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09H58 - vendredi 7 juin 2024

Pour que les futures générations soient intégralement formées aux gestes qui sauvent. Tribune trans-partisane de sénateurs, députés et organismes de santé.

 

50 000 Français sont victimes d’un arrêt cardiaque soudain chaque année.
Neuf sur dix en meurent.

Pour sauver une personne en arrêt cardio-respiratoire, il faut agir dans les 4 minutes. Chaque minute qui passe diminue de 10% les chances de survie de la victime. Or, en moyenne, les secours mettent 13 minutes à arriver sur place. En 2021, le Centre d’expertise Mort Subite de Paris(1) estimait que, face à une personne qui fait un arrêt cardiaque, entre 80 et 90% des Français n’ont pas le réflexe de prodiguer un massage cardiaque. On estime également qu’un témoin sur deux refusera de toucher la victime, même aidé par les secours au téléphone.

Le citoyen est pourtant le premier maillon de la chaîne de secours.
Une vraie généralisation de la maîtrise des gestes de premiers secours sauverait 3 000 à 4 000 personnes par an.

C’est forte de ce constat que Mme Béatrice Descamps, députée du Nord, a déposé une proposition de loi qui vise à généraliser la connaissance et la maîtrise des gestes de premiers secours et à universaliser l’accès aux formations, qui sera examinée par l’Assemblée nationale au mois de juin.

 

Les objectifs sont les suivants :

− renforcer la formation des enfants, à l’école : car c’est justement dans l’enfance qu’on est le plus apte à intégrer des réflexes et des connaissances qui serviront toute la vie. Actuellement, environ 23 %(2) des bacheliers ont été effectivement formés aux gestes de premiers secours au cours de leur scolarité, ce qui est loin d’être suffisant.

− renforcer la sensibilisation aux gestes de premiers secours et aux risques d’accidents cardiaques lors du parcours professionnel, car le monde du travail ne doit pas être considéré comme extérieur aux situations d’urgence et au besoin de réactivité, au vu du temps que chacun d’entre nous passons au travail au cours de notre vie ;

− renforcer la formation des éducateurs sportifs aux gestes de premiers secours et la sensibilisation des signes avant-coureurs des crises cardiaques – en effet, chaque année, 500 sportifs succombent à une crise cardiaque en plein effort physique. Le sport ne provoque pas l’accident cardiaque mais le révèle ; ses bienfaits pour la santé sont indiscutables et éviter au maximum les accidents cardiaques liés à l’activité physique ne sera que favorable à la pratique sportive ;

− corréler le passage du permis de conduire à l’obtention de la formation Prévention Secours Civiques de niveau 1 de façon à renforcer la sécurité routière – car en tant qu’automobiliste on peut être confronté à des accidents et des blessés – et à atteindre le plus de Français possible de façon à tendre vers 100% des générations futures formées aux gestes de premiers secours ;

− rendre éligible la formation PSC1 au crédit d’impôt pour tous les citoyens qui ne peuvent pas en bénéficier par des dispositifs déjà existants – ce qui revient à rendre la formation gratuite pour tous, car on ne devrait pas payer pour apprendre à sauver des vies ;

− exonérer de taxe sur la valeur ajoutée les formations aux premiers secours et le matériel de secourisme, de façon à diminuer le coût de la formation et soutenir les associations de protection civile et de solidarité.

 

Tous ensemble, nous affirmons la nécessité de déployer sur tout le territoire les formations aux gestes de premiers secours, et de les rendre accessibles à tous les Français pour qu’ils puissent, alors qu’ils sont souvent, en tant que témoins, les premières personnes auprès de la victime, contribuer à sauver des vies.

 
(1) Prévention de la mort subite du sportif : état des lieux, Pr. E. Marijon, 2021, Centre d’expertise Mort Subite de Paris, Hôpital Georges Pompidou
(2) « Rapport de la mission de préfiguration sur la généralisation au plus grand nombre de nos concitoyens, de la formation aux gestes qui sauvent », Patrick Pelloux/Eric Faure, 20 avril 2017

 

Béatrice Descamps, Députée du Nord
Corinne Vignon, Députée de la de Haute-Garonne
Paul Molac, Député du Morbihan
Christine Decodts, Députée du Nord
Béatrice Piron, Députée des Yvelines
Yannick Favennec, Député de la Mayenne
Emmanuelle Ménard, Députée de l’Hérault
Max Mathiasin, Député de la Guadeloupe
Delphine Lingemann, Députée du Puy-de-Dôme
Bertrand Pancher, Député de la Meuse
Nicolas Ray, Député de l’Allier
Pierre Morel-A-L’Huissier, Député de la Lozère
Guy Bricout, Député du Nord
Guislain Cambier, Sénateur du Nord
Amel Gacquerre, Sénatrice du Pas-de-Calais
Olivier Hénno, Sénateur du Nord
Anne-Sophie ROMAGNY, Sénatrice de la Marne
Thierry Drilhon, Cofondateur Agir pour le Coeur des femmes
Professeur Claire Mounier-Véhier, Cofondateur Agir pour le Coeur des femmes
Groupement Syndical National des Sapeurs-Pompiers Volontaires (GSNSPV)
Association Tous ouverts au massage (TOM)
Association des Maladies Héréditaires du Rythme Cardiaque (AMRYC)
Filière nationale de santé CARDIOGEN
Syndicat national des ambulanciers privés (SYNAP)
Françoise Rossi Pelissier, Présidente AMRYC
Yves MERTZ, Secrétaire Général SYNAP
Professeur Philippe Charron, Coordinateur CARDIOGEN
Frédéric Breton, President GSNSPV