Esprit Sports
15H28 - jeudi 10 mars 2016

Fabien Laniel : « Nous souhaitons organiser des championnats du monde en sport adapté en 2019 »

jeudi 10 mars 2016 - 15H28

Vainqueur des Trophées du sport responsable en décembre 2014 à Paris, le Rhodia club tennis de table a dès 2007 permis de mettre en valeur le Sport adapté.

Rencontre avec Fabien Laniel, éducateur sportif au sein de cette structure rhône-alpine et initiateur du projet.

DSC_0299

Equipe du Rhodia Club Tennis de Table – Crédit photo : Rhodia Club Tennis de Table

 

Comment est né le Rhodia club tennis de table ? Où est-il implanté ?

Par le biais du comité d’entreprise de Rhône-Poulenc il y a presque cinquante ans. Les clubs de sport créés à l’époque regroupent aujourd’hui 20 sections pour 3 500 adhérents. Le RCTT est situé à 60 kilomètres de Grenoble et à 20 kilomètres de Vienne au sein d’une agglomération composée de quatre communes ; ces clubs se sont formés autour des usines quand le CE de Rhône-Poulenc est parti.

 

Qu’est-ce que le Sport adapté ?

Il concerne le handicap mental, comme la Trisomie 21. Pour les handicaps physiques (surdité, invalidité, etc.) on parle de handisport.

 

Pourquoi avoir attendu 2007 pour créer une section dédiée ?

Parce que jusque-là c’était difficile d’accès. J’ai lancé le projet avec mes dirigeants alors que le club faisait du haut niveau. Depuis, il se concentre sur le sport pour tous. On essaie de faire sortir les handicapés de leurs centres « réservés » : en arrivant au club, ils peuvent échanger avec d’autres personnes de leur âge et s’entraîner en intégration totale. Sur cent adhérents, nous comptons aujourd’hui vingt licenciés en Sport adapté.

 

Votre club est-il accessible à tous les handicaps ?

Tous les gymnases de l’agglomération sont adaptés.

 

D’autres aménagements sont-ils prévus ?

Je ne pense pas car on est dans les normes, excepté pour les toilettes handicapées qui vont être construites.

 

Les titres accumulés par Christophe Lefebvre dans cette discipline ont-ils joué pour l’attribution du Trophée du sport responsable catégorie « accessibilité » ?

Je ne pense pas. Ce qui a primé c’est le mélange handicap/valide et ce qu’on a offert aux handicapés : une vie sociale avec une association qui permet de s’investir sur un projet. D’ailleurs, en dehors de Christophe, nous pouvons citer Michael Garnier, vice-champion de France junior, et notre équipe senior, championne de France Division 1 en 2013 à domicile (Ndlr : l’équipe Rhône-Alpes était composée uniquement des joueurs du RCTT).

 

Que représente cette récompense pour votre club : une consécration ou une simple reconnaissance du travail accompli ?

Les titres ne sont pas un aboutissement en soi, d’ailleurs on ne s’attendait pas à recevoir le trophée, encore moins des mains de Zinédine Zidane ! On permet simplement aux gens de pratiquer une activité physique. Mais c’est une reconnaissance car on pousse vers l’avant, on est sur des projets encore plus ambitieux, comme l’organisation des championnats du monde en Sport adapté en 2019.

 

Pourquoi n’avez-vous pas obtenu de trophée en 2015 ?

On ne pouvait pas postuler de nouveau avec le même projet, mais on dispose toujours du label « sport responsable » remis par Generali. Les organisateurs nous ont quand même invités pour les Trophées 2015 au Stade de France. C’était en décembre dernier, quinze jours après les attentats…