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15H42 - lundi 25 janvier 2016

Pandémie de corruption, le tennis atteint

lundi 25 janvier 2016 - 15H42

Longtemps considéré comme un sport de gentlemen, le tennis n’échapperait désormais plus aux déviances de son époque dont la corruption n’est que la partie visible d’un iceberg aux dimensions incommensurables.

 

Roger Federer - Crédit photo : Mike Mc Cune - Wikimedia Commons

Roger Federer – Crédit photo : Mike Mc Cune – Wikimedia Commons

 

Hier encore, le New York Times affirmait qu’un match de double mixte du premier tour de l’open d’Australie disputé ce même jour « avait enregistré un nombre de paris inhabituel ». Comme une suite logique des révélations la semaine dernière de l’enquête menée par la BBC et le site Internet BuzzFeed, qui jettent des soupçons sur 16 des 50 meilleurs joueurs mondiaux. Le Serbe Novak Djokovic, actuel numéro 1 mondial, a d’ailleurs révélé « avoir été approché en 2007 pour perdre un match ». D’autres, comme l’Australien Lleyton Hewitt, qui a disputé le dernier match de sa carrière dimanche, ont même vu leur nom cité dans le dossier.

Pourtant, comme l’écrit le journaliste Christophe Thoreau sur son blog tennis « on ne sait pas encore si les révélations de la BBC et du site BuzzFeed vont ou pas accoucher d’une souris ». Non par manque de preuves (que réclament Federer et consorts), mais par manque de transparence et de volonté affiché par les décisionnaires, comme on a pu l’observer dans d’autres disciplines.

Il y a eu d’abord l’Union cycliste internationale, dont un rapport avait pointé du doigt les « traitements de faveur » accordés à Lance Armstrong… sans toutefois l’accuser directement de corruption. En 2011, quatre ans avant le départ forcé de son président Sepp Blatter, la Fédération internationale de football avait minimisé les conclusions d’un rapport interne évoquant une affaire de corruption dans le cadre de l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 ! Début janvier, l’athlétisme s’est lui aussi retrouvé dans le viseur des amoureux du sport, après la mise en examen de l’ex-président Lamine Diack pour corruption passive.

Cet arbre pourrait cacher une forêt, car d’autres membres de l’IAAF sont toujours soupçonnés du même délit. Et malheureusement, ce contexte risque d’inciter le tennis à protéger ses stars impliquées, parce qu’elle en compte bien peu et surtout que le « spectacle doit continuer », comme l’écrit encore Christophe Thoreau…