le corps est meurtri pour sa plus grande part, comme c’est le cas de Max Brito, dont les « ailes » se sont brisées lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud – année où le professionnalisme a fait son entrée dans le rugby ? Plaqué par un adversaire tonguien en début de match, l’ex-trois quart ivoirien ne s’est jamais relevé du regroupement qui a suivi, comme l’expliquait si bien Frédéric Potet dans son article paru dans Le Monde en octobre 2007. Quatrième et cinquième vertèbres cervicales déplacées et l’esprit embué après cette action si anodine d’ordinaire, cet « homme du Sud-Ouest » (joueur de Biscarosse, de Bègles-Bordeaux…) vit la plupart du temps couché avec « ce con de handicap » sa « peste », qui « le tue » et qu’il « n’acceptera jamais ».

La douleur, encore et toujours au quotidien, comme l’évoquait Sandra Laoura à nos confrères du Figaro il y a deux ans, à l’approche des Jeux olympiques d’hiver de Sotchi. Physique mais aussi morale, puisque la médaillée de bronze aux JO de Turin en 2006 éprouve toujours un sentiment étrange à l’approche de la grande échéance sportive.

Mais, contrairement à ses collègues masculins, l’ex-free styleuse a su rebondir… dans le sport pour avancer dans la vie. La télé d’abord (France Télévisions, Eurosport), le Comité national olympique depuis 2012, en tant que chargée de mission dans l’événementiel. Soirée des champions, club France de Londres, Sotchi, puis Rio cet été… Autant de manifestations « au service des athlètes », comme elle aime à nous le rappeler. Et pour continuer à rêver, même par procuration…