La Citoyenne / The female citizen
Etats-Unis /
11H22 - lundi 8 juillet 2013

Aux Etats Unis, les campagnes de sensibilisation à la grossesse chez les adolescentes semblent porter leurs fruits

lundi 8 juillet 2013 - 11H22

Selon une étude du Center for Disease Control and Prevention (CDC) publiée en mai dernier, le taux de grossesse chez les adolescentes âgées entre 15 et 19 ans aux Etats Unis connaît son taux le plus bas depuis 1991. Si cette baisse, répartie inégalement sur le territoire, illustre une certaine réussite des programmes de prévention contre la grossesse chez les adolescentes, elle montre un succès en demi-teinte.

 

La campagne de sensibilisation de la mairie de New York sur les grossesses chez les adolescentes fait polémique.

La campagne de sensibilisation de la mairie de New York sur les grossesses chez les adolescentes fait polémique.

Le taux global de natalité chez les adolescentes américaines réduit de moitié en 20 ans

En 1991, le gouvernement américain faisait le bilan, inquiétant, du taux de grossesses dites anticipées chez les adolescentes ; le taux de naissances chez les 15-19 ans avait atteint le record de 62,1 pour 1000. Ces grossesses souvent non désirées, ont un effet néfaste tant sur la mère que sur l’enfant. Selon le CDC, l’adolescente peut avoir un comportement irresponsable – consommation de cigarettes, alimentation non équilibrée – qui peut entraîner de graves conséquences sur la santé de l’enfant. Les risques de naissances prématurées, de faible poids à la naissance ou de mourir en bas-âge sont ainsi accrus lorsque la mère est adolescente. Ce qui coûte très cher au gouvernement. Celui-ci a économisé 8,4 milliards de dollars grâce à la réduction d’un tiers du taux de natalité chez les 15-19 ans entre 1991 et 2008. En outre, entre 2007 et 2011, le CDC a noté une baisse de ce taux de 26% sur l’ensemble du pays (soit 329 797 naissances en 2011).

 

Une diminution inégale mais constante

L’étude montre une disparité ethnique importante. En 1991, les femmes d’origine afro-américaine étaient les plus touchées par les grossesses précoces, avec 118,2 naissances pour 1000 adolescentes – soit quatre fois plus que chez les adolescentes d’origine asiatique. Les chiffres ont chuté, et l’on ne compte plus que 47,4 naissances pour 1000 adolescentes. Les écarts entre les différentes communautés sont aujourd’hui largement restreints, en raison principalement de la réduction de 34% du taux de naissances chez les adolescentes d’origine hispanique.

La baisse est plus lente dans les zones rurales, où le taux de natalité a baissé de 32% entre 1990 et 2010, comparé à 49% dans les zones urbaines. Bill Albert, directeur des programmes de l’ONG National Campaign to Prevent Teen and Unplanned Pregnancy, appelle à davantage d’efforts dans les zones rurales, où réduire le taux de natalité chez les moins de 20 ans passerait par aider les adolescentes, dont l’accès aux soins et à l’éducation est faible, des facteurs qui s’ajoutent à la pauvreté.

 

Que reflète cette baisse historique ?

De nombreux facteurs justifient ce recul considérable. Parmi eux, l’accès aux divers moyens de contraception qui, malgré les polémiques, se démocratise doucement. Le gouvernement a fait de l’éducation sexuelle un projet prioritaire, dans l’espoir d’informer autant que possible les adolescent(e)s et d’aller vers des comportements sexuels responsables. En 2009, l’administration Obama a investi dans des programmes d’éducation sexuelle dans les établissements scolaires, pour un budget de 114,5 millions de dollars.

La campagne de sensibilisation trouve écho au sein des médias dans des émissions de télévision telles que « 16 and pregnant » ou encore « Teen Mom ». D’après une étude menée par la National Campaign, ces émissions auraient un effet positif sur les adolescentes. En effet, parmi un groupe de 1000 filles qui ont vu « 16 and pregnant », 82% d’entre elles pensent que le programme de MTV les aide à prendre conscience des réelles conséquences de la grossesse.

 

Les  campagnes publicitaires : efficaces ou offensives ?

Le second média favorisé par ces campagnes est celui de l’affiche publicitaire illustrant le tragique sujet de société qu’est la mère adolescente. Toutefois l’efficacité de ces affiches reste incertaine et plutôt polémique. Ainsi, dans l’état de Chicago, le Département de la santé publique a placardé des affiches qui montrent des adolescents dont l’apparence a été modifiée pour les faire paraître enceinte. Ces campagnes dérangeantes font écho à celle lancée par l’administration des ressources humaines de la ville de New York, qui met en scène des bébés en pleurs avec des slogans tels que « Tu viens d’avoir un nouveau boulot ? Sache que je coûte des milliers chaque année. »

Dans les deux cas, la mère célibataire est stigmatisée ; ces campagnes, en plus d’exercer une pression morale sur les parents, effraient et font culpabiliser. Selon Yamani Hernandez, directrice exécutive de l’organisation de l’Illinois Caucus for Adolescents Health, ces affiches sont dégradantes. Brian Richardson, le porte-parole du Département de la santé publique de Chicago, voit en ces campagnes un moyen sûr « d’attirer l’attention des gens » sur un sujet « qui affecte vraiment la société ». Les campagnes de prévention apportent bien des résultats positifs, mais à quel prix ? En attendant, les Etats Unis détiennent toujours le taux de grossesse parmi les adolescentes le plus élevé du monde.

Etudiante en journalisme à Londres

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