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12H19 - mercredi 18 mai 2016

Véronique Mondy : « Ce n’est pas toujours facile pour une femme de se faire comprendre »

mercredi 18 mai 2016 - 12H19

Véronique Mondy est la seule femme patronne d’écurie à avoir présenté une équipe aux dernières 24 heures du Mans moto (38e sur 57 inscrits).

Véronique Mondy 2

Crédit photo : Sylvain Barthelemy

 

Rencontre avec ce personnage atypique des sports mécaniques.

Quel est votre parcours personnel ?

J’ai commencé en tant que bénévole au circuit Carole en 2003 et 2004, puis comme responsable de la communication au sein d’un moto club jusqu’en 2010. En 2011, j’ai décidé de monter mon propre moto club : MC VERO (Vitesse Endurance Roulage Organisation). Nous comptions presque 150 licenciés en 2015. J’organise des entraînements sur circuits pour les concessionnaires et pour les pilotes qui préparent un championnat. Ou même pour ceux qui veulent venir pour la première fois sur piste : on les aide sur la position, les trajectoires…

Comment devient-on patronne d’une écurie moto ?

Avec de l’ambition et de la volonté. Il faut aussi être persuasive car ce n’est pas toujours facile pour une femme de se faire comprendre. Mais de plus en plus d’hommes dans le milieu des sports mécaniques comprennent qu’ils ont besoin de nous pour avancer ! Moi j’ai materné mon équipe pendant un an et demi. D’ailleurs certains m’appellent maman.

Quelles ont été les différentes étapes de votre préparation, du 1er février 2015 jusqu’au début de la course ?

J’ai en fait commencé beaucoup plus tôt. En étant sur les circuits comme technique ou commissaire de stand, on voit l’intérieur des équipes et on prend des infos. Mon mari et moi sommes ensuite allés par trois fois aider des équipes sur des 24 heures, Barcelone et Magny-Cours pour le Bol d’or : j’étais chef de stand, second du Team Manager, et mon mari chef mécano. Nous avons appris à gérer la course mais aussi l’équipe.

En octobre 2014, est venue l’étape de l’achat de la moto, une 1000 GSXR.

J’avais déjà un pilote qui avait dit oui, nous avons ensuite trouvé les deuxième et troisième pilotes. Je voulais vraiment les choisir parmi les licenciés du moto club, cela n’a pas été possible, car le pilote doit avoir la condition physique mais aussi le budget pour rouler. Et comme nous ne sommes pas une grosse équipe…

Enfin, nous avons dû dénicher des sponsors.

À combien se monte le budget d’une équipe comme la vôtre ?

Pour préparer une moto, c’est environ 12 000 à 15 000 euros, plus le prix de la moto. On en avait deux, la deuxième à été prêtée par un membre de l’équipe. Ensuite, il y a toutes les pièces de rechange, poly, jantes, leviers, vannes Zenith, réservoir 24 litres… ce qui représente environ 8 000 euros. À cela, il faut ajouter l’équipement, comme la cabine de panneautage, les tuyaux pour le remplissage d’essence, le support pneus, soit 5 000 euros. La semaine avec les essais des 24 heures (inscription, pneus, essence, nourriture sur sept jours pour trente personnes) : 15 000 euros.

Combien de personnes composent votre équipe ?

Nous sommes vingt-huit.

Vos pilotes sont tous amateurs : quels métiers exercent-ils au quotidien ?

Christophe est commercial moto, Jean-Christophe mécano chez Audi, et Mathieu ingénieur d’application.

Les 24 heures du Mans, c’est le sommet de votre carrière ou seulement une étape ?

C’est une étape ! J’espère en faire d’autres (on pense déjà à 2017), et pourquoi pas un jour tout le championnat ?

Pouvez-vous me parler plus en détail de la course fin juin au circuit Carol handisport avec le team Vero ?

Ce n’est pas moi qui l’organise, on sera commissaires techniques, mais plusieurs pilotes du Moto Club VERO vont y participer.

Les participants sont pour la plupart paraplégique et donc en fauteuil, les motos sont adaptées à leur handicap, mais on ne fait pas de différence : ils sont pilotes comme les autres et doivent respecter les consignes et règles de sécurité.

Quand ils viennent s’entraîner sur mes roulages, je ne fais pas de différence : ils sont comme les valides pour moi, même si évidemment on fait plus attention pour les départs car on doit tenir leur moto.