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16H26 - jeudi 26 septembre 2013

Gros coup de pouce à l’entrepreneuriat au féminin : enfin !

jeudi 26 septembre 2013 - 16H26

Najat Vallaud-Belkacem, la ministre des Droits des femmes a proposé fin août un plan d’action pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin et faire passer de 30 à 40 % la part de femmes créatrices d’entreprises d’ici 2017. En effet, la part des créatrices stagne en France à hauteur de 30% depuis plus d’une décennie… Or si ce seuil de 10 % supplémentaire était atteint, cela représenterait 82 000 entreprises créées et une très belle avancée dans l’égalité homme-femme.

 

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des droits des femmes

 

Pour atteindre cet objectif, ce plan comporte plusieurs axes majeurs : sensibiliser davantage à l’entrepreneuriat féminin, renforcer l’accompagnement des femmes entrepreneures, améliorer leurs conditions d’accès au financement, prendre en compte les difficultés liées aux modes de garde. Il fait suite aux conclusions des travaux menés pendant les Assises de l’Entrepreneuriat.

 

Sensibiliser les jeunes filles à la création d’entreprises dès le collège

 

La création d’entreprise reste encore un territoire très masculin, comme un réflexe conditionné ancré dans les mentalités. Aussi sensibiliser à l’entrepreneuriat féminin, dans les collèges, les lycées et au sein de l’enseignement supérieur est une première démarche permettant d’ouvrir cette possibilité, cette autre voie aux jeunes filles. Il est ainsi prévu que la création d’entreprise par des femmes fasse partie du programme au titre du nouveau parcours individuel de découverte du monde économique. Une semaine de sensibilisation à l’entrepreneuriat féminin a été testée au printemps dernier avec succès. Cette semaine sera généralisée  dans les collèges, lycées et établissement de l’enseignement supérieur au printemps 2014. Un travail de sensibilisation sera également effectué dans les universités avec un volet de formation à l’entrepreneuriat et la signature d’une charte pour l’égalité homme-femme dans l’enseignement supérieur. Notons aussi qu’une journée de l’entrepreneuriat féminin existe déjà depuis un an, programmée le 2 octobre.

Enfin l’instance majeure de financement BPI France proposera à ses structures partenaires de créer des concours spécifiques dédiés aux femmes pour encourager les créatrices à se lancer.

 

La préparation d’un site ressource dédié aux créatrices et la mise en place de parcours dédiés

 

Pour mieux conseiller, accompagner les femmes entrepreneures, un site internet émanant de l’APCE, à la fois espace d’orientation et d’information, devrait être lancé en octobre. « Les créatrices pourront y trouver des réponses à leurs question, découvrir des témoignages d’autres créatrices, des contacts près de chez elles « , explique Frédérique Clavel, présidente de l’Agence pour la Création d’Entreprise. A noter qu’il existe aussi depuis plusieurs années le Forum des Créatrices, qui totalise presque 4 000 membres et des centaines de sujets de discussions. Ce forum a été repris et est piloté par l’association des Mampreneurs (mamans entrepreneures), association dirigée par Céline Fénié. Le nouveau site dédié aux créatrices permettra également de faire office d’observatoires de l’entrepreneuriat au féminin, afin de mieux étudier la progression et les attentes des femmes entrepreneures.

Les acteurs de l’accompagnement en création d’entreprise devront aussi, d’ici la fin de l’année, mettre en place des plans d’actions spécifiques pour mieux accompagner les femmes créatrices et leur proposer des prestations adéquates (formations, mentorat, aides à la création d’activité…).

 

Améliorer l’accès au financement

 

Une grande majorité des femmes se lancent avec moins de 10 000 euros. Très peu osent demander un emprunt bancaire. Et quand elles le font, cela relève souvent du parcours du combattant mixé avec Questions pour un Champion de la comptabilité… Sur ce point, les femmes sont encore nettement défavorisées par rapport aux créateurs. Le plan prévoit donc de renforcer le FGIF (Fonds de Garantie à l’Initiative des Femmes) avec une enveloppe en hausse de 25%, représentant de 30 à 40 millions d’euros de prêts bancaires potentiels dédiés spécifiquement aux femmes. Cette garantie, pouvant couvrir jusqu’à 70% du prêt bancaire, est ouverte à toutes les femmes créatrices. En outre, avec un FGIF, la banque ne peut plus demander de caution personnelle à la créatrice.

De même un fonds expérimental sera créé dans 3 régions (Poitou-Charentes, Rhône-Alpes et Limousin) d’ici fin 2013, alliant la Caisse des Dépôts et Consignations, le Conseil Régional, des organismes consulaires et des banques pour aider les femmes entrepreneures, en proposant des prêts jusqu’à 35 000 euros par projet. Concernant les relations des femmes créatrices et les banques, la signature d’une charte avec la Fédération des banques françaises est prévue, afin qu’elles forment mieux leurs conseillers dans l’accueil des créatrices d’entreprise, ce qui permettra – espérons – d’éviter les questions du type « mais qui va garder vos enfants ? », « pour combien avez-vous participé à l’achat de la maison de votre mari ? », etc.

 

La gestion des enfants et de la double journée pour les femmes créatrices

 

Créer son entreprise quand on est maman, signifie trouver un mode de garde adéquat. Or en tant qu’entrepreneure, c’est quasi impossible d’accéder aux crèches, faute de pouvoir présenter une feuille de paye. C’est pourquoi le plan préconise aussi que des fonds spécifiques puissent être créés sous l’égide de la BPI, pour aider à la prise en charge financière de modes de gardes d’enfants. Pour la double journée, hélas, pas de mesure gouvernementale spécifique, mais la génération Y est heureusement beaucoup plus dans le partage équitable des tâches.

Bref, ce plan est un vrai coup de pouce aux femmes entrepreneures et nous ne pouvons que nous en réjouir. En revanche, ce changement de mentalités et de regard sur les femmes créatrices prendra du temps et nécessitera une cohésion de tous les acteurs de l’entrepreneuriat. Disons que la première marche sur l’escalier de la reconnaissance a été posée et passée…

 

 

Valérie Weill

Consultante en création d’entreprise

Cabinet RH Anveol

 

 

 

 

 

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