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12H43 - mardi 26 avril 2016

Jean-Pierre Karaquillo : « Il est difficile de copier un état d’esprit »

mardi 26 avril 2016 - 12H43

En créant le CDES en 1977 dans la ville où il est né, le Limougeaud Jean-Pierre Karaquillo a révolutionné le droit du sport.

Entretien avec un personnage incontournable du monde sportif français.

Jean-Pierre Karaquillo

Jean-Pierre Karaquillo – Crédit photo : Frederique Mouveroux / CDES

 

Pourquoi avoir fondé le Centre de droit et d’économie du sport ?

J’avais envie de revenir dans mon milieu naturel, car je suis un enfant légitime du sport et un enfant adoptif de l’université.

Votre structure est connue pour son système humain de recrutement, pouvez-vous détailler ce processus qui ne place pas les diplômes au centre du débat ?

Nous privilégions les critères de loyauté et d’intégrité. Quand j’ai rencontré Zinédine Zidane pour la première fois, je lui ai dit : « Vous êtes une star, cela ne m’intéresse pas, mais je me suis renseigné sur l’homme que vous êtes et vous correspondez à nos critères. Posez votre candidature. » Il y a aussi les exemples d’Étienne Capon (directeur général de la Ligue nationale de handball) et d’Arnaud Dagorne (directeur général de la Fédération française de volley-ball) qui ont dû se présenter à trois reprises : le premier car il n’était pas prêt, le second parce qu’il paraissait trop triste.

Votre reconnaissance doit certainement faire des jaloux, craignez-vous que votre modèle d’excellence soit copié ? 

Il est difficile de copier un état d’esprit. Et puis, le CDES a participé à la création de toutes les ligues professionnelles, du syndicat des joueurs et entraîneurs, des unions de clubs, exception faite du foot. Nous sommes des faiseurs !

Vous vous êtes aussi développé à l’international par le biais du Master in European Sport Governance (Mesgo : maîtrise en gouvernance sportive européenne) .

Oui. L’idée vient de Gianni Infantino quand il occupait le poste de directeur général de la Fifa (il est aujourd’hui président). Il a voulu qu’on mette en place ce diplôme. Mais c’est nous qui avons fait les propositions techniques.

Les notions de droit et d’économie ont-elles jamais été aussi fortes qu’aujourd’hui ?

Je ne sais pas, mais on a un grand principe : on considère que le sport doit être régulé juridiquement et économiquement, on est opposé au libéralisme.

En instaurant Les Défis du Sport, vous relevez un nouveau challenge ?

Quand on ne crée pas, on régresse. Quand j’ai créé la formation de manager général, on m’a dit que j’étais fou, mais je l’ai fait quand même et j’ai trouvé l’argent car je connaissais les présidents de ligues et de fédérations.

Les Défis du Sport solidarité, c’est le volet caritatif de la manifestation ?

L’action avec Mécénat chirurgie cardiaque a permis de mettre aux enchères des maillots lors des repas cette année. Ceux de Zidane et d’Ibrahimovic ont été achetés et donnés à un enfant. Et les bénéfices du match opposant les internationaux de la génération 1998 à l’équipe des All stars managers du CDES ont été reversés à des œuvres caritatives et des projets d’insertion par le sport ou dans le sport.

Envisagez-vous déjà le prochain défi du CDES pour ses quarante ans en 2017 ?

Je ne sais pas on verra, peut-être que cela ne m’appartiendra plus. Le plus important, ce sont les gens qui sont là : 10 nationalités et 59 internationaux étaient présents cette année. Les 7 arbitres du Tribunal arbitral du sport sont même venus me voir en me disant : « C’est toi qui a créé le droit du sport ». C’est important de sentir la chaleur des gens…