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17H33 - mardi 1 octobre 2013

Les gardiennes de la paix, une force nécessaire

mardi 1 octobre 2013 - 17H33

Afin d’accroître le succès des opérations internationales de maintien de la paix et de la sécurité, l’Organisation des Nations Unies cherche à y renforcer la place et le nombre des femmes. Alors que des mesures sont mises en place dans ce sens, l’objectif est encore loin d’être atteint, notamment car le recrutement des femmes dépend de l’effort individuel des pays contributeurs des opérations de l’ONU.

Femmes casques bleus

 

« Aujourd’hui je voudrais affirmer, à partir de la vaste expérience du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) sur le terrain, que les femmes peuvent et doivent jouer un rôle principal dans la participation politique, la résolution de conflit et le processus de paix », a déclaré le secrétaire général adjoint de l’ONU Hervé Ladsous le 30 novembre 2012 au Conseil de sécurité à New York. Cette déclaration fait lieu de rappel d’un engagement contracté par l’ONU douze ans auparavant. En effet, le 31 octobre 2000, était adoptée la résolution 1325 qui visait, entre autres, à augmenter la participation des femmes dans les missions de paix.

Cette résolution du Conseil de sécurité de l’ONU fait date dans l’histoire des droits des femmes : elle est la première à s’être focalisée sur les conséquences néfastes de la guerre sur les femmes, ainsi que sur le rôle des femmes au sein de l’organisation. Elle demande aux Etats membres de mettre en place des démarches d’intégration des femmes à tous les niveaux (nationaux, régionaux et internationaux) ou encore d’accroître leur soutien financier et logistique au domaine de la sécurité.

 

En quoi les femmes garantissent-elles la réussite de ces missions ?

Outre la volonté d’appliquer une parité des sexes au sein des missions des Nations Unies, la participation des femmes est primordiale puisqu’elles jouent un rôle déterminant dans les relations avec la population. Les femmes et les enfants, souvent victimes de crimes de genre lors des conflits armés, ont tendance à se sentir plus en sécurité et en confiance avec les femmes soldats. Au cours d’une conversation entre les femmes soldats et les victimes de viol, les barrières sont abaissées. Le rôle des soldates de la paix devient dès lors crucial pour assurer une paix et sécurité physique et affective recherchée par les victimes.

 

Les femmes Casques bleus, une force en pleine croissance

Aujourd’hui, les efforts pour accroître la place de la femme dans les opérations de l’ONU s’accumulent et présentent un bilan encourageant. Alors que seulement vingt femmes ont servi parmi les casques bleus de 1957 à 1989, leur nombre a nettement progressé. En effet, le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) a relevé, depuis le vote de la résolution 1325 à 2010, une augmentation de 3,33% de la part des femmes dans les corps militaires et civils. Les femmes constituent dorénavant 30% des 7500 personnels internationaux de l’ONU qui travaillent au maintien de la paix. De plus, l’envoi d’unités policières entièrement féminines témoigne du progrès réalisé. Ainsi, depuis que l’Inde a ouvert la voie en 2007, deux contingents féminins du Bangladesh ont suivi les années suivantes, avec la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) et la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo (MONUSCO).

 

Stimuler la contribution des femmes

Mais la participation des femmes reste faible : elles représentent seulement près de 10% des forces policières de l’ONU et un peu plus de 2% de l’armée onusienne. La contribution inégale des pays explique notamment ce faible taux. Surtout, il semblerait que la résolution 1325 soit devenue un simple instrument de rhétorique, que les pays ne savent comment appliquer. Un rapport publié en juillet 2013 par le International Peace Institute montre en effet qu’un manque de compréhension de la résolution par les Etats, s’ajoutant à des normes et comportements sociaux discriminants, explique la lenteur de la hausse de la participation des femmes.

Les Nations-Unies, avec le soutien d’ONU-Femmes, tentent par conséquent de sensibiliser les Etats sur le besoin de la parité dans les missions de maintien de la paix. En août 2012 a ainsi été adopté le plan d’action UN-SWAP, qui préconise quinze indicateurs de performance engageant les Etats membres à adopter des stratégies liées à l’égalité des sexes. Un engagement que le Burkina Faso a souhaité suivre en janvier de cette année, par le biais d’un atelier présentant une stratégie d’intégration des femmes de la police et gendarmerie nationale aux opérations de paix.

Etudiante en journalisme à Londres

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